PERÓN Juan Domingo (1895-1974)
PERÓN Juan Domingo (1895-1974)
Homme politique argentin.
Figure dominante, haïe autant qu’adulée, de la vie politique argentine au XXe siècle, Juan Domingo Perón, né le 8 octobre 1895 de parents éleveurs dans la Pampa, rejoint l’infanterie à sa sortie du Collège militaire en 1913.
Le colonel Perón entre en politique en 1943, en participant à la « révolution militaire », nationaliste et favorable aux puissances de l’Axe, contre le gouvernement de facto qui avait renversé en 1930 le président radical Hipólito Irigoyen (1852-1933).
Un séjour en Italie en 1939 lui avait permis d’observer le fascisme en action. Secrétaire d’État au Travail et à la Prévoyance sociale fin 1943, il développe la protection sociale et jette ainsi les bases de sa popularité dans le monde ouvrier. Ministre de la Guerre, puis vice-président en 1945, sa destitution le 10 octobre provoque une grève générale.
Il est ramené au pouvoir sous la pression populaire le soir du 17 octobre. Il quitte alors l’armée à 50 ans et épouse peu après la jeune actrice María Eva Duarte (1919-1952) dite Evita, égérie des « sans chemises » des secteurs sociaux défavorisés. Élu président de la République le 24 février 1946 avec 55 % des suffrages, en dépit d’une violente campagne ouvertement soutenue par les États-Unis, il fonde le mouvement péroniste (Parti justicialiste) et met en place un régime corporatiste et nationaliste de style populiste. La doctrine justicialiste repose sur une relation directe avec les syndicats, désormais unifiés dans la Confédération générale du travail (CGT) et acquis au pouvoir en échange de grandes avancées sociales. Réélu en 1951 dans un contexte quasi dictatorial, il est affaibli par la mort d’Evita (26 juillet 1952). Combattu par l’oligarchie agraire et industrielle et par l’Église, il est renversé par les militaires le 16 septembre 1955 et le péronisme est interdit.
Depuis son long exil dans divers pays d’Amérique latine, puis dans l’Espagne franquiste à partir de 1960, il conserve la maîtrise du péronisme. C’est donc en rassembleur qu’il rentre définitivement le 20 juin 1973 dans une Argentine politiquement très polarisée. Réélu président avec 62 % des suffrages le 21 septembre 1973, après la démission du vainqueur péroniste à l’élection du 11 mars 1973, il décède le 1er juillet 1974. Sa veuve María Estela Martínez (dite Isabel, 1931-), vice-présidente sans aucune expérience politique, lui succède. Son gouvernement est finalement renversé par les militaires le 24 mars 1976.
Peron, Juan Domingo (Lobos 1895-Buenos Aires 1974) ; homme politique argentin. Favorables aux puissances de l'Axe, les régimes des généraux (Ramirez, Farrell), qui renversent le conservateur Castillo en 1943, sont dirigés en coulisses par un colonel peu connu, P. Pour accéder au pouvoir, P. accepte un ministère apparemment sans importance, celui du Travail. Grâce à un système d’aides sociales exemplaire, il s’attaque au problème des ouvriers qui vivent dans la misère (les descamisados) et soutient leurs revendications vis-à-vis de leurs employeurs. Il réussit à réunir au sein d’une fédération les syndicats qui lui sont favorables, et en fait le noyau de son futur pouvoir politique. Mais en 1945, la lutte pour le pouvoir se manifeste par un coup d’État militaire qui oblige P. à démissionner de ses fonctions de vice-président, de ministre de la Guerre et de ministre du Travail, et entraîne son arrestation. Eva Duarte - sa future femme - et des leaders syndicaux organisent des manifestations de travailleurs et menacent de faire une grève générale. P. est libéré et se consacre alors à une campagne électorale qui le propulse à la présidence en 1946. D’origine modeste, le nouveau président a fait ses classes à l’École nationale militaire et a suivi une carrière militaire extrêmement variée. Alors qu’il est en poste dans l’Italie de Mussolini, il est influencé par le syndicalisme et le système corporatif. Mais ses idées politiques déborderont plus tard de ce cadre strict. Sa vague philosophie politique se réclame du «justicialisme » et se situe entre le communisme et le capitalisme, glissant tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche selon les circonstances. P. entame une révolution d’en haut, très nationaliste, qui vise à développer l’essor industriel en Argentine et se fonde sur des méthodes autoritaires. La Constitution de 1949 élargit considérablement les compétences du président, elle contient des mesures d’urgence extrêmement larges et prévoit la possibilité de réélection. Les universités, la presse et l’appareil judiciaire et par-dessus tout l’armée sont contrôlés de façon très efficace par les « péronistes ». Le champ d’action de l’Église, d’abord soutenue par P., se voit restreint. P. ébauche une politique économique qui fait de l'État le premier employeur. En partie grâce à des nationalisations, P. acquiert le contrôle des banques et des assurances, des moyens de transport, de certains secteurs de l’industrie et des activités commerciales agricoles. Cette politique exige une gigantesque bureaucratie et de gros investissements. En 1949, les devises sont épuisées et une crise commence à se dessiner, que même l’agriculture importatrice de devises ne réussit plus à endiguer. P. laissera en héritage une économie exsangue. La mort de la très populaire Eva Peron, la menace du marasme économique et un régime corrompu démoralisent peu à peu de larges couches de la population. Une manifestation, provoquée par les critiques de l’Église envers la politique de sécularisation à outrance de P. aboutit en 1955 à une brève révolte des officiers de marine, excédés par l’influence de l’armée formée par les Allemands et par l’attitude du régime autoritaire vis-à-vis de l’Église. À titre de représailles, les péronistes détruisent quelques églises de Buenos Aires, à la suite de quoi P. se fait excommunier par le pape. La révolte qui fermente éclate d’abord au sein de l’armée, qui redoute que les syndicats toujours favorables à P. ne s’équipent en armes. En pleine émeute, P. s’enfuit à bord d’une canonnière ancrée dans le port de Buenos Aires. Son exil signifie un certain relâchement de l'État policier mais son ombre flotte toujours sur l’Argentine. Près de vingt ans plus tard, il est réélu président de l’Argentine (sept. 1973). Il meurt l’année suivante, le 1er juillet 1974. Sa troisième femme, Isabelita Perôn, lui succède jusqu’au coup d’État militaire de mars 1976.
Bibliographie : P.L. Wurm, Le Péronisme, 1959 ; G. Béarn, La Décade péroniste, 1975 ; F. Gèze et A. Labrousse, Argentine : révolution et contre-révolution, 1975 ; V. Sukup, «Constantes et évolution du péronisme », dans La Documentation Française, Problèmes politiques et sociaux, n° 655, avr. 1991.
PERÔN, Juan Domingo (Lobos, Buenos Aires, 1895-Buenos Aires, 1974). Homme politique argentin. Incarnation moderne du caudillo latino-américain, il mit en place une dictature populiste. Fils d'un important propriétaire d'élevage, Perôn, après des études dans un collège militaire, fut envoyé par l'état-major de l'armée en mission d'études en Italie (1939-1941) d'où il revint séduit par les méthodes et les réalisations du fascisme. Officier, nommé ministre du Travail en 1943, ce fut à ce poste qu'il gagna une grande popularité dans le monde ouvrier et les syndicats par une série de mesures sociales spectaculaires. Vice-président en 1944, il fut, soutenu par les descamisados (les « sans-chemises »), élu président de la République (février 1946) malgré l'opposition de la droite mais aussi des communistes. Perôn mit en application sa doctrine du « justicia-lisme », mélange de nationalisme anti-américain, de populisme et de dirigisme qui lui valut une immense popularité, servie par l'inlassable propagande de sa femme Eva Duarte. Cependant, les difficultés économiques et financières provoquées par la coûteuse politique industrielle, la mauvaise gestion des entreprises nationalisées, la corruption et l'hostilité de l'Église (légalisation du divorce) provoquèrent la démission de Perôn après le coup d'État du général Lonardi (1955). Réfugié à Madrid, il garda en Espagne une influence politique importante. Il revint en Argentine après la victoire de ses partisans aux élections de 1973, fut de nouveau élu président à 77 ans en remportant 62 % des suffrages et s'appuya sur la droite péroniste afin de lutter contre la guérilla de l'Armée révolutionnaire du peuple. Après sa mort, sa troisième épouse, Isabel Martinez, qu'il avait placée à la vice-présidence, assura le pouvoir jusqu'à son éviction par l'armée en 1976.
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