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pénitence

pénitence (lat. paenitere, se repentir). Ce mot a plusieurs sens. C’est d’abord une souffrance volontairement imposée par expiation, désir de perfection, ascétisme, désir commun à plusieurs religions : telle est la vertu de pénitence. Le christianisme a établi des canons pénitentiels, un rituel de pénitence lié à la notion de péché et de réparation, et, dans le calendrier liturgique, des temps de pénitence et de purification comme le carême et les quatre-temps, périodes de jeûne et d’abstinence bien adoucis de nos jours. Les sept Psaumes de la pénitence expriment la misère de l’homme et son repentir; ils sont chantés souvent chez les Israélites comme chez les chrétiens, chez les catholiques particulièrement à l’office du mercredi des Cendres (ouverture du Carême). La pénitence est aussi un des sept sacrements du catholicisme et de l’orthodoxie, destiné à remettre les fautes des pécheurs repentants par le moyen de la confession. Le sacrement est complété par l’absolution et la «pénitence», prière ou action imposée par le confesseur pour le rachat de la peine due au péché. L’Église primitive avait institué la «pénitence publique» pour les pécheurs notoires, qui étaient divisés en quatre catégories : les pleurants, les écoutants, les prosternés et les consistants, qui, suivant le degré de leurs fautes pouvaient participer aux offices de plus en plus près des fidèles. Certaines sectes, en particulier l’Armée du salut, pratiquent parfois la confession publique des péchés au banc de la pénitence. Toutes les religions, même les plus primitives, ont plus ou moins leur temps de pénitence, soit comme un palier dans les rites de passage, soit pour une purification du corps dans un but spirituel (Yom kippour, ramadan, Pratimoksha). Plusieurs tiers ordres portent le nom de Frères ou Sœurs de la Pénitence. Il existe aussi de nombreuses confréries de laïcs qui imposent à leurs membres les signes extérieurs de la pénitence (comme la cagoule) ainsi que des actes pénibles d’expiation. On les nomme pénitents (blancs, bleus, gris, noirs). La Sacrée Pénitencerie est un tribunal du Saint-Siège dirigé par le grand pénitencier, chargé d’étudier les fautes spécialement graves et de donner l’absolution pour les fautes exceptionnelles. Celui-ci donne l’absolution au pontife mourant.

PÉNITENCE, n. f. (du latin poenitere, «avoir du regret, se repentir»). 1° Profond regret d’un acte, désir de réparer la faute qu’on a commise. Ce mot a tout son sens dans la pratique traditionnelle de la religion chrétienne. Faire pénitence : se repentir, demander pardon de ses péchés. Sacrement de pénitence : confession ; rite par lequel le pécheur avoue son péché pour se faire absoudre par le prêtre au nom de Dieu. 2° Peine imposée par le confesseur au «pénitent», pour que celui-ci mérite l’absolution. Plus généralement, toute punition, toute pratique pénible infligée à celui qui veut expier ses péchés (y compris des châtiments qu’il s’inflige à lui-même). «Pour votre pénitence, vous apprendrez par cœur la tirade de Cyrano — Mais ce n ’est pas une pénitence, c ’est un plaisir ! »


Le pénitent est celui qui confesse ses fautes et subit, pour les expier, le châtiment mérité. Dans La Chute, Camus imagine le curieux métier de juge-pénitent : il s’agit d’un personnage qui fait un tel tableau de ses fautes que l’interlocuteur est forcé d’y voir une image des siennes, et se sent aussitôt jugé par le discours pénitent qu’on lui adresse. Pénitentiaire se dit du régime des détenus : la prison est en effet le lieu où les criminels expient leurs délits, effectuent leur «pénitence». Certaines prisons s’appellent d’ailleurs des pénitenciers.

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