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tiers-état.

Publié le 08/12/2021

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tiers-état. n.m., catégorie sociale de l'Ancien Régime, qui regroupait tous les hommes
libres n'appartenant ni à la noblesse ni au clergé et formait le troisième ordre du royaume.
Cette distinction remonte en effet à la théorie médiévale des trois ordres de la société, telle
qu'elle fut formulée vers 1020 par Adalbéron de Laon et reprise par de nombreux autres
auteurs par la suite. À l'origine, dans une société féodale dominée par une économie agricole,
l'ordre de « ceux qui travaillent » (laboratores, qui a donné le français laboureurs) était
essentiellement constitué des paysans.

Un groupe social hétérogène.
Avec l'émergence des villes et le pouvoir grandissant de la bourgeoisie urbaine, cette
conception de la société en trois grands blocs rendait en fait mal compte de la réalité. Peu
considérée par les théoriciens médiévaux, la bourgeoisie enrichie n'en est pas moins
devenue, par ses fonctions commerciales, administratives ou financières, le principal
élément constitutif du tiers-état, tandis que le peuple était désigné par l'expression de
« commun ». Cependant, les membres du tiers-état, qu'ils fussent en haut ou au bas de
l'échelle sociale, ne jouissaient d'aucun privilège, à la différence des deux autres ordres.
Leur rôle politique fut cependant loin d'être négligeable au sein des états généraux, tant
pour la rédaction des coutumes et des doléances que dans le soutien à la monarchie
contre les abus féodaux.
Aux XVIIe et XVIII e siècles, la frange supérieure du tiers-état parvint à se hisser au rang
de la noblesse par l'acquisition d'offices anoblissants (les « savonnettes à vilains »). Les
tensions sociales devinrent donc très vives au XVIIIe siècle : la noblesse d'origine voyait
d'un mauvais oeil l'arrivée de la « noblesse de robe », qu'elle jugeait constituée de
parvenus ; la haute bourgeoisie, à la fois hostile et fascinée par la noblesse, cherchait soit à
en faire partie, soit à en abattre les privilèges ; enfin, la bourgeoisie plus modeste et le
peuple ne se sentaient pas solidaires de cette frange du tiers-état qui frayait avec la
noblesse. En outre, il existait entre ces deux sous-groupes de nombreux antagonismes.
Ainsi, bien loin d'être une classe sociale au sens moderne du terme, le tiers-état était donc,
à la veille de la Révolution, une catégorie artificielle, souffrant de nombreuses divisions.
L'analyse de l'abbé Sieyès en 1789 (« Qu'est-ce que le tiers-état ? Tout. Qu'a-t-il été
jusqu'à présent dans l'ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À y devenir quelque
chose. ») reposait donc sur une ambiguïté fondamentale. Ambiguïté dont les événements
révolutionnaires devaient donner la preuve flagrante, puisque à la Révolution
« bourgeoise » de 1789 succéda la Révolution « populaire » de 1793. Avec l'abrogation
des ordres privilégiés disparut le tiers-état en tant que cadre juridique ; les esprits étaient
mûrs pour une analyse de la société en « classes », que devait permettre la réconciliation
progressive des possédants, bourgeois et aristocrates, après l'avènement de Napoléon et
sous la Restauration.
Complétez votre recherche en consultant :
Les corrélats
Adalbéron de Laon
Ancien Régime
août 1789 (nuit du 4)
états généraux
Moyen Âge - La civilisation médiévale - Une société dominée par le groupe
Necker Jacques
ordres
Révolution française - Des États généraux à l'Assemblée constituante (1789)
Sieyès (Emmanuel Joseph, dit l'abbé)
Les livres
Révolution française - le Serment du Jeu de paume, de David, page 4372, volume 8

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