Thème 2 : la multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire (de 1945 au début des années 1970’)
Publié le 11/01/2026
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Thème 2 : la multiplication des acteurs internationaux dans
un monde bipolaire (de 1945 au début des années 1970’)
Chapitre 1 : la fin de la Seconde Guerre Mondiale et les débuts
d’un nouvel ordre mondial
Introduction
La Seconde Guerre Mondiale a été la guerre la plus meurtrière de tous les
temps, mais avec une disproportion selon les pays.
Les plus touchés sont
l’URSS, la Chine, l’Allemagne et la Pologne.
A cela s’ajoutent les
déplacements de populations liés à la reconfiguration des frontières et les
destructions matérielles.
Par exemple, 70% des villes allemandes sont
détruites.
Seul les Etats-Unis se sont enrichies en devenant les créanciers
du monde.
Les populations sont également traumatisées par les violences
extrêmes.
En conséquence, les vainqueurs veulent construire un monde
pacifié et sécurisé, mais cela est remis en cause par les tensions
idéologiques, entre les pays communistes et les démocraties capitalistes.
Comment est-on passé de la recherche d’un ordre mondial pacifié et
multilatéral à un monde bipolaire autour de supers puissances rivales ?
I)
Reconstruire après la guerre
A) Abattre le fascisme : de la dénazification à la justice
internationale
A l’approche de la victoire, les Alliés se réunissent pour préparer l’aprèsguerre.
D’abord à Yalta, en février 1945 (dirigeants présents : Churchill,
Staline, Roosevelt), pour organiser l’occupation de l’Allemagne, des
élections démocratiques en Europe, et pour s’accorder sur la création de
l’ONU.
Puis à la conférence de Potsdam, en juillet-aout 1945 (dirigeants
présents : Atlee, Staline, Truman), où l’organisation quadripartite de
l’Allemagne est définitivement fixée, et sont décidées la démilitarisation, la
dénazification, le jugement des criminels, et le paiement de réparation par
l’Allemagne.
On décide quelques changements de frontière surtout au
profit de l’URSS.
En Asie, le Japon perd toutes ses conquêtes continentales, et la Corée est
occupée par les Américains et les soviétiques.
Face à l’ampleur inédite des crimes de l’Axe, les Alliés organisent des
procès très médiatisés pour punir les criminels et entretenir la mémoire.
Entre 1945 et 1946, les procès de Nuremberg permettent de juger 22
chefs nazis, sur quatre chefs d’accusation : complot contre la paix, crime
contre la paix, crime de guerre, crime contre l’humanité (utilisé pour la
première fois dans le droits international).
Entre 1946-48, ont lieu les procès de Tokyo, pour juger les chefs ultra
nationalistes japonais.
Mais de nombreux criminels japonais et allemands
restent épargnés pour plusieurs raisons :
-
L’ampleur de l’implication des sociétés ne permet pas de juger tout
le monde
Les intérêts géopolitiques des vainqueurs poussent à ménager
certains criminels (ex : l’empereur Hirohito)
Des scientifiques de l’Axe sont recrutés par les vainqueurs (ex : Von
Braun ou Shiro Ishii)
Beaucoup de cadres nazis ont fui en Amérique latine, mais ils sont
parfois arrêtés et jugés plus tard, car les crimes contre l’humanité
sont imprescriptibles (ex : Eichmann => procès de Jérusalem en
1961-62, Barbie en France en 1987)
B) L’Etat providence et la reconstruction
Exercice : le programme du CNR
1) C’est un programme de reconstruction économique et de
refondation politique.
Il adopte une politique d’unité nationale.
L’objectif fondamental est d’éviter une guerre civile.
2) C’est la partie économique qui est la plus appliquée.
Durant la guerre, un important travail de réflexion est mené par les Alliés
sur les moyens politiques, sociaux et économiques d’une reconstruction
durable, fondée sur la démocratie, les solidarités et de la protection
sociale.
En effet, les dirigeants alliés et des Résistances ont conscience
que la crise des années 1930 est en bonne partie à l’origine du
déclenchement du conflit, et ils veulent par conséquent éviter de répéter
les mêmes erreurs.
Les travaux de réflexion s’appuient notamment sur le rapport de
l’économiste britannique William Beveridge qui propose, en 1942, un plan
d’ensemble cohérent de sécurité sociale.
Ces principes inspirent le programme du CNR (Conseil national de la
Résistance) de 1944, mis en partie en œuvre à la Libération et qui
constitue la base de l’État-providence en France.
Ce programme a été
élaboré par des résistants de tous bords (de la droite aux communistes) et
a été adopté à l’unanimité par les membres du CNR.
L’objectif est de créer
un consensus pour reconstruire la France sur des bases solides, plus
démocratiques et sociales.
Ainsi, sous le gouvernement provisoire et les premiers gouvernements de
la IVe République, les femmes françaises obtiennent le droit de vote et le
système de la Sécurité sociale est mis en place.
En outre, les États-Unis mettent en place un plan de financement de
reconstruction dès 1947 : le plan Marshall.
Ce plan vise à construire
rapidement des sociétés prospères, les dirigeants américains ayant
compris que le communisme ou même les autres totalitarismes,
fleurissent sur les sociétés connaissant la misère.
II.
Un nouvel ordre mondial
A.
Les accords de Bretton Woods et l’ONU
Dès la fin de la guerre, face au constat des conséquences de la crise, les
États-Unis et le Royaume-Uni prennent l’initiative d’un nouvel ordre
économique favorisant le développement du commerce.
Les accords de
Bretton Woods (1944) fixent le rôle du dollar, seule monnaie convertible
en or, comme étalon de référence.
Le FMI doit aussi prêter des aides
ponctuelles et la Banque mondiale des aides à long terme pour soutenir le
développement.
En 1947, les accords du GATT doivent favoriser les
échanges en réduisant les taxes douanières.
Ces accords assoient la
puissance américaine et ses principes libéraux.
De plus, face au constat de l’échec de la SDN, le projet d’une organisation
internationale de sécurité collective plus efficace est élaboré par les Alliés
lors des conférences de Dumbarton Oaks (1944) et de Yalta (1945).
À San
Francisco, en juin 1945, 51 États fondent l’Organisation des Nations unies
(ONU).
Les objectifs des Nations unies, tels qu’ils sont affirmés dans la Charte,
sont de préserver la paix et la sécurité internationales, de protéger les
droits de l’homme et de promouvoir la justice et le progrès social.
Avec l’ambition de se concentrer sur les causes profondes des guerres,
l’ONU coordonne l’action de différentes agences spécialisées dans la
coopération économique, monétaire et culturelle.
En 1948, l’Assemblée
générale adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Afin d’être plus efficace que la SDN, l’ONU se dote de troupes (les casques
bleus) et de capacités de coercition (le Conseil de Sécurité, dont 5
membres sont permanents : USA, URSS, Chine, France, Royaume-Uni).
B.
L’Europe au cœur de la construction d’un monde bipolaire dès
1947
Les États-Unis apparaissent comme la première puissance mondiale au
sortir de la guerre.
Parmi les principaux Alliés, c’est le seul pays dont le
territoire a été épargné, leur rôle d’arsenal du monde les a
considérablement enrichis et le prestige des « soldats de la liberté » est
immense en Europe et en Asie.
Les États-Unis rompent avec
définitivement l’isolationnisme, mais si le dernier mandat de Roosevelt
était marqué par une coopération active et une relative confiance vis-à-vis
des Soviétiques, les relations sont marquées par la méfiance et le
durcissement des rapports sous Truman.
À l’inverse des États-Unis, l’URSS a subi de très lourds dégâts humains et
matériels mais elle jouit d’un grand prestige en raison de son rôle majeur
dans la lutte contre le nazisme.
Les partis communistes d’Europe
connaissent de forts succès électoraux, mais ils ne connaissent en
majorité absolue.
Afin de créer un « glacis de sécurité » aux frontières de
l’URSS et malgré les engagements démocratiques pris à Yalta, Staline les
impose au pouvoir dans les États « libérés » par l’Armée Rouge.
Dès 1946, les relations se dégradent et Churchill dénonce l’existence d’un
« rideau de fer » en Europe.
Truman craint que la politique de Staline
repose sur une volonté d’expansion et non de sécurité.
Une « guerre
froide » commence à s’installer entre les deux principales puissances
victorieuses aux modèles idéologiques, politiques et économiques
opposées, qui cherchent à étendre leur influence.
En 1947, deux doctrines opposées sont formulées par les États-Unis
(doctrine Truman) et l’URSS (doctrine Jdanov).
- Doctrine Truman ou containment (endiguement) : en mars 1947,
Truman annonce l’engagement des États-Unis dans la défense du « monde
libre » contre la « tyrannie » (empêcher le communisme de s’étendre).
Cette doctrine est complétée par le plan Marshall mais Moscou fait
pression sur les pays de sa sphère d’influence pour le refuse.
- Doctrine Jdanov : Jdanov, proche de Staline, déclare que le monde se
divise en deux camps : l’un impérialiste (les États-Unis et leurs alliés » et
l’autre anti-impérialiste, formé de démocraties nouvelles (les démocraties
populaires) « derrière l’URSS ».
En Europe de l’Est, la mainmise des partis communistes se renforce avec
l’intimidation de l’URSS et les fraudes électorales.
De plus, en septembre
1947, les partis communistes (y compris des pays occidentaux, les plus
puissants étant les partis français et italien) se réunissent à Varsovie pour
créer le Kominform, organe de international coordination politique héritier
du Kominterm.
L’année 1948 marque un tournant dans le durcissement du conflit : en
Tchécoslovaquie, le communiste Gottwald impose par la menace au
président Benes la formation d’un gouvernement à majorité communiste ?
Ce pays traditionnellement démocratique bascule dans le camp
communiste et les Occidentaux craignent....
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