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sujet

Publié le 17/05/2020

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« Sujet, conscience, inconscient L’idée de sujet peut intervenir dans divers contextes : en grammaire, on parle de sujet pour désigner celui qui fait l’action exprimé par le verbe ; dans le domaine politique, on parle du sujet d’un monarque pour désigner celui qui lui témoigne de l’obéissance ; dans le domaine scolaire, le sujet d’un devoir désigne ce à partir de quoi on réfléchi ; dans je domaine juridique, on a l’idée de sujet de droits qui désigne un être porteur de droits ou support de certaines prérogatives.

Le point commun entre tous ces emplois tient dans l’idée de ce qui se trouve dessous ou derrière ; en un mot, à l’origine de, au fondement de.

Ce pourquoi en philosophie le terme sujet désigne un être qui est l’auteur de ses pensées, de ses actes et qui est le maitre souverain de son existence.

Plus précisément, un sujet a deux caractéristiques : d’abord, il est transparent à lui-même au sens où il a conscience claire d’être ce qu’il est et en outre, il est libre de disposer de lui-même et pourvu à ce titre de la capacité à décider souverainement de lui-même.

La conscience, caractéristique fondamentale du sujet, renvoi à la capacité à éprouver intérieurement une présence.

La première conscience qui s’impose à nous est celle du monde extérieur.

Nous éprouvons la chose du monde qui nous entoure.

La conscience atteint son plus haut degré d’élaboration au stade où elle devient conscience de soi.

Conscience de soi est synonyme de réflexion et ces termes désignent la capacité à prendre sur soi un point de vue extérieur et à se regarder comme si on était un autre.

Par la conscience de soi, on se perçoit, on se juge, ce qui débouche éventuellement sur une décision de se transformer.

Un sujet est donc, à la lumière de ces données, un être dépourvu d’une conscience de lui-même qui lui ouvre la possibilité de décider souverainement de lui-même.

Souverainement au sens où personne ne lui dicte sa conduite. 1 e élément : L’idée de sujet est, à première vue, assez naturelle : chacun de nous a spontanément l’impression d’être sujet.

Toute personne à qui l’on dit qu’elle n’est qu’une marionnette, c’est-a-dire que sa volonté est manipulé et ne fait qu’exécuter les ordres d’une autorité extérieure, contestera le tableau que lui nous présenterons de sa vie.

Certes, nous subissons tous le poids de contraintes nombreuses et incessantes.

Deux indices peuvent nous suggérer que nous croyons nécessairement, dans notre vie, ordinaire être des sujets.

Au premier élément, nous racontons tous notre vie à la première personne, c’est-à-dire en attribuant nos expériences et nos actions à un « je ».

Nous sous- entendons par là que nous sommes à l’origine de toutes nos actions.

Quand je dis que je me lève, j’implique par là qu’il s’agit de ma seule initiative même si je ne l’exécute pas de gaieté de cœur.

Au deuxième élément, nous produisons des efforts en effectuant des actions qui ne s’effectueraient pas d’elles-mêmes.

Nous trahissons par là notre conviction que nous avons sur notre vie un pouvoir bien réel, que cette vie dépend de nos décisions et que nous en sommes ainsi les sujets.

En effet, si nous étions convaincu du contraire, nous n’entreprendrions pas la moindre action dans la mesure où l’effort qu’elle implique nous apparaitraient inutile parce que s’inscrivant dans un monde où tout serait déjà programmé.

En somme, aussi bien la référence au « je » que l’accomplissement d’actions révèlent la croyance irrésistible que nous avons d’être sujet de notre vie.

Cette croyance étant tout simplement indispensable à notre vie.

Il n’y a pas que notre vie individuelle ordinaire qui témoigne de notre croyance à l’idée de sujet, il y a aussi notre culture morale et politique.

Deux grandes notions chères à notre époque peuvent illustrer ce fait.

D’une part, la démocratie dont le concept perdrait toute signification si l’on ne pensait pas l’Homme comme un sujet capable de se gouverner lui-même.

D’autre part, les droits de l’Homme qui seraient eux aussi privés de sens si le titulaire de ces droits n’était pas sujet mais assimiler à une chose.

En somme, être sujet fait partie intégrante de nos croyances, que l’on considère le destin personnel de chacun ou notre univers mental collectif. 2 e élément : Mais, en dépit de son caractère naturel et évident, l’idée de sujet n’en recèle pas moins quelques difficultés.

Quand on observe la réalité concrète de nos existences et en particulier de ce qu’on nomme une journée ordinaire, l’idée selon laquelle nous en serions les sujets se trouve en butte. »

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