Qui suis-je ?
Publié le 16/05/2020
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Qui suis-je ?
Est-ce qu'une chose vivante en apparence peut devenir vivante en réalité ? Est-ce qu'un objet peut prendre vie ?Depuis l'émergence de la technologie robotique, la neurobiologie, l'intelligence artificielle, de plus en plus demachines sont modelées sur l'apparence et le comportement humain.
Nous les percevons comme terriblementhumaines car elles nous mettent face à la terreur que l'homme peut être réduit à de simples pièces de mécanique.La science a fait resurgir les théories Cartésienne de l'homme machine.
Des bras robotisés aux caméras remplaçantles yeux ou les organes remplacés par des prothèses industrielles, l'homme s'adonnent à l'auto mécanisation pourdépasser les limites de son fonctionnement.
Il est ainsi tenté de dépasser la théorie de l'évolution des espèces enen maîtrisant les lois, dans ce vieux rêve de l'humanité, celui de recréer la vie artificiellement.
Lorsque Descartes aperdu sa fille à l'age de cinq ans, il a donné son nom Francine à un automate qui ressemblait à sa fille trop tôtdisparue.
Ce doute entre vie et non vie.
Cette crise de l'identité de l'homme dans ses fondements les pluspersonnels.
Si un être entièrement conçu artificiellement viendrait à prétendre être vivant, faut-il reconsidérer lescritères définissant l'humanité ? Où se situe la frontière entre le corps et l'esprit ? Qu'est ce qu'être humain ?Finalement l'individu en tant qu'entité séparée et indépendante d'un tout plus vaste a-t-il une identité propre ? Pourrépondre à ces questions, nous allons en première partie aborder comment la conscience du sujet lui permet de sesaisir.
Ensuite dans une seconde partie quelle est la validité de la connaissance et de la maîtrise que le sujet à delui-même.
Et enfin dans une troisième et dernière partie, la nécessaire part de l'Autre et l'éclatement de l'identité dusujet.
I
Dans La théorie de l'identité sociale, Tajfel et Turner considèrent qu'un individu s'auto définit selon trois plansuccessifs : Premier : je suis un être humain différent des autres espèces.
Second : j'appartient à un groupeparticulier en opposition à d'autre groupe.
Troisième : je me considère comme distinct incomparable aux autremembres du groupe.
Le « Je suis » signifie donc que je m'établit en tant qu'unité propre, par relativisme à ce quim'est extérieur.
Je suis sujet, je ne suis pas objet.
Je perçois les objets du monde et je les distingue de mon proprecorps.
Pour être sujet il faut ainsi être doté d'une conscience.
Le mot « conscience » vient du latin « cum scientia »qui signifie « accompagné de savoir ».
Pour définir brièvement ce qu'est la conscience de soi, Popper écrit dansL'avenir est ouvert.
: « Par la conscience de soi, l'individu fait l'expérience du monde et en même temps de lui-mêmeen tant qu'objet de ce monde, il est conscient à la fois de son expérience subjective et de sa propre existence, […].» La conscience est ce qui permettra au sujet de se connaître.
On peut distinguer deux types de conscience : laconscience immédiate, comme psychologique ou connaissance des choses du monde et étroitement liée à nosorganes sensoriels, et la conscience réfléchie qui fait que je me reconnais en train d'agir.
C'est cette dernière qui medistingue d'une machine ou d'un animal.
La conscience peut ainsi me permettre de me définir en tant que sujet.Premièrement, elle est personnelle : j'ai conscience de mes émotions, de ce que je ressens.
Ensuite, elle estfluctuante : mon point de vue change, en vivant j'étend mon champs de connaissance.
William James montre quec'est par la conscience que le sujet saisit les événement et les choses les concernant « Nous pourrions alors voirl'ours et juger que le mieux est de fuir, entendre l'insulte et juger qu'il convient de frapper: mais nous n'éprouverionsni frayeur, ni colère, au sens où ces mots expriment une réalité psychologique.
» Principes de psychologie.
Elle estfondée sur un phénomène de perception physiologique puis cognitivo-affectif.
C'est donc elle qui nous donne uneidentité singulière unique et différente des autres et qui fait que deux sujets appréhendent la même situation demanière différente.
Me définir par ma conscience me rend donc maître de mes actes, car je me rend compte desphénomènes du monde et agit en connaissance de cause.
Ce que nous venons de voir c'est que le « Je suis » signifie tout d'abord avoir conscience que l'on vit comme uneunité propre, et ensuite me rend maître de ce que je me fait.
Cependant en nous limitant à cette définition, deuxproblèmes surgissent immédiatement : Quelle importance a la part de subjectivité dans le « je suis » ? Suis-jeseulement constitué d'un ensemble homogène et stable ? En effet, l'homme pense avant tout avec ses sens.
Laconscience est l'ensemble de ce que nous pouvons tirer de nos sens.
Cependant nos sens peuvent nous induire enerreur.
« Qu'est ce que le réel ? Si tu parles ce que tu peux voir, sentir ou toucher, alors le réel n'est qu'un signalélectrique interprété par ton cerveau.
» Entend on dans The Matrix des frères Washowski.
Il est donc possible pournos sens de nous tromper, des psychotropes ou des hallucinogènes peuvent influer directement sur nos fonctionscérébrales et modifier nos perceptions.
Les nerfs optiques sont équipés de boucle de rétro contrôle qui peuventenvoyer vers les yeux une information provenant du cerveau.
C'est ensuite eux même qui véhiculent à nouveaul'information analysée dans le cerveau comme un phénomène visuel alors qu'il n'est que pur produit de notrecerveau.
De même par exemple, la trajectoire d'un électron est stable, et pour voir l'électron, il faut lui prendre oului donner un photon, ce qui change sa trajectoire.
Dans les Pensées de Pascal, il écrit « Par l'espace, l'univers mecomprend et m'engloutit comme un point : par la pensée je le comprends.
» Cela montre qu'il y a une frontière entreexprimer un phénomène et expliquer un phénomène.
Le phénomène de causalité nous pousse à croire qu'unesuccession de phénomène rend notre pensée absolument incontestable, cependant elle n'a pas de fondement dansla réalité, seule importe la nature de notre conviction.
C'est cette nature qui offre un plan de certitude, car lalogique, l'inférence, le raisonnement mathématique ne peuvent nous garantir une quelconque réalité.
Ainsi Descartesfût à la recherche d'une certitude qui ne put être remise en doute, en cela qu'elle ne serait fondée sur aucunacquis.
C'est donc par le doute systématique de toute choses, qu'il se rend compte qu'il doit nécessairement êtrequelque chose lorsqu'il doute : « Je suis, j'existe est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que.
»
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