Databac

LES PAYS-BAS AU XXe SIÈCLE

Publié le 20/09/2020

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : LES PAYS-BAS AU XXe SIÈCLE. Ce document contient 785 mots soit 2 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format PDF sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en: Histoire-géographie.


État de l'Europe occidentale ; capitale Amsterdam (la cour et le gouvernement résident à La Haye). • Les Pays-Bas septentrionaux jusqu'au XIVe s. • Des ducs de Bourgogne aux Habsbourg d'Espagne (1384/1579) • La fondation des Provinces-Unies (1579/1648) • Les Provinces-Unies de 1648 à 1795 • Les Pays-Bas sous la domination française (1795/1813) • Le Royaume-Uni des Pays-Bas (1814/30) • Le royaume des Pays-Bas de 1830 au début du XXe s. • L'époque contemporaine Les Pays-Bas septentrionaux jusqu'au XIVe s. Les premières traces de civilisation sur le territoire actuel du royaume des Pays-Bas remontent à la fin du paléolithique ; la culture de Tjonger (vers - 9 000 ans), issue sans doute de l'hambourgien, est caractérisée par des pointes en pierre à dos courbe, dites pointes de Tjonger. Quand César entreprit la conquête de la Belgique (57 av. J.-C.), trois peuples germaniques étaient installés dans cette région : les Bataves, près des bouches du Rhin et de la Meuse ; les Caninéfates, en Hollande ; les Frisons, au N. Ces riverains de la mer Germanique furent soumis par Drusus en 12 av. J.-C. et devaient rester pendant plus de quatre siècles sous l'autorité de Rome. Les révoltes des Frisons (28 et 47 apr. J.-C.) et des Bataves (69/70 apr. J.-C.) ne laissèrent pas de traces durables. Rome porta sa frontière sur le Rhin et la défendit par des camps militaires dont les plus importants étaient Lugdunum Batavorum (Leyde), Trajectum ad Rhenum (Utrecht), Trajectum ad Mosam (Maastricht) et surtout Noviomagus (Nimègue). À partir du IIIe s., les Bataves furent peu à peu submergés par les Francs, avec lesquels ils se fondirent, cependant que des Saxons s'installaient à l'E. de l'Ijsel et que les Frisons, descendant vers le S., pénétraient dans la région des bouches du Rhin et de la Meuse. Les peuples habitant le territoire actuel des Pays-Bas se distinguaient donc, dès cette époque, de ceux de la future Belgique en ce qu'ils étaient tous germaniques et qu'ils furent beaucoup moins profondément romanisés. Au VIIe s., les Frisons entrèrent en contact avec les Mérovingiens, mais les premières tentatives d'évangélisation, faites par des moines anglo-saxons, rencontrèrent de sérieuses résistances. Peu avant 650, des Francs avaient fondé une chapelle Saint-Martin à Utrecht, mais le roi des Frisons, Radbod, prit la direction de la révolte nationale (679). Les Frisons formaient un peuple de marins et de commerçants qui joua un grand rôle dans le développement des échanges en mer du Nord. La pénétration des missionnaires ne put se faire qu'à l'abri des armes franques. À la fin du VIIe s., la Frise méridionale fut soumise par Pépin de Herstal et le moine anglo-saxon Willibrord put fonder l'archevêché d'Utrecht (695). Son œuvre fut continuée par st Boniface (massacré par des Frisons païens en 754), par Lebuin, qui évangélisa l'Overijsel, par Ludger, dont l'apostolat s'exerça en Frise septentrionale. Le centre religieux du pays resta Utrecht. À la fin du VIIIe s., presque tous les Pays-Bas étaient annexés à l'Empire franc (sauf l'Overijsel et la partie orientale de la Gueldre). Au traité de Verdun (843), ces régions furent attribuées à Lothaire, puis, au traité de Mersen (870), tout le pays du nord de la Meuse passa à Louis le Germanique. La victoire d'Arnoul de Carinthie à Louvain (891) écarta la menace normande. Cette terre impériale, mais partagée en de multiples principautés, fut comprise à partir de 959 dans le duché de Basse-Lorraine (v. LORRAINE). Au cours des XIIe/XIVe s. s'affirmèrent les comtés de Hollande et de Gueldre, et le duché de Limbourg. L'archevêché d'Utrecht possédait des territoires très vastes (notamment la Drenthe et l'Overijsel), tandis que la Frise se trouvait sous l'autorité immédiate de l'empereur germanique.  Les régions situées au N. de la Meuse ne connurent pas, au Moyen Âge, un développement aussi brillant que la Flandre et le Brabant : l'industrie était à peine naissante, les villes moins riches, la vie communale moins active. Cependant, les habitants des Pays-Bas avaient déjà commencé leur long combat contre la mer. Pour assécher leur pays, qui était, dans l'Antiquité, un vaste marécage, ils construisirent des digues et pratiquèrent le pompage des eaux par moulin à vent et à eau. Les premiers polders furent conquis, mais ils ne devaient prendre une grande extension que bien plus tard, à partir du XVIIe s., lorsque la prospérité commerciale et coloniale des Pays-Bas permit d'affecter des sommes importantes à cette grande entreprise nationale. Le pays vit le premier essor des villes commerciales, Brielle, Dordrecht, Amsterdam, Kampen, Zwolle, Deventer, qui, pour la plupart, faisaient partie de la Hanse (v.). Le XIVe s. vit grandir le comté de Hollande, passé à la maison de Hainaut en 1299, et qui s'accrut de la Zélande en 1333. Des ducs de Bourgogne aux Habsbourg d'Espagne (1384/1579) La maison de Bourgogne, qui avait pris pied en Flandre à la suite du mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Male, héritière de Flandre, dès 1384 (v. BELGIQUE), entreprit de réaliser à son profit l'unification de tous les Pays-Bas. Philippe le Bon, en 1428, força sa cousine Jacqueline de Bavière à lui céder la Hollande, la Zélande et la Frise ; il fit donner à son fils naturel, David, l'archevêché d'Utrecht (1456) ; son successeur, Charles le Téméraire, acquit le duché de Gueldre (1473). La domination bourguignonne rencontra quelque résistance, et, à la mort du Téméraire (1477), la Gueldre recouvra son indépendance, que Philippe le Beau, fils de Marie de Bourgogne, dut reconnaître en 1492. Les Habsbourg, héritiers du Téméraire, allaient reprendre l'œuvre d'unification bourguignonne. Charles Quint se rendit maître de la Frise orientale (1515/24), s'empara du pouvoir temporel dans la principauté ecclésiastique d'Utrecht (1528), annexa Groningue et la Drenthe (1536) et enfin reconquit la Gueldre et Zutphen (1543). Les Dix-Sept Provinces des Pays-Bas, ainsi unifiées, furent placées sous l'autorité d'une gouvernante générale résidant à Bruxelles, Marie de Hongrie, sœur de l'empereur, qui était assistée par les trois organismes du gouvernement central, le Conseil d'État, le Conseil privé et le Conseil des finances. Au cours du XVIe s., les provinces septentrionales firent des progrès rapides : alors que les villes de Flandre, jadis prépondérantes, déclinaient, l'activité se reportait sur Anvers, mais aussi sur les ports avoisinant les bouches de la Meuse et du Rhin. Du fait de leur activité commerciale, les Pays-Bas se trouvaient en contact direct avec l'Allemagne, l'Angleterre et la France. Les idées de la Réforme pénétrèrent donc très tôt dans cette région : dès 1521, Charles Quint y répondait en publiant des « placards » menaçants, et, en 1525, pour la première fois, un protestant fut brûlé vif à La Haye. Beaucoup d'autres victimes allaient suivre, surtout des membres de la secte des anabaptistes (v.), qui apparut vers 1530, sous la direction d'un boulanger de Haarlem, Jan Matthys.  La révolution des Pays-Bas devait avoir des motifs à la fois politiques et religieux. Charles Quint avait transmis en oct. 1555 les Pays-Bas à son fils, Philippe II ; celui-ci prétendit appliquer dans ce pays la même politique centralisatrice qu'en Espagne. Jusqu'alors, les Pays-Bas, sous l'autorité des ducs de Bourgogne puis des Habsbourg, avaient connu un régime politique remarquablement équilibré ; les États provinciaux (provinciale staten) et les États généraux (staten generaal) faisaient contrepoids à l'autorité du gouverneur et à celle des conseils du gouvernement central. Cette situation changea sous Marguerite de Parme, demi-sœur de Philippe II, gouvernante des Dix-Sept Provinces de 1559 à 1567 : le Bourguignon Antoine de Granvelle et quelques hommes de confiance de Philippe II (la consulta) confisquèrent pratiquement le gouvernement du pays. La création dans les Pays-Bas de quatorze nouveaux évêchés (1559) fit craindre un renforcement de l'Inquisition. La haute noblesse, conduite par Guillaume d'Orange, dit le Taciturne (v.), manifesta son mécontentement et, en 1564, obtint le départ de Granvelle. La persécution religieuse continuant, accompagnée de mesures vexatoires, l'aristocratie scella son unité par le compromis des Nobles (1565) et fit une démarche solennelle auprès de Marguerite de Parme (5 avr. 1566). Ces gentilshommes, à la tête desquels se trouvaient les plus grands noms du pays (Guillaume d'Orange, Lamoral d'Egmont, Hoorn, Marnix, Brederode), s'affublèrent alors du nom de « gueux », qu'un conseiller de Marguerite leur avait donné par dérision. Enhardis par leur démarche, les calvinistes se livrèrent à de violentes émeutes iconoclastes (1566). Décidé à extirper l'hérésie par tous les moyens, Philippe II envoya alors aux Pays-Bas le duc d'Albe, qui établit un régime de terreur. Le Conseil des troubles, que les Néerlandais appelèrent « Conseil du sang » (bloedraad), envoya à l'échafaud Egmont (v.) et Hoorn (juin 1568). Mais Guillaume le Taciturne avait réussi à s'échapper. Il recruta des soldats et des marins (les « gueux de mer ») et ferma les bouches de l'Escaut en s'emparant du fort de Brielle (1er avr. 1572). Les provinces de Hollande et de Zélande, presque entièrement calvinistes, prirent les armes contre les Espagnols (1572/74) et reconnurent Guillaume comme leur chef. Après quelques succès, le duc d'Albe fut battu devant Alkmaar, sauvée par l'ouverture des digues (oct. 1573) ; presque au même moment, il perdait une partie de sa flotte à Enkhuizen. Albe demanda son rappel en Espagne. Son successeur, Requesens, en dépit de sa victoire de Mookheide, près de Nimègue (1574), ne réussit pas mieux à venir à bout de la rébellion. Toutes les provinces s'unirent alors, sinon contre l'autorité de Philippe II, du moins contre les armées espagnoles qui ravageaient le pays (sac d'Anvers, nov. 1576). Les États-Généraux prirent l'initiative de se réunir et proclamèrent la Pacification de Gand (8 nov. 1576). Les Dix-Sept Provinces se trouvaient de nouveau réunies, mais, en fait, elles étaient déjà irrémédiablement séparées par le « fait de religion ». Le nouvel envoyé de Philippe II, Alexandre Farnèse, sut habilement exploiter les craintes ressenties dans les provinces méridionales devant les progrès du protestantisme. Fidèles à la religion traditionnelle, les catholiques de l'Artois, de la Flandre, du Hainaut et de la Wallonie se séparèrent de Guillaume d'Orange et formèrent l'Union d'Arras (6 janv. 1579). Immédiatement, les sept provinces du Nord (Hollande, Zélande, Gueldre, Utrecht, Frise, Overijsel et Groningue) répliquèrent en formant l'Union d'Utrecht (23 janv. 1579). Les Pays-Bas étaient désormais coupés en deux.  La fondation des Provinces-Unies (1579/1648) L'Union d'Utrecht avait un caractère très novateur : en juill. 1581, les députés des états de toutes les provinces septentrionales, réunis à La Haye, proclamèrent la déchéance de Philippe II. L'Union avait rallié à elle d'importantes villes flamandes, Gand, Ypres, Tournai, Bruges, Anvers, mais, en six ans de temps (1579/85), Alexandre Farnèse (v.) mena la reconquête de toute la Flandre occidentale. Tout en faisant face à la menace militaire espagnole, les états de l'Union d'Utrecht essayaient de se donner un roi : Guillaume d'Orange eût sans doute été désigné, mais il fut assassiné par un catholique (juill. 1584). Le roi de France Henri III et Élisabeth d'Angleterre furent sollicités mais refusèrent. En revanche, après la reprise d'Anvers par les Espagnols (août 1585), Élisabeth envoya aux Pays-Bas une petite armée, sous le commandement de son favori, le comte de Leicester. Celui-ci fut élu gouverneur général par les États-Généraux (févr. 1586), mais il ne tarda pas à se brouiller avec les Hollandais, se montra incapable à la guerre, et son départ (déc. 1587) fut joyeusement accueilli. Au cours de cette période difficile, un homme avait conquis une grande influence : c'était l'« avocat » de Hollande, plus tard « pensionnaire » (v.), Oldenbarnevelt. Quand Leicester fut rentré en Angleterre, Oldenbarnevelt fit admettre par les États-Généraux que les Provinces-Unies constitueraient désormais une république (1588). Puis il travailla patiemment à l'organisation du nouvel État. Les Provinces-Unies furent une confédération dans laquelle chaque province gardait une grande autonomie. À la tête de chaque province se trouvaient des « députations permanentes » ; les gouverneurs (stathouder) n'étaient que des employés nommés et payés par les provinces pour commander l'armée. Menacée par les Espagnols, l'Union naissante apparaissait bien fragile : sans roi, sans gouverneur général, sans véritable administration centrale, elle ressemblait à un corps sans tête. Pourtant, la cohésion fut assurée par une double hégémonie : celle de la bourgeoisie riche, qui allait connaître une prospérité extraordinaire au début du XVIIe s., et celle de la province de Hollande, la plus peuplée et la plus dynamique de l'Union. Deux Hollandais dominent l'histoire des débuts des Provinces-Unies : le pensionnaire Oldenbarnevelt, qui finit, sans en avoir le titre, par devenir un véritable ministre des Affaires étrangères de la République, et Maurice de Nassau, fils du Taciturne ; stathouder de Hollande et Zélande dès 1585, il fut nommé au même poste à Utrecht et en Overijsel (1590), puis en Gueldre (1591). Auréolé du prestige de son père, il réunit sous son commandement à peu près toutes les forces armées et navales. Avec l'aide d'Élisabeth et d'Henri IV, il tint en respect les armées espagnoles, battit l'archiduc Albert près de Nieuport (1600) et força finalement Philippe III à la trêve de Douze Ans (1609). Mais alors commença une âpre rivalité entre le stathouder Maurice de Nassau et le pensionnaire Oldenbarnevelt. La constitution même de l'Union était en jeu. Le parti orangiste (v.), rallié autour du stathouder, réclamait le renforcement du pouvoir central et envisageait même l'établissement de la monarchie au profit du chef de la maison d'Orange. Le pensionnaire, au contraire, représentait le « parti des États », c'est-à-dire l'oligarchie bourgeoise qui voulait maintenir la confédération républicaine et l'autonomie des provinces. La lutte se compliqua par des querelles religieuses au sein du calvinisme : les partisans d'Arminius, qui niaient la prédestination, s'opposaient aux gomaristes (orthodoxes). Maurice de Nassau exploita cette situation pour se débarrasser d'Oldenbarnevelt, qui fut exécuté (13 mai 1619) ; le grand légiste Grotius dut s'exiler. Le parti orangiste l'emportait et, pendant plus de trente ans, devait dominer.  À Maurice de Nassau succéda son demi-frère, Frédéric-Henri (1625/47). Reprenant la lutte contre l'Espagne en 1621, il s'allia avec la France dans la guerre de Trente Ans, ce qui valut aux Provinces-Unies d'être reconnues comme un État indépendant au traité de Münster (1648). Ainsi s'achevait ce que les Hollandais appellent la guerre de Quatre-Vingts Ans (de Tachtigjarige Oorlog), inaugurée en 1568 par le soulèvement de Guillaume le Taciturne contre le duc d'Albe. Cette époque vit l'avènement de la puissance maritime et coloniale hollandaise. En fermant l'Escaut, les Hollandais consommèrent la ruine d'Anvers au profit de Middleburg et surtout d'Amsterdam. Sous l'influence de l'oligarchie capitaliste qui prédominait aux États-Généraux furent créées, en 1602, la Compagnie des Indes orientales, en 1621, la Compagnie des Indes occidentales. Profitant de l'effacement maritime de l'Angleterre sous le règne de Charles Ier, le commerce hollandais put concentrer tous ses efforts contre les Portugais et les Espagnols. La guerre contre l'Espagne (qui occupait alors le Portugal) fut avant tout un conflit économique. Après avoir fondé Batavia (1619), les Hollandais s'installèrent solidement en Indonésie, chassèrent les Portugais de leurs meilleurs établissements de l'Inde, envoyèrent l'explorateur Tasman jusqu'en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Guinée. Dans l'Atlantique, ils fondèrent en 1623 la colonie de La Nouvelle-Amsterdam (New York), prirent pied à partir de 1630 aux Antilles et au Brésil, firent peser une menace constante sur les convois qui amenaient les métaux précieux des Amériques en Espagne (capture des galions du Mexique par Piet Hein, 1628). Alors que les Espagnols poursuivaient presque exclusivement la chimère de l'or, les Hollandais furent les premiers à savoir mettre en valeur un empire colonial qui enrichit toute la population des Provinces-Unies. Première puissance maritime de l'Europe, la petite république constituait également, vers le milieu du XVIIe s., un des centres les plus importants de la civilisation occidentale. Sa brillante école de peinture reflétait l'état de richesse de ses élites bourgeoises. Les Provinces-Unies de 1648 à 1795 En dépit de cette prospérité, les Provinces-Unies connaissaient de nombreuses difficultés intérieures. Le stathoudérat, qui avait voulu et mené la guerre contre l'Espagne, ne put tirer profit des avantages de la paix de Münster. Guillaume II (1647/50), qui envisageait de poursuivre, aux côtés de la France, la lutte contre l'Espagne, se trouva aux prises avec la bourgeoisie républicaine de Hollande, qui aspirait à la paix. À sa mort, le stathoudérat demeura vacant pendant plus de vingt ans (1650/72), et l'oligarchie prit le pouvoir avec le grand pensionnaire Jan de Witt (v.). Celui-ci dut soutenir deux rudes guerres contre l'Angleterre (1652/54, 1665/67). Elles eurent pour cause l'Acte de navigation (1651), qui, en réservant à la flotte britannique le monopole de l'importation, portait un coup très grave au commerce hollandais. Au cours de la seconde guerre, malgré les victoires de Tromp et de Ruyter, les Hollandais perdirent leurs possessions d'Amérique du Nord. Au traité de Breda (juill. 1667), ils obtinrent toutefois des Anglais le rétablissement de la liberté de commerce et de transport pour les marchandises en provenance d'Allemagne et des Pays-Bas. Mais les Provinces-Unies avaient perdu leur suprématie maritime, et l'avantage de l'Angleterre n'allait plus cesser de s'accroître.  L'agression de Louis XIV vint bouleverser la politique étrangère néerlandaise, qui, depuis la fin du XVIe s., s'était développée sous le signe de l'alliance française. La guerre de Hollande (1672/78) fut, elle aussi, une lutte économique. Elle eut pour origine la politique protectionniste de Colbert, qui, frappant de tarifs inacceptables les produits hollandais (1667), avait provoqué des mesures de rétorsion des Provinces-Unies à l'encontre des produits français. En outre, depuis la guerre de Dévolution (v.) (1667/68), les Hollandais s'inquiétaient de la poussée française aux Pays-Bas. La formation d'une Triple-Alliance maritime entre la Suède, l'Angleterre et les Provinces-Unies avait contraint Louis XIV à signer la paix d'Aix-la-Chapelle (1668). Mais il était bien décidé à se venger des bourgeois hollandais. Précédée d'une minutieuse préparation diplomatique et militaire, la guerre commença par le passage du Rhin au gué de Tolhuis, et les armées françaises pénétrèrent rapidement dans l'intérieur du pays. Devant le danger, la population de La Haye se révolta et massacra les frères de Witt (août 1672). Le pouvoir revint aux orangistes (v.) avec Guillaume III, qui devait être désormais l'âme de toutes les coalitions contre Louis XIV. Pour arrêter l'invasion, le nouveau stathouder fit inonder les polders, puis il obtint l'alliance de l'empereur et de l'Espagne et détacha l'Angleterre de la France. À la paix de Nimègue (1678), les Provinces-Unies recouvrèrent toutes les places qui avaient été conquises par les Français et, surtout, elles obtinrent l'abrogation du tarif douanier de 1667. La politique étrangère hollandaise s'aligna dès lors sur celle de l'Angleterre, d'autant plus que le stathouder Guillaume III se vit appelé sur le trône britannique après la révolution de 1688. Les Provinces-Unies participèrent, contre la France, à la guerre de la ligue d'Augsbourg (v.) (1689/97) et à la Grande Alliance de La Haye (1701). Le grand souci hollandais était d'éviter d'avoir une frontière commune avec la France, selon l'adage : Gallus amicus, sed non vicinus « Français ami, mais non voisin »). Aussi, après la paix d'Utrecht, les Hollandais exigèrent-ils de l'empereur le traité de la Barrière, qui leur permettait d'installer, face à la France, des garnisons dans huit places fortes belges (1715). Le déclin des Provinces-Unies était cependant visible dès la fin du XVIIe s. La Hollande ne pouvait résister à la concurrence maritime de l'Angleterre ; du moins réussit-elle à conserver l'essentiel de son empire colonial. Ce déclin n'était d'ailleurs que relatif, et Amsterdam qui possédait à la fin du XVIIIe s. la Bourse de commerce la plus active, devait rester, jusqu'à la fin du XVIIIe s., une des principales places financières de l'Europe. À la mort de Guillaume III commença une nouvelle vacance du stathoudérat (1702/47), mais la prise de Bergen op Zoom par Maurice de Saxe (v.) fit craindre une invasion française, et Guillaume IV devint stathouder héréditaire (1747). Son fils et successeur, Guillaume V (1751/95), fit montre d'un conservatisme médiocre et pratiqua une politique obstinément anglophile qui lésait les intérêts hollandais. Une nouvelle opposition se constitua, celle du parti des « patriotes », qui imposa une guerre contre l'Angleterre (1780/84). Ce conflit fut désastreux pour la marine et le commerce hollandais. La colère populaire se retourna contre le stathouder : Guillaume V dut quitter La Haye (1785), mais, deux ans plus tard, il fut rétabli par les armées de son beau-frère, Frédéric-Guillaume II de Prusse. Le régime du stathoudérat n'en était pas moins fragile. Il fut bousculé, au cours de l'hiver 1794/95, par l'arrivée d'une armée de la Révolution française, conduite par Pichegru (v.), qui s'empara notamment de la flotte hollandaise prisonnière des glaces au Texel.  Les Pays-Bas sous la domination française (1795/1813) Les Français furent reçus en libérateurs par les « patriotes », qui formèrent une Légion batave. Dès 1795 fut créée une République batave, dont la Constitution, qui établissait deux Chambres, fut approuvée par le peuple en 1798. Cette république n'était qu'un État satellite de la France, que le Directoire pilla et exploita. Le problème constitutionnel suscita un conflit entre « fédéralistes » et « unitaires », et ces derniers, conduits par Daendels, l'emportèrent. Bonaparte fit modifier les institutions de la République batave, et, de 1805 à 1806, elle fut gouvernée par une sorte de dictateur, le grand pensionnaire Schimmelpenninck, qui montra des qualités remarquables. En juin 1806, la République batave fit place au royaume de Hollande érigé par Napoléon Ier en faveur de son frère, Louis. Ce dernier prit à cœur le bien de ses nouveaux sujets. La législation fut réformée dans l'esprit du Code civil. Louis Bonaparte s'efforça de freiner l'application du Blocus continental (v.) qui, s'il favorisait l'agriculture hollandaise, fut ruineux pour le commerce. Napoléon priva Louis de son royaume (juill. 1810) et les Pays-Bas furent annexés à l'Empire français, où ils formèrent les départements suivants : Bouches-de-l'Escaut (Middelburg), Bouches-du-Rhin (Bois-le-Duc), Bouches-de-la-Meuse (La Haye), Zuyderzee (Amsterdam), Yssel-Supérieur (Arnhem), Bouches-de-l'Yssel (Zwolle), Frise (Leuwarden), Ems-Occidental (Groningue). L'administration fut confiée le plus souvent à des Français, et l'ancien consul Lebrun devint gouverneur général. Les conséquences économiques du Blocus continental et la conscription provoquèrent un mécontentement croissant. À la nouvelle de la défaite française de Leipzig, les Hollandais se soulevèrent sous la direction du comte Hogendorp, du baron de Duyn et du comte Léopold de Limbourg-Stirum : le 1er déc. 1813, le fils du stathouder détrôné en 1795 monta sur le trône, non comme stathouder, mais comme roi héréditaire, sous le nom de Guillaume Ier (1814/40). Le Royaume-Uni des Pays-Bas (1814/30) Le 29 mars 1814, Guillaume Ier donna à ses sujets une Constitution qui reprenait la plupart des réformes introduites par le régime français (uniformité de l'administration, de la justice, des finances et du système fiscal ; égalité de tous devant la loi) et qui établissait un Parlement avec une Chambre unique, élue selon un système censitaire (seules la haute et la moyenne bourgeoisie étaient représentées). Le congrès de Vienne (v.), pour renforcer le nouveau royaume des Pays-Bas sur la frontière nord-est de la France, décida de réunir les anciens Pays-Bas autrichiens (Belgique) à la Hollande ; devançant la ratification du congrès, Guillaume Ier se proclama roi de tous les Pays-Bas dès le 16 mars 1815, à la nouvelle du retour de l'île d'Elbe. Une nouvelle Constitution fut promulguée en août 1815 ; inspirée par le même esprit que celle de 1814, elle instituait deux Chambres (la Chambre haute était nommée par le roi) et stipulait que le siège du gouvernement alternerait, d'année en année, de Bruxelles à La Haye.  Guillaume Ier favorisa l'industrie belge, fit construire de nombreux canaux dans les provinces méridionales et encouragea le renouveau commercial d'Anvers. Mais divers facteurs devaient faire naître un climat d'opposition en Belgique. Économiquement, le Royaume-Uni des Pays-Bas était une création assez artificielle : entre les provinces belges, fortement industrialisées, et les provinces septentrionales, dont l'activité était agricole et surtout commerciale, le contraste était net, et il était difficile de concilier les intérêts divergents. La crise qui suivit la chute de Napoléon se traduisit par de lourdes servitudes fiscales. Plus importantes encore furent les difficultés religieuses et linguistiques. Les Constitutions de 1814 et 1815 avaient établi la liberté de tous les cultes, mais l'épiscopat belge, qui avait la nostalgie des privilèges dont il avait joui au XVIIIe s., sous l'autorité autrichienne, protestait contre ce régime égalitaire. La question linguistique se posa dès 1819 : au début, le gouvernement de Guillaume Ier avait toléré l'usage des deux langues, mais, à la suite des décrets de 1819 et 1823, seule la langue néerlandaise fut employée dans les administrations et les tribunaux des régions flamandes de la Belgique. L'opposition belge prit une force nouvelle après l'accord des catholiques et des libéraux (1828). Le 25 août 1830, à la suite de la révolution parisienne de Juillet, une émeute éclata à Bruxelles. Au début, ce mouvement ne tendait pas à la création d'une Belgique indépendante, et la commission des notables formée à Bruxelles se contenta de demander « le redressement des griefs ». Mais le roi, après avoir laissé l'agitation s'étendre, prétendit écraser militairement la révolte bruxelloise. L'armée hollandaise occupa Bruxelles le 23 sept., mais dut se retirer après quatre jours de combats. Un gouvernement provisoire belge fut formé, et, le 4 oct., il proclama l'indépendance de la Belgique. L'union des deux parties des Pays-Bas se trouvait brisée. La domination française, de 1795 à 1814, avait eu des effets différents au N. et au S. : le Blocus continental ruinait la Hollande, dont l'économie était avant tout commerciale, alors qu'il avait suscité un puissant renouveau de l'industrie belge. Les intérêts se révélèrent plus forts que les affinités historiques et linguistiques : en 1830, on vit les Flamands suivre le mouvement de la Wallonie et se séparer, eux aussi, des Pays-Bas. Voir BELGIQUE. La Belgique conquiert son indépendance. Le royaume des Pays-Bas de 1830 au début du XXe s. Le conflit fut définitivement réglé par le traité de Londres (19 avr. 1839). Le roi Guillaume consacra la fin de son règne à la mise en valeur économique de ses États, multipliant les canaux, les chemins de fer (le premier, d'Amsterdam à Haarlem, fut inauguré en 1839), les industries nouvelles. Au cours des guerres de la Révolution et de l'Empire, l'Angleterre s'était emparée des colonies hollandaises de Ceylan et du Cap. Mais les Pays-Bas avaient conservé leurs possessions des Antilles, et surtout l'Indonésie, qu'on appelait alors les Indes néerlandaises. Dans cette région fut introduit, à partir de 1830, un « système de culture » qui réduisait les populations indigènes au travail forcé, mais qui apporta de grands profits à la métropole (ce régime ne devait être aboli qu'en 1877), (v. INDONÉSIE. L'Indonésie sous les Néerlandais).  La politique intérieure fut d'abord dominée par le problème constitutionnel. Guillaume Ier n'avait accordé qu'à contrecœur la Constitution de 1815. L'opposition libérale, qui trouva un chef de talent avec Thorbecke (v.), le contraignit à abdiquer (oct. 1840). Son successeur, Guillaume II (1840/49), parut d'abord vouloir poursuivre sa politique, mais par une volte-face surprenante en mars 1848, contre son cabinet et contre la majorité parlementaire elle-même, il imposa une Constitution qui avait été directement inspirée par Thorbecke. À partir de cette date, une série de réformes constitutionnelles (notamment celle de 1887) orienta la vie politique hollandaise dans un sens de plus en plus démocratique : cette évolution aboutit à l'instauration du suffrage universel masculin (1917) et féminin (1919). Le règne de Guillaume III (1849/90) vit de grandes transformations politiques et économiques. Pendant cette période, les libéraux exercèrent la prépondérance : leur chef, Thorbecke, dirigea trois cabinets (1849/53, 1862/66, 1871/72). Les catholiques, qui avaient été durant des siècles politiquement mineurs, et à peine tolérés, grandissaient en nombre. En 1853, Pie IX décida de rétablir la hiérarchie. Unis jusqu'alors sur le plan politique avec les libéraux, les catholiques s'en séparèrent à partir de 1878, en raison de la position laïque prise par les « jeunes libéraux » (Kappeyne Van de Coppello) sur la question scolaire. La formation, de 1888 à 1891, d'un gouvernement de coalition de catholiques et de calvinistes « antirévolutionnaires » amena l'éclipse des libéraux. Guillaume III eut pour successeur sa fille, Wilhelmine (1890/1948) : l'extinction de la ligne mâle d'Orange-Nassau fit passer le Luxembourg sous une autre branche de la famille de Nassau. La reconquête sur les eaux prit, au XIXe s., une ampleur sans précédent. En 1798, à l'époque de la domination française, avait été créé un « ministère de l'Eau » (Water staat), qui aida et coordonna les efforts des communautés rurales. De 1848 à 1852 fut mené l'assèchement de la mer de Haarlem. L'assèchement du Zuiderzee, envisagé au XVIIe s., fut décidé par le Parlement en 1918, et, dès 1932, était achevée la Digue du Nord, séparant le Zuiderzee de la haute mer. Après l'inondation de 1953, qui submergea la Zélande et menaça Rotterdam, fut décidée la réalisation d'un projet plus ambitieux encore, le plan Delta, qui consiste à fermer tous les bras de mer de la Zélande en ne laissant libres que l'estuaire de la Meuse et l'estuaire de l'Escaut. Les premières années du XXe s. furent marquées par un puissant renouveau de l'économie hollandaise : marine marchande et grands ports en plein développement, puissance bancaire et financière mieux affirmée. L'époque contemporaine Durant la Première Guerre mondiale, les Pays-Bas réussirent à sauvegarder leur neutralité : la guerre sous-marine allemande et le blocus allié portèrent de sérieux coups au commerce national ; en revanche, l'argent afflua dans les banques hollandaises, où l'encaisse quadrupla pendant le conflit. En 1918, l'empereur Guillaume II se réfugia en Hollande, et celle-ci refusa de le livrer aux Alliés. Les Pays-Bas, comme toutes les nations de l'Europe occidentale, participèrent à l'essor économique des années d'après guerre : l'indice de la production industrielle passa de 121 en 1925 à 162 en 1929. Les gouvernements menèrent une politique sociale hardie (assurances maladie, invalidité, vieillesse ; réduction de la journée de travail à huit heures) et entreprirent de grands travaux (assèchement du Zuiderzee). Cependant, la crise économique de 1929 ouvrit une période d'inquiétude : les socialistes se tinrent dans l'opposition de 1926 à 1939 ; une mutinerie éclata dans les équipages de la marine des Indes néerlandaises (févr. 1933). La personnalité dominante des années 1930 fut le chef des calvinistes antirévolutionnaires, Colijn, qui fut Premier ministre en 1925/26 et de 1933 à 1939. Mais les communistes marquaient quelques progrès, et un mouvement national-socialiste obtenait 8 % des voix aux élections provinciales de 1935.  À l'aube du 10 mai 1940, les Pays-Bas furent envahis par la Wehrmacht et la ville de Rotterdam subit un terrible bombardement ; le 14 mai, la reine et le gouvernement se réfugiaient à Londres, cependant que l'armée capitulait. Dès le 18 mai, Hitler plaça les Pays-Bas sous l'autorité d'un commissaire du Reich, l'Autrichien Seyss-Inquart, qui avait joué un grand rôle lors de l'Anschluss. L'Allemagne ne cacha pas son intention d'absorber cette région considérée comme germanique et elle essaya d'y parvenir par l'intermédiaire du parti national-socialiste néerlandais, le NSB de Mussert. Le NSB devint parti unique (déc. 1941) et, le 13 déc. 1942, Mussert fut proclamé « Führer » du peuple néerlandais. Une unité de SS néerlandaise, la SS Standarte Westland, fut constituée. Mais, dans son immense majorité, la population soutint les mouvements de résistance, qui restaient en contact étroit avec Londres. En 1941, les autorités hitlériennes commencèrent à déporter massivement les Juifs néerlandais (un dixième seulement de la communauté juive devait survivre). Pour protester contre l'Occupation, les Néerlandais organisèrent d'importantes grèves (févr. 1941, mai 1943, sept./oct. 1944). En 1942, les premiers otages furent exécutés, mais le régime de terreur qui s'appesantit pendant l'année 1943 ne ralentit pas l'activité des organisations de résistance, rassemblées, à partir de juin 1944, dans la Grote Advies Commissie der Illegaliteit. En sept. 1944, les troupes alliées atteignirent le territoire néerlandais. Mais les Allemands résistèrent avec acharnement. Après l'échec de l'opération alliée sur Arnhem, la majeure partie des Pays-Bas restèrent occupés pendant tout l'hiver 1944/45. Ces derniers mois de la guerre réduisirent la population à une condition misérable, et ce n'est que le 5 mai 1945 que les dernières troupes allemandes capitulèrent. Alors que la métropole se relevait rapidement grâce à l'aide américaine du plan Marshall, le gouvernement dut faire face au problème colonial. Les Indes néerlandaises avaient été occupées en 1942 par les Japonais, qui encouragèrent le mouvement nationaliste. Le 17 août 1945, le chef nationaliste Soukarno (v.) proclama l'indépendance de l'Indonésie. Sous la pression des États-Unis et de l'ONU, les Pays-Bas finirent par reconnaître l'indépendance de leur colonie (27 févr. 1949). Dès 1944 avaient été jetées les bases de l'union économique du Benelux entre la Hollande, la Belgique et le Luxembourg. En 1950, le gouvernement de La Haye adhéra avec empressement au plan Schuman et signa le traité de Paris (18 avr. 1951) instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (v. EUROPÉENNES, institutions). En politique intérieure, les Pays-Bas, de 1946 à 1958, eurent des gouvernements formés autour de la coalition des deux principaux partis, le parti catholique populaire (KVP) et le parti du travail (PVDA, socialiste). Cette alliance ayant été rompue se succédèrent des cabinets assez éphémères, dirigés soit par des catholiques (Beel, De Quay, Marijnen, Cals, De Jong), soit par des membres du parti antirévolutionnaire (ARP, calviniste). Aux élections de nov. 1972, ni le bloc des partis confessionnels ni celui des partis de gauche n'obtinrent une nette majorité, en dépit d'un sensible avantage pour le second. Après une crise de cinq mois, un cabinet de coalition parvint à se constituer enfin, en mai 1973, autour du parti du travail. Ce gouvernement, dirigé par Joop den Uyl, fut battu par les socialistes aux élections de mai 1977 (53 sièges sur 150). Un nouveau gouvernement fut constitué par Andries Van Agt, qui se maintint jusqu'en 1982. Le chrétien-démocrate Ruud Lubbers (v.), qui lui succéda à partir de cette date, parvint à appliquer la politique d'austérité dont avait besoin l'économie néerlandaise. Le 30 janv. 1980, la reine Juliana († 2004) avait abdiqué au bénéfice de sa fille Beatrix.  En mai 1989, le gouvernement Lubbers dut démissionner après le rejet par les partis de la coalition gouvernementale d'un plan draconien de lutte contre la pollution. Mais les élections européennes de juin, qui virent la victoire des chrétiens-démocrates et des écologistes, montrèrent que l'électorat était favorable à ces mesures rendues nécessaires par une grave détérioration de l'environnement. En nov., R. Lubbers formait un nouveau gouvernement de coalition avec la participation de socialistes puis en 1991 avec les libéraux. Il mena une stricte politique de rigueur, en particulier en matière de prestations sociales, obtenant toutefois la signature, en nov. 1993, d'un « pacte social » entre le patronat et les syndicats. Les partis social-démocrate (PVDA) et chrétien-démocrate (CDA) s'effondrèrent aux élections de mai 1994 si bien qu'en août, Wim Kok (PVDA) réussit à former une coalition « lilas » avec les deux partis libéraux VVD et D'66. Pour la première fois depuis 1917, les chrétiens-démocrates ne participaient plus au gouvernement. Le cabinet Kok réduisit encore le budget de l'État et fixa comme priorité une politique de soutien à l'emploi en vue de réduire un chômage qui s'élevait à 8 %. Les Pays-Bas avaient été les seuls de toute l'Union européenne à connaître pendant 20 ans une croissance continue, qui atteignait encore 5 % entre 1995 et 2000. Mais la situation économique du pays s'est retournée en 2002, en raison de la chute du commerce mondial qui assurait les 2/3 de l'activité économique, de la baisse de l'exploitation du gaz naturel du gisement de Groningue et d'un taux d'inflation parmi les plus élevés de l'Union européenne. Le faible taux de chômage, ramené en 2002 à 4,1 % de la population active, cachait en réalité la faiblesse des gains de productivité en raison des 900 000 cas d'incapacité au travail officiellement reconnus. Ce retournement brutal explique sans doute l'ampleur du succès électoral remporté en mars 2002 à Rotterdam par le principal dirigeant du mouvement populiste Leefbaar (« Des Pays-Bas vivables »), Pim Fortuyn qui, désavoué en févr. pour ses déclarations xénophobes, fondait en un mois son propre parti (LPM ou Liste Pim Fortuyn). Son assassinat à Hilversum, le 6 mai 2002, a eu un immense retentissement dans un pays où le dernier meurtre politique remontait au XVIIe siècle. Aux législatives du 15 mai 2002, LPM devint la deuxième formation politique (26 sièges sur 150) et la première à Rotterdam et à La Haye. Elle est donc entrée dans le gouvernement de coalition formé le 22 juill. 2002 par le chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende. Mais cette coalition a éclaté dès janv. 2003. Le nouveau gouvernement formé depuis mai 2003 autour de Balkenende par une coalition des partis chrétiens-démocrates et libéraux s'est engagé pour les 4 prochaines années dans un vaste plan d'austérité qui, notamment par la réforme du généreux système d'indemnisation du chômage, devrait maintenir le déficit public à 2,7 % du PIB en 2004. Cette politique courageuse a été critiquée par l'opposition socialiste mais a reçu le soutien des autorités monétaires de l'Union européenne. Depuis le 27 janvier 2002, le florin néerlandais a en effet laissé la place à l'euro. À la fin de l'année 2000, les Pays-Bas furent le premier pays du monde à légaliser l'euthanasie.

« L’indépendance acquise par les Provinces-Unies contre l’Espagne, au début du xviie siècle, ouvre une période de développement économique et culturel tout à fait exceptionnel.

Mais cette petite république ne défiera pas longtemps les grandes monarchies européennes : affaiblie au xviiie siècle, prise dans la tourmente révolutionnaire, elle renaîtra en 1815 par la volonté du congrès de Vienne, sous la forme d’un royaume des Pays-Bas (comprenant alors la Belgique, qui s’en séparera en 1830).

Le passage à la monarchie constitutionnelle, puis les successions au trône de mère en fille - Wilhelmine (1890-1948), Juliana (1948-1980), Beatrix (1980-) - marqueront l’histoire contemporaine d’un État tranquille, dont les traumatismes ont surtout été d’origine externe, comme la Seconde Guerre mondiale, puis, après celle-ci, la perte de sa principale colonie, l’Indonésie. Le nouveau royaume des Pays-Bas de 1815 espérait un retour à la prospérité du Siècle d’or, en s’appuyant sur les mêmes bases : commerce maritime et finance. Mais l’Angleterre s’est imposée dans ces deux domaines et a acquis une avance décisive dans la mise en œuvre de la révolution industrielle.

La modernisation du système politique néerlandais (Constitution de 1848, inspirée par l’homme d’État libéral Johan Rudolphe Thorbecke) interviendra avant celle du tissu économique : vers 1865, les Pays-Bas ne possèdent encore ni grande industrie ni véritable réseau de chemin de fer.

La situation change après 1870, sous l’effet de l’industrialisation de l’arrière-pays allemand.

Le transit rhénan se développe, tandis que les initiatives se multiplient dans les nouvelles industries, comme en témoigne la fondation de la firme Philips en 1891. En dépit du rôle joué par Amsterdam dans l’histoire du mouvement ouvrier, les Pays-Bas ne connaîtront guère les violentes oppositions classe ouvrière-patronat qui jalonnent l’histoire des grands pays industriels.

Le suffrage universel est adopté en 1917, pendant une guerre dont les Néerlandais subissent durement les conséquences économiques malgré leur neutralité. Clivages religieux. Dans la vie politique, les clivages religieux tiennent une grande place. Protestants et catholiques surmontent un temps leur vieille hostilité pour défendre l’enseignement chrétien (1901), puis se divisent à nouveau.

Des coalitions fluctuantes dirigent le pays, avec comme axe soit les libéraux, soit l’un des partis confessionnels.

Pour la première fois en 1939, des ministres socialistes figurent dans le gouvernement.

Les Pays-Bas sortent alors d’une crise mondiale qui a été catastrophique pour un État dont l’économie était déjà très dépendante de l’étranger ; ils vont connaître une occupation allemande parmi les plus dures (déportation et extermination massive des Juifs) et les plus longues (reddition de l’armée allemande le 5 mai 1945).

Elle laissera des traces profondes dans les esprits, outre les préjudices matériels comme la submersion d’une partie des polders et la destruction du centre de Rotterdam. Après 1945, la reconstruction mobilise la population, avec un certain consensus social qu’illustre l’association au gouvernement des catholiques et des socialistes.

De grands travaux de protection du territoire sont poursuivis (poldérisation de l’ancien Zuiderzee) ou lancés (plan Delta).

La constitution du Benelux (1948) permet d’espérer un élargissement des marchés et une plus grande audience internationale.

Mais la décolonisation de l’Empire néerlandais se passe. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles