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Les livres sont pour moi plutôt des amis que des serviteurs ou des maîtres dit Claude Roy. Qu'en pensez-vous ?

Publié le 09/12/2021

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- Les influences subies à travers les lectures ne réduisent pas le lecteur à l'état d'élève recevant et répétant le savoir du maître. La plupart des écrivains ont commencé par imiter leurs prédécesseurs ou leurs contemporains, mais uniquement ceux qui correspondaient à leurs tendances propres ; et l'imitation leur a permis de trouver, par la confrontation des ressemblances et dissemblances, un style et des thèmes propres.. . Ex. : A. Rimbaud imite V. Hugo, qu'il admire, dans « Les Etrennes des orphelins » ou « Soleil et chair ». Mais l'influence reçue du « voyant » auteur des Misérables ne l'empêche pas ensuite de se lancer dans une recherche littéraire plus poussée encore, plus audacieuse. V. Hugo sert de stimulant au lieu d'annihiler la création.

« Introduction - Comment décrire la relation privilégiée que nous entretenons avec les livres? De nombreux auteurs ou lecteurs s'ysont essayés, en racontant, comme Montaigne dans ses Essais ou J.-J.

Rousseau au début des Confessions, leurspremières lectures.- Un écrivain du XXe siècle, Claude Roy, propose une métaphore qui transforme les ouvrages en des êtres humains :« Les livres sont pour moi plutôt des amis que des serviteurs ou des maîtres.

» Aux rapports de force sociaux,Claude Roy préfère donc des liens affectifs et noués dans l'égalité.

Mais comment sa formule s'applique-t-elle auxlivres ? - D'où les axes de réflexion suivants :I.

Les livres ne doivent être ni des serviteurs ni des maîtresII.

Les livres doivent être des amis I.

Ni serviteurs, ni maîtres A.

Les livres ne doivent pas être des serviteursL'image de Claude Roy suggère que les livres se contentent de rendre des services, payés par le lecteur qui prend lestatut de maître.

Si le prix du livre, acheté en librairie, correspond à la métaphore, la relation de service est moinsévidente.

Elle correspond cependant à certaines situations.1.

Les livres, serviteurs d'un individu- Lorsque nous achetons un livre pour passer simplement le temps, pour nous distraire, sans en attendre rien d'autreque ce service, nous le considérons un peu comme un serviteur.Ex.

: les « romans » de gare, littérature facile destinée à faire oublier la longueur du trajet, constituent des récitsd'amour, d'aventures ou des romans policiers banals, comme la collection Harlequin ou SAS, prêts à être oubliés oujetés après consommation.Les livres qui donnent des renseignements, qu'il s'agisse de manuels scolaires ou de guides touristiques, d'ouvragesde vulgarisation scientifique, nous rendent un service, rien de plus.2.

Les livres, serviteurs des goûts du public- Plus subtilement, on peut placer dans cette catégorie les livres qui flattent les goûts du public ou d'un public, etne leur apportent rien d'autre que ce qu'ils attendent.Ex.

: dans Les Faux-Monnayeurs, André Gide présente un écrivain, le comte de Passavant, qui écrit ses ouvragespour plaire à la jeunesse.

Il se contente de suivre la mode.

« Pour Passavant, l'œuvre d'art n'est pas tant un butqu'un moyen.

Les convictions artistiques dont il fait montre, ne s'affirment si véhémentes que parce qu'elles ne sontpas profondes ; nulle secrète exigence de tempérament ne les commande ; elles répondent à la dictée de l'époque ;leur mot d'ordre est : opportunité » (chapitre VIII).- Au contraire, pour A.

Gide, le véritable écrivain, incarné par son personnage Edouard, doit inquiéter ses lecteurs,les faire évoluer, leur apprendre réellement quelque chose de nouveau sur eux-mêmes.

Ces vertus ne sont pas decelles qu'on attend d'un serviteur...

Or la ligne de partage entre ces deux types de livres est claire dans notresociété, où toute une littérature de consommation produit des best-sellers destinés à satisfaire les besoinstemporaires du grand nombre. B.

Les livres ne doivent pas être des maîtresLes livres deviennent des maîtres lorsque le lecteur s'incline devant leur autorité, sans se permettre de réflexioncritique.

Ce phénomène est très courant.1.

Le livre, instrument de domination politiqueCertains régimes politiques utilisent la lecture pour imposer un culte de la personnalité et une organisation sociale.Ex.

: le Petit livre rouge du président Mao Ze-Dong, qui proposait aux Chinois l'essentiel de ce qu'ils devaient croireet faire.Dans ces régimes, les écrivains opposants subissent la censure ou l'exil.

Parfois même, tout ce qui dans la littératurepourrait compromettre la suprématie du système totalitaire est condamné et supprimé des librairies.Ex.

: durant l'hitlérisme, le conte du Chat botté fut considéré comme subversif, parce qu'il montre un chat, serviteurd'un homme, mais plus malin que son maître.Dans un tel contexte, les livres sont les serviteurs du pouvoir, et les maîtres du peuple.2.

Le livre, instrument de domination intellectuelleOn retrouve ce processus dans le domaine de la religion, de la science, de toute la vie intellectuelle, chaque foisque des « maîtres à penser » s'arrogent une autorité spirituelle par leurs ouvrages, et que le public se laisse aller àla facilité d'admirer sans réfléchir.Ex.

: Rabelais dans Gargantua s'est moqué du système sco-laire du Moyen Age, la scolastique, qui obligeait lesélèves à apprendre par cœur des ouvrages latins et à vénérer par-dessus tout Aristote.Ex.

: Boris Vian raille dans L'Écume des jours l'engouement de la jeunesse pour Jean-Paul Sartre, plaisammentdésigné sous le nom de Jean-Sol Partre.

L'un de ses personnages se ruine pour acheter tous les ouvrages de cetauteur, et néglige sa compagne.Ex.

: le Candide de Voltaire vénère son maître Pangloss, qui incarne le philosophe Leibniz, au point de justifiermécaniquement la véracité de son « optimisme » philosophique (« tout est bien dans le meilleur des mondes») mêmelorsque la triste réalité des tremblements de terre ou des injustices humaines contredit cet enseignement.- Montaigne refusait aussi ce culte malsain en affirmant dans L'Apologie de Raymond Sebond à propos des savants :« Moi, je les aime bien, je ne les adore pas.

». »

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