Lecture analytique tirée du chapitre « Les deux pôles du vrai » de Quatrevingt-treize de Victor Hugo
Publié le 11/07/2026
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«
Lecture analytique tirée du chapitre « Les deux pôles du vrai » de
Quatrevingt-treize de Victor Hugo
SUPPORT : « Les deux pôles du vrai », Quatrevingt-treize, III, II, VII de « Prends garde, s'écria
Cimourdain.
Les devoirs terribles existent.
» à « … on eût cru entendre le dialogue de l'épée et de la
hache ».
(pages 294-296)
Paru en 1874, Quatrevingt-treize est le dernier roman de Victor Hugo, l'un des plus célèbres
auteurs français, dont l'action se déroule vers 1793.
Il a pour toile de fond les plus terribles années de
la Révolution française : la Terreur.
Quatrevingt-treize est l'occasion pour Hugo d'exposer les fruits
de sa longue réflexion sur la Révolution française et sa légitimité.
L'histoire raconte la lutte sans merci
que se livrent les partisans de la République et les nostalgiques de l'Ancien Régime.
On assiste à la
confrontation de deux modèles, de deux visions de l'Histoire, de deux systèmes de Valeurs.
Trois
personnages – purement fictifs – ont été imaginés par Hugo pour incarner les différentes lignes
politiques de la période.
D'abord, le marquis de Lantenac incarne l'Ancien Régime, celui de la Tradition
et de l'absolutisme monarchique et clérical.
Ensuite, le délégué du Comité de salut public Cimourdain,
incarne l'année 1793, il est un révolutionnaire impitoyable au service du triumvirat Danton,
Robespierre, Marat.
Gauvain, enfin, est le petit-neveu du marquis de Lantenac, et donc d'ascendance
nobiliaire, mais il a décidé d'embrasser les idées républicaines.
L'extrait étudié se situe au moment où
Cimourdain est envoyé à Dol pour épauler Gauvain dans sa lutte contre l'ennemi.
Deux conceptions du
combat révolutionnaire s'opposent alors, à travers un dialogue entre les deux personnages.
Problématique : Comment chaque personnage tente de convaincre l'autre de changer d'attitude
dans le combat révolutionnaire ?
Axes :
I) De la nécessité d'être inexorable : l'argumentation de Cimourdain
II) De l'intérêt d'être clément : l'argumentation de Gauvain
I) De la nécessité d'être inexorable : l'argumentation de Cimourdain
a) La Terreur comme nécessité
> Tournure assertive : « ce qui caractérise cette année énorme, c'est d'être sans pitié.
»
> Champ lexical du devoir, de la nécessité : « Les devoirs terribles existent.
», « Ces nécessités
redoutables sont la condition même du succès.
» Cimourdain a conscience que ce déchaînement
de violence peut effrayer (adjectifs épithètes « terribles » et « redoutables » collés aux mots
« devoirs » et « nécessités »), mais c'est selon lui la seule manière de remporter le combat
contre les représentants de l'Ancien Régime.
> Personnification : « La révolution a un ennemi, le vieux monde, et elle est sans pitié pour lui ».
La révolution est personnifiée, comme une femme redoutable.
Célibataire (parce que prêtre),
c'est cette femme implacable que Cimourdain a décidé d'épouser.
b) L'Ancien Régime, une maladie à éradiquer
> Métaphore filée de la maladie et du chirurgien :
« Depuis quand la maladie est-elle la faute du médecin ? », « le chirurgien a un ennemi, la
gangrène, et est sans pitié pour elle.
», « L'opération est effrayante », « Quand à la quantité de
chair saine qu'elle sacrifie, demande à Boerhave ce qu'il en pense.
», « Quelle tumeur à couper
n'entraîne une perte de sang ? », « vous lui demandez grâce pour le virus ! ».
Cette métaphore filée s'étale sur toute la tirade, et montre la conception qu'il se fait de la
Monarchie : un cancer qu'il faut extirper au plus vite, quitte à ce que le patient (en l’occurrence
la France) souffre un peu.
> Comparaison : « Un chirurgien ressemble à un boucher, un guérisseur peut faire l'effet d'un
bourreau.
» Il a conscience d'effrayer par son côté sanguinaire, mais il estime que c'est pour le
bien du pays.
> Question rhétoriques : « Depuis quand la maladie est-elle la faute du médecin ? », « Pourquoi ?
Parce qu'elle est la grande année révolutionnaire ? », « Vous souffrez ? Sans doute.
Combien de
temps cela durera-t-il ? Le temps de l'opération.
» Cimourdain fait lui-même les questions et les
réponses, car il est persuadé d'avoir raison, que son point du vue est le seul valable.
Il n'attend
aucune réponse de Gauvain (et effectivement, pendant toute la tirade, Gauvain va le laisser
exposer son point du vue).
Cela dénote une conviction solide, une foi en la Terreur fanatique.
> Paradoxe : « Elle mutile, mais elle sauve ».
La Terreur est un mal nécessaire selon lui.
Cette
idée est renforcée par la phrase : « Elle fait à la civilisation une incision profonde, d'où sortira
la santé du genre humain.
» qui montre, que de ce point de vue, l'ensemble des hommes
bénéficieront, à terme de cette violence.
> Énumération par Cimourdain de tout ce qu'il faut extirper selon lui : « la royauté dans le roi,
l'aristocratie....
»
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