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le fantastique

Publié le 20/02/2026

Extrait du document

« Le narrateur fouille un tiroir à la recherche de documents … Je m'écarquillais les yeux à déchiffrer les suscriptions, quand je crus entendre ou plutôt sentir un frôlement derrière moi.

Je n'y pris point garde, pensant qu'un courant d'air avait fait remuer quelque étoffe.

Mais, au bout d'une minute, un autre mouvement, presque indistinct, me fit passer sur la peau un singulier petit frisson désagréable.

C'était tellement bête d'être ému, même à peine, que je ne voulus pas me retourner, par pudeur pour moi-même.

Je venais alors de découvrir la seconde des liasses qu'il me fallait ; et je trouvais justement la troisième, quand un grand et pénible soupir, poussé contre mon épaule, me fit faire un bond de fou à deux mètres de là.

Dans mon élan je m'étais retourné, la main sur la poignée de mon sabre, et certes, si je ne l'avais pas senti à mon côté, je me serais enfui comme un lâche.

Une grande femme vêtue de blanc me regardait, debout derrière le fauteuil où j'étais assis une seconde plus tôt.

Une telle secousse me courut dans les membres que je faillis m'abattre à la renverse ! Oh ! personne ne peut comprendre, à moins de les avoir ressenties, ces épouvantables et stupides terreurs.

L'âme se fond ; on ne sent plus son coeur ; le corps entier devient mou comme une éponge, on dirait que tout l'intérieur de nous s’écroule. Elle était couchée, dit-elle, depuis quelques minutes, les rideaux tirés, lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit, et quelqu'un entra.

Alors madame Alphonse était dans la ruelle du lit, la figure tournée vers la muraille.

Elle ne fit pas un mouvement, persuadée que c'était son mari.

Au bout d'un instant le lit cria comme s'il était chargé d'un poids énorme.

Elle eut grand peur, mais n'osa pas tourner la tête.

Cinq minutes, dix minutes peut-être...

elle ne peut se rendre compte du temps, se passèrent de la sorte.

Puis elle fit un mouvement involontaire, ou bien la personne qui était dans le lit en fit un, et elle sentit le contact de quelque chose de froid comme la glace, ce sont ses expressions.

Elle s'enfonça dans la ruelle tremblant de tous ses membres.

Peu après, la porte s'ouvrit une seconde fois, et quelqu'un entra, qui dit : Bonsoir, ma petite femme.

Bientôt après on tira les rideaux.

Elle entendit un cri étouffé.

La personne qui était dans le lit, à côté d'elle, se leva sur son séant et parut étendre les bras en avant.

Elle tourna la tête alors...

et vit, dit-elle, son mari à genoux auprès du lit, la tête à la hauteur de l'oreiller, entre les bras d'une espèce de géant verdâtre qui l'étreignait avec force.

Elle dit, et m'a répété vingt fois, pauvre femme !...

elle dit qu'elle a reconnu...

devinez-vous ? La Vénus de bronze, la statue de M.

de Peyrehorade ... Le narrateur est convaincu d’être persécuté par une créature invisible.

Pour le prouver, il tente à plusieurs reprises de lui tendre des pièges …. Donc, je faisais semblant d'écrire, pour le tromper, car il m'épiait lui aussi; et soudain, je sentis, je fus certain qu'il lisait par-dessus mon épaule, qu'il était là, frôlant mon oreille.

Je me dressai, les mains tendues, en me tournant si vite que je faillis tomber.

Eh bien ? … on y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans ma glace!..

Elle était vide, claire, profonde, pleine de lumière ! Mon image n'était pas dedans..

et j'étais en face, moi ! Je voyais le grand verre limpide du haut en bas.

Et je regardais cela avec des yeux affolés ; et je n'osais plus avancer, je n'osais plus faire un mouvement, sentant bien pourtant qu’il était là, mais qu'il m'échapperait encore, lui dont le corps imperceptible avait dévoré mon reflet. Comme j'eus peur ! Puis voilà que tout à coup je commençai à m'apercevoir dans une brume, au fond du miroir, dans une brume comme à travers une nappe d'eau ; et il me semblait que cette eau glissait de gauche à droite, lentement, rendant plus précise mon image, de seconde en seconde.

C'était comme la fin d'une éclipse.

Ce qui me cachait ne paraissait point posséder de contours nettement arrêtés, mais une sorte de transparence opaque, s'éclaircissant peu à peu.

Je pus enfin me distinguer complètement, ainsi que je le fais chaque jour en me regardant.

Je l'avais vu ! L'épouvante m'en est restée, qui me fait encore frissonner.

Le tuer, comment ? puisque je ne peux l'atteindre ? Le poison ? Mais il me verrait le mêler à l’eau; et nos poisons, d'ailleurs, auraient-ils un effet sur son corps imperceptible ? Non ...

non … sans aucun doute ...

Alors ? ...

alors ? … […] Alors ...

alors ...

il va donc falloir que je me tue, moi ! … Le narrateur détaille ici l’étrange comportement de sa bien-aimée … Un matin, j'étais assis auprès de son lit, et je déjeunais sur une petite table pour ne la pas quitter d'une minute.

En coupant un fruit, je me fis par hasard au doigt une entaille assez profonde.

Le sang partit aussitôt en filets pourpres, et quelques gouttes rejaillirent sur Clarimonde.

Ses yeux s'éclairèrent, sa physionomie prit une expression de joie féroce et sauvage que je ne lui avais jamais vue.

Elle sauta à bas du lit avec.... »

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