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Le Coffret de santal un poème, « Berceuse » de Charles Cros

Publié le 19/12/2021

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« La beauté mystérieuse du chat fascine les artistes depuis l'Antiquité égyptienne.

Trois poèmes des Fleurs du Mal célèbrent sa ressemblance avec la femme aimée, sa noblesse sensuelle qui lui attire l'affection des « amoureux fervents » et des « savants austères » (Sonnet LXVI).

Charles Cros, contemporain de Baudelaire, mari déçu par sa femme et scientifique méconnu, aimait lui aussi les chats. Dans son recueil Le Coffret de santal un poème, « Berceuse », peint son amitié pour l'un d'entre eux.

L'originalité réside ici dans l'identité parfaite entre l'homme et l'animal, soumis également à la cruauté de la femme.

Mais leur tragédie est traitée sur un ton léger, adoucie par la tendresse de leur sommeil commun. En effet, trois thèmes se mêlent dans cette série de six strophes : la complicité du poète et de son compagnon, la déception due à un amour trahi et la recherche d'une consolation. « Berceuse » décrit un couple uni, omniprésent, dont les relations hésitent entre l'amour et l'amitié. Comme dans un poème d'amour, les pronoms lient le poète et son chat : « je » ou « moi », « tu » ou « toi » alternent, le « nous » apparaît au début et à la fin.

La scène retrace une nuit passée dans le même lit, comme s'il s'agissait d'époux habitués à dormir ensemble depuis longtemps, mais qui goûtent encore le plaisir de ce partage tendre.

Les deux êtres vivent dans un parallélisme parfait.

Chaque sizain retrace une étape de la min : le coucher (strophes 1 et 2), un rêve en trois parties (s.

3, 1 il 5) qui s'achève pour chacun en un cauchemar semblable, puis le réveil au matin (s.

6).

Au sein des strophes 3 et 4, chacun des tercets est consacré au chat puis à l'homme, mais la monotonie d'un tel procédé s'estompe dans les autres sizains, où ils se partagent les vers de façon moins symétrique.

Enfin, les deux partenaires sont présents dans un même vers au début et à la fin du texte (v.

1 et 35).

Cette communion survit à l'aube : l'un et l'autre s'alimentent ; même séparés ils agissent à l'unisson (s.

6).

Au vers 16, « Comme chaque nuit » confirme qu'ils vivent ensemble depuis longtemps. Le parallélisme est accentué par la tendresse, que montrent l'hommage de l'homme à la beauté physique du chat (« tes yeux fins», v.

13), sa connaissance approfondie des actes qu'il va commettre, ou du contenu de ses rêves.

Réciproquement, l'auteur n'a pas besoin d'expliquer à son ami l'identité de la mystérieuse « Elle ».

L'intimité est présente par la douceur des gestes quotidiens et des sentiments.

Le confort règne dans le cérémonial du coucher : l'homme a éteint la douce lumière d'une bougie (v.

2-3), le lit est « bien chauffé » (v.

8), tout se prête au repos puisque ni l'un ni l'autre n'ont bu un café (v.

7) qui aurait pu les tenir éveillés.

L'impératif « Endormons-nous » se trouve donc confirmé ensuite par des futurs qui traduisent la certitude de plonger dans le sommeil : « Tu vas penser » (v.

4), « Nous dormirons » (v.

10), « Tu ronronneras » (v.

11), « J'oublierai l'heure» (v.

12).

La douceur de ces instants où la conscience s'assoupit est suggérée par le ronron du chat, signe de bien-être, ses yeux « appesantis » (v.

13), et la position des corps, tendrement enlacés « pattes dans bras » (v.

10). Ce couple n'est cependant pas un couple d'amoureux traditionnels.

L'originalité de C. Cros est déjouer sur l'ambiguïté de l'identité du chat et de leurs relations.

Certains détails assimilent l'animal à un être humain : le vers « Nous n'avons pas pris de café » (v.

7), l'emploi du mot savant « oaristys ».

La condition féline s'efface presque au centre du poème : les vers 13 et 14, 19 à 21, 25 et 26 pourraient s'appliquer à un humain.

Seuls la gouttière et le toit évoquent discrètement le décor familier des chats ; « griffé, mordu » illustrent la violence des combats d'animaux.

L'art du poète nous fait passer, par un enjambement, de l'univers humain des oaristys au paysage familier du chat de « gouttière » (v.

14-15).

Inversement, toujours au milieu du poème, la femme pleure comme un crocodile (v.

23-24).

Mais le début et la fin mentionnent nettement la nature du compagnon : « petit chat noir » et « matou » encadrent le texte.

Le verbe « ronronneras », les « oiseaux », les « félins museaux » et les «souris» évoquent clairement les caractéristiques de ce mammifère.

L'expression «pattes dans bras» évoque une position amoureuse tout en la niant par le rappel de l'identité réelle des partenaires. Rien ne suggère une véritable sensualité.

Seule les unit une complicité amicale et tendre.. »

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