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L'année 1848 en France et dans le monde

Publié le 02/12/2021

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Au milieu du XIXème siècle, après la révolution, la France n'est toujours pas doté d'un régime politique stable et durable. Alors que dans les pays de la Révolution Industrielle il existe une adéquation entre l'industrialisation et le désir d'un régime plus libéral, la France continu à rechercher des institutions capable d'inscrire l'héritage de la révolution dans la société nouvelle. Au début de l'année 1848 la France comme l'Europe connait une période de crise économique et sociale. La politique d'immobilité de Louis-Philippe et de ses ministres se chargeait d'accentuer l'union des classes moyennes et du peuple. Les commerçants subissaient les effets d'une politique douanière dont les profits ne leur étaient pas destinés. Les paysans continuaient de payer très cher leur outillage, de subir des contrats usuraires et d'hypothéquer leurs terres. Les ouvriers commençaient à découvrir que leur liberté se limitait à la nécessité de vendre leur force de travail à des prix dont ils n'étaient point maîtres et qui décidaient de leur vie. Le gouvernement de Guizot accumulait les maladresses qu'allaient compliquer sa politique extérieure.

 

Depuis dix ans, la politique économique de l'Angleterre avait évolué. Forte de la supériorité de son outillage, de ses ressources en charbon et en matières premières coloniales, l'Angleterre, après avoir réussi par les guerres européennes à s'ouvrir les marchés du continent, allait maintenant l'exploiter. A la recherche des débouchés qu'il pouvait lui offrir, elle parla de libéralisme et se convertit au libre-échange. Pour pratiquer le libre-échange, l'Angleterre ne pouvait y être seule. En 1845, on créa en France une Ligue pour la liberté des échanges et ses revendications furent d'abord très modérées. Le gouvernement français fit voter la suppression de quelques prohibitions. L'Angleterre se lança alors dans la politique des nationalités où, sauf l'Irlande et les Indes, les peuples devaient librement disposer d'eux-mêmes. La révolte contre l'oppression éclatait partout en Europe et la bourgeoisie intellectuelle, blessée par les obstinations de Louis-Philippe et de Guizot, s'enthousiasma pour ces libérations nationales ; une vague de libéralisme politique passa sur le continent et elle n'allait pas emporter seulement le ministre français et son roi.

 

La politique intérieure de Guizot, rebelle à toute concession, se doublait à l'extérieur d'une politique d'alliance avec Metternich et le tsar Nicolas, pour vaincre partout les moindres tentatives démocratiques. Dans une parfaite inconscience de l'état réel des masses européennes, le gouvernement de Louis-Philippe reproduisait les erreurs de Charles X et reconstituait contre lui une unanimité sociale où la similitude des buts immédiats l'emportait sur leur ultérieure diversité. Parallèlement au mouvement ouvrier, l'hostilité de Guizot accéléra le regroupement de tous ceux qu'exaspérait le monopole du droit de vote entre les mains d'une minorité possédante. Vers la fin de l'année 1847, il était évident que la réforme électorale s'imposerait par la violence si la coalition parlementaire ne suffisait pas à l'obtenir. Comme le gouvernement avait interdit toute réunion, on était en pleine campagne de banquets. Pendant six mois, les partisans de la réforme électorale organisèrent en France des banquets de mille convives environ où l'on signait une pétition en sa faveur. Les républicains, qui s'affirmaient pour une réforme plus radicale encore et voulaient le suffrage universel, s'associèrent à cette campagne. Les ouvriers voyant dans la République l'issue sociale dont 1793 leur avait laissé le mirage, on eut en France, dans la confusion des intérêts, des sentiments et des doctrines, une conscience révolutionnaire contre laquelle Louis-Philippe était impuissant. Il veut garder Guizot et interdit le banquet du 22 février 1848 à Paris. Le banquet n'eut pas lieu, mais le cortège devint une immense manifestation. Paris avait pris son aspect d'émeute.

 

I.                   1848 ou l'apprentissage de la République

 

a.       La Révolution, le foisonnement démocratique et le gouvernement provisoire.

 

o   22 février : Les parisiens se soulèvent contre Louis-Philippe

Emmenée par Odilon Barrot, Louis Blanc ou encore Lamartine, l'opposition à Louis-Philippe et à sa politique bourgeoise organise une gigantesque manifestation de la Madeleine au Palais-Bourbon. Les incidents éclatent en fin d'après-midi. Un manifestant est tué. La Garde nationale n'obéit plus aux ordres du roi et se joint au peuple le lendemain. Louis-Philippe est contraint d'abdiquer le 24février. Mais l'insurrection se poursuit jusqu'à l'entrée des insurgés dans le Palais-Bourbon et la proclamation de la République par Lamartine.

 

o   24 février : Naissance de la IIème République

Au terme de trois journées insurrectionnelles (22, 23 et 24 février), le roi Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils, le Comte de Paris, et s'enfuit en Angleterre. La chambre des députés rejette le nouveau souverain et constitue un gouvernement provisoire formé par des modérés : Lamartine, Dupont de l'Eure, Arago, Ledru-Rollin, Garnier-Pagès, Crémieux et Marie. Ce gouvernement céda, s'adjoignit Louis Blanc, Albert, Raspail et publia un manifeste. La République était inscrite sur tous les murs de Paris.

 

o   27 février : Ouverture des Ateliers nationaux

Trois jours après l'instauration de la IIème République, le nouveau gouvernement, sous la pression de Louis Blanc, décide d'ouvrir des Ateliers nationaux destinés à résorber le chômage en employant des ouvriers sans travail. Près de 100 000 personnes s'inscrivent au bureau d'embauche. Un programme de grands travaux est lancé à Paris avec la construction des gares Montparnasse et Saint-Lazare.

 

Ø  Le mot d'ordre de cette République nouvelle est Fraternité. Cette IIème République est une république sociale Différentes réformes politiques sont adoptées par le gouvernement provisoire en plus des ateliers nationaux : Le suffrage universel masculin, l'abolition de l'esclavage dans les colonies, liberté de réunion et de presse. Mais, de tous les éléments sociaux qui  participent aux événements de 1848, seule la grande bourgeoisie est vraiment consciente de sa puissance et dispose d'une technique. Les classes moyennes seront rapidement le jouet de quelques mesures législatives ; elles suffisent pour les calmer ou les irriter. Le peuple vient à peine de prendre conscience de lui-même.

Le Gouvernement provisoire a fermé la Bourse et accordé une prorogation de dix jours pour l'échéance des effets de commerce. Comme les ouvriers réclament la journée de dix heures, la suppression du marchandage, la reconnaissance du droit au travail et un ministère pour l'organiser, on nomma une commission où figura Louis Blanc et qui s'installa au Luxembourg pour étudier la création d'ateliers nationaux. On abolit les lois sur la presse et on décréta le 5 mars qu'une Assemblée constituante serait élue un mois plus tard au suffrage universel : le peuple avait partout satisfaction. Février 48, c'était l'adjonction à l'aristocratie financière, de la bourgeoisie industrielle et commerçante. Dans cet élargissement du pouvoir, la banque trouvera le secret des progrès de sa domination où elle absorbera peu à peu les forces industrielles et commerciales du pays.

La présence du socialiste Louis Blanc au gouvernement, auprès de l'ouvrier Albert, permettait de rassurer le peuple et servirait par la suite à déconsidérer le socialisme dans l'esprit des classes moyennes dont il fallait absolument rompre l'alliance avec les ouvriers. Le geste était habile et trompa les masses.

 

b.      De mars à juin: de la République sociale  aux émeutes de juin.

 

o   2 mars : Limitation du temps de travail en France

Sur une proposition de la Commission du Luxembourg présidée par Louis Blanc, le tout jeune gouvernement de la Deuxième République fixe la durée de la journée de travail à 10 heures à Paris et 11 heures en province. Cependant cette mesure n'aura pas l'occasion d'être appliquée puisqu'elle sera abrogée six mois plus tard.

La France est le 1er Etat à adopter le suffrage universel masculin. Suite à la Révolution de février 1848 et l'abdication du roi Louis Philippe, le suffrage universel est proclamé le 2 mars 1848

 

o   8 mars : La Garde nationale est ouverte à tous les citoyens

La milice bourgeoise créée sous la Révolution pour contrôler les débordements populaires devient ouverte à tous. Désarmée par Napoléon et ayant repris du service sous la Restauration et la Monarchie de juillet, cette milice fut un élément déterminant pour la réussite ou l'échec des insurrections. Ainsi, en 1830 (dissoute mais non désarmée) comme en février 1848, elle a fortement contribué à faire tomber les régimes en place. Cette ouverture à l'ensemble des Français est symbolique et, tout comme le suffrage universel, donne le sentiment d'être représentative (du moins de droit) de l'ensemble de la population. Toutefois, elle deviendra trois mois plus tard une arme de répression féroce contre les Ateliers nationaux, phénomène qui se reproduira en 1871 avec la Commune de Paris.

Le 8 mars, on rouvrit la Bourse et on refusa toute prorogation des effets de commerce. Et comme le Gouvernement provisoire avait besoin d'argent, et qu'il ne voulait pas s'adresser uniquement aux riches, on établit un impôt additionnel de 45 centimes par franc sur tous les impôts directs. C'étaient là, coup sur coup, deux mesures de la plus remarquable stratégie politique. On accordait le suffrage universel au pays, mais on brisait l'unité d'action des masses en déconsidérant aux yeux des commerçants et des paysans la République proclamée sous la pression ouvrière. Le suffrage universel, espérance des forces libérales de la nation, allait ainsi devenir un outil de réaction. Les banquiers et les industriels avaient réussi à diviser les masses.

 

o   23 avril : Premières élections au suffrage universel

. Tous les Français de plus de 21 ans sont appelés à élire une Assemblée constituante. Or cette Assemblée est majoritairement conservatrice, ce qui va créer de nombreux conflits. On sut le 23 avril que la tactique avait été juste. Les paysans de France avaient tous voté contre la République. On pourrait donc liquider le socialisme et aménager le nouvel Etat. Financiers et industriels respiraient : sur 800 députés, il n'y avait pas 100 républicains. On avait l'assurance que dans le prochain conflit, les classes moyennes croyant tout terminé, se dresseraient contre leurs alliés d'hier, les ouvriers.

 

o   15 mai : Emeute au palais Bourbon

Les révolutionnaires Armand Barbès, Auguste Blanqui, François Vincent Raspail et l'ouvrier Albert, suivis d'une foule de 50 000 personnes, investissent le palais Bourbon où siège l'Assemblée nationale pour protester contre le résultat des élections et clamer la volonté républicaine du peuple parisien. La manifestation tourne au coup d'Etat ; les manifestants proclament un nouveau gouvernement, prononcent la dissolution de l'Assemblée et se portent sur l'Hôtel de ville, dont Blanqui s'empare. Mais en quelques heures la garde nationale disloqua la manifestation. Le gouvernement reprendra le dessus et arrêtera les leaders. C'est la défaite du camp ouvrier et socialiste mais un avertissement pour la bourgeoisie.

 

o   21 juin : Fermeture des Ateliers nationaux

Les Ateliers nationaux, insuffisants et mal organisés, deviendront un vivier de militants révolutionnaires. Craignant les grèves et les trouvant trop improductifs, ces lieux d'agitations ouvrières sont dissous par la nouvelle Assemblée constituante, entraînant une insurrection populaire sanglante. La répression de la révolte ouvrière qui s'en suit fera plus de 5 000 victimes.

 

Ø  Le mot d'ordre de cette République nouvelle est Fraternité. Cette IIe République est une république sociale. Mais l'Assemblée constituante, en fermant les ateliers nationaux provoque la révolte à Paris. C'est la fin de l'idée d'une république sociale et fraternelle à cause de ce massacre. Néanmoins, la nouvelle constitution est démocratique pour plusieurs raisons : On n'a un suffrage universel masculin,  les Pouvoirs sont séparés et équilibrés puisque l'Assemblée ne peut pas renvoyer le Président et celui-ci ne peut pas non plus dissoudre l'Assemblée. Le président est élu pour 4 ans et ne peut se représenter.

 

 

 

 

 

c.       L'impossible république

 

Le 3 juillet, les Ateliers nationaux sont officiellement dissous. Progressivement, de nombreuses libertés proclamées en février font l'objet de sévères restrictions. Sur le terrain économique, social et financier les idées de février apparaissent de plus en plus minoritaires dans les milieux parlementaires.

 

o   Eté 1848 : les élections

Le 31 juillet se sont déroulées les élections municipales suivies les 27 aout et 3 septembre par les scrutins cantonaux et d'arrondissement. Globalement, il apparait qu'après la révolution de février les notables de la monarchie de juillet conservent une forte implantation, au-delà des élections législatives d'avril. L'impopularité de l'impôt de 45 centimes, le corps électoral plus large pour les élections législatives ainsi que l'ancrage social des élus locaux (propriétaires, notables, hommes de lois, etc.) explique le résultat de ces élections.

 

o   9 septembre : La limitation du temps de travail est ramenée à 12 heures

La loi du 2 mars n'a pas eu le temps d'être appliquée et l'Assemblée conservatrice fraîchement élue ne compte pas la mettre à exécution un jour. Au contraire, elle décide de l'abroger et d'instaurer une limitation à douze heures et non dix, partout en France mais uniquement dans certains secteurs. Après la répression sévère du Général Cavaignac sur les insurgés des Ateliers nationaux, l'Assemblée décide en fin de compte de supprimer les effets de la révolution de février sur le droit du travail.

 

o   17 septembre : élections partielles et retour en force des monarchistes

La situation du gouvernement Cavaignac ne s'améliore pas, la politique étrangère mécontente les républicains et les critiques s'amplifient. Louis-Napoléon Bonaparte est une nouvelle fois élu et cette fois-ci l'élection est validée. Il siège à compter du 26 septembre.

 

o   4 novembre : La constitution est approuvée

Dans son ensemble, elle met principalement en présence deux pouvoirs de même légitimité entre lesquels aucun arbitrage institutionnel n'est prévu. L'Assemblée est unique,  750 représentants élus au suffrage universel et au scrutin secret. Le président de la République dispose de larges pouvoirs mais ses actes doivent être contresignés par les ministres, nommées et révoqués par lui. Il n'est pas rééligible avant un intervalle de 4 ans. Il doit en outre prêter serment à la République. L'élection présidentielle aura lieu le 10 décembre ; elle représente un événement unique et aux répercussions considérables. Elle fut la seule de ce type à traduire l'expression du suffrage universel masculin. Près de 10 millions d'électeurs sont appelés aux urnes.

 

o   20 décembre : Louis-Napoléon Bonaparte prête serment

Elu le 11 décembre à la présidence de la République avec 74% des suffrages, Louis-Napoléon Bonaparte prête serment devant la tribune et jure "en présence de Dieu et du peuple français, représenté par l'Assemblée nationale, de rester fidèle à la République démocratique, une et indivisible et de remplir tous les devoirs que (lui) impose la Constitution." Peu après son discours le prince-président s'établira dans sa nouvelle résidence du palais de l'Elysée. En décembre 1851 le neveu de Napoléon Ier organisera un Coup d'Etat qui lui permettra de se faire sacrer empereur sous le titre de Napoléon III en 1852.

 

Ø  Injustement tombée dans l'indifférence, la deuxième République vit cependant l'unification du peuple, qui se propagea dans toute l'Europe. En France, sous l'égide de personnalités telles Lamartine, Victor Schœlcher ou Louis Blanc, elle adopta les lois fondamentales comme le suffrage universel masculin ou l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort en matière politique. Emportée par un coup d'Etat perpétré par Louis-Napoléon Bonaparte, elle périt prématurément.

II.                L'Europe et le « Printemps des peuples « : de l'ébranlement révolutionnaire à la réaction.

Dans les premiers mois de 1848 La vague révolutionnaire envahit l'Europe déjà touchée par une crise économique et sociale.  Certains pays restent cependant épargnés tels que les Pays-Bas, la Scandinavie, la péninsule ibérique, la péninsule ibérique et la Grèce. Elle touche marginalement le Royaume-Uni, l'Empire Russe et l'Empire Ottoman, ainsi que l'Irlande, la Pologne et les provinces roumaines.  C'est un mouvement complexe qui atteint l'Europe ; une composante démocratique s'ajoute désormais aux revendications libérales et nationales présentes dans les révolutions antérieures. Si la révolution que connait Paris en février a une répercussion bien plus grande, la première révolution éclate en Sicile le 12 janvier 1848.  Le gouvernement provisoire français déclare la paix au monde et proclame le principe de non intervention : pourtant, comme nous le montre les évènements survenus dans l'Empire d'Autriche, les événements de France ont un retentissement immense.

a.       Un contexte favorable

o   Depuis l'avènement en 1835 de l'empereur Ferdinand IV, l'autorité de l'Etat dans l'Empire d'Autriche s'est fortement dégradée. Metternich est lui de plus en plus contesté. Les minorités remettent en cause la domination Autrichienne, tels que les Roumains de Transylvanie, les Italiens ou bien encore les Slaves (Tchèques, Polonais, Slovaques etc.). On assiste à l'éveil des sentiments nationaux. Les Hongrois réclament eux aussi une plus grande autonomie (leurs grandes affaires sont traitées à Vienne). Pour maintenir son autorité, l'Autriche joue avec les dissensions entre ces minorités.

 

o   En Allemagne, les autrichiens doivent compter avec la Prusse, forte et centralisée, qui domine une union douanière des principautés allemandes grâce à son poids politique, économique et démographique. Une explosion nationaliste éclate en Allemagne en 1840 contre la politique agressive de Thiers.

 

o   L'Italie est elle aussi en pleine effervescence. Elle puise ses racines dans les Lumières du XVIIIème siècle et les réflexions de la période révolutionnaire et impériale. L'Italie veut restaurer sa grandeur en devenant libre et indépendante. Guiseppe Mazzini fonde une société secrète, La Jeune Italie, et ambitionne d'instaurer une république à la fois unitaire, démocratique et chrétienne. En 1834, il crée la Jeune Europe en pensant que toutes les nationalités opprimées suivront l'exemple italien. Face à son échec, les théoriciens et hommes politiques cherchent des moyens plus réalistes pour rendre à l'Italie son indépendance et son unité. Pie IX, élu Pape en 1846, donne de grands espoirs en prenant une série de mesures libérales.

           

b.      « Le printemps des peuples «

 

o   13 mars : Révolution à Vienne

Les étudiants viennois et les bourgeois libéraux, prenant pour modèle les Parisiens se rassemblent devant l'Assemblée. Ils réclament la démission du chancelier Metternich et l'instauration d'une constitution libérale. La troupe tire sur les manifestants. Toute la capitale se révolte. Metternich s'enfuit vers l'Angleterre. L'empereur François-Joseph fera publier une nouvelle constitution le 25 avril. Mais elle ne répondra pas aux attentes du peuple viennois qui continuera à se soulever jusqu'à la fin du mois octobre.

 

o   18 mars : Le Printemps des peuples gagne Berlin

La fièvre révolutionnaire apparue en France au mois de Février, après avoir gagné l'Autriche, met en difficulté le Royaume de Prusse. Un affrontement sanglant éclate à Berlin entre les troupes et le peuple qui réclame une libéralisation du régime. Face à l'inaction des princes, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV promet dès le lendemain de retirer ses troupes de Berlin. Le 20 mars, le roi de Bavière, Louis Ier jugé trop conservateur par son peuple est contraint d'abdiquer

Mais le roi de Prusse accorde bientôt un gouvernement libéral et convoque une Assemblée nationale élue au suffrage universel qui discute à partir du mois de mai, un projet de constitution pour la Prusse. Parallèlement, le Parlement de toute l'Allemagne se réunit le 18 mai et commence à réfléchir à une constitution. Quelques semaines plus tard, un gouvernement fédéral provisoire est nommé. Toutefois, le conflit se poursuivra après l'échec des discussions avec l'Assemblée et l'état de siège sera instauré à Berlin.

 

o   30 mai : La Lombardie est libérée.

Charles Albert accepte de prendre la tête d'une croisade pour chasser définitivement les Autrichiens de la péninsule Italienne. Grâce au renfort de nombreux volontaires, il rentre triomphalement à Milan le 30 mai 1848 ; la Lombardie est libérée et la Vénétie proclame bientôt son rattachement au Piémont.

 

Ø  Au cours de l'été 1848, l'ancienne Europe centrale a disparu : le printemps des peuples l'a enterrée.

 

c.       La réaction

 

Les mouvements révolutionnaires disposent d'une base trop étroite pour s'imposer durablement, ils restent urbains et touchent peu les masses rurales. De plus les vainqueurs se déchirent entre monarchistes et républicains, libéraux et démocrates, modérés et radicaux. De plus l'armée reste le plus souvent fidèle aux souverains ; son rôle est décisif dans l'Empire d'Autriche.

 

o   La première victoire de la réaction a lieu en Bohême ; Prague capitule le 17 juin puis les Tchèques se voient imposer un régime de dictature militaire. Puis c'est le tour de Vienne (31 octobre). Le prince de Schwarzenberg devient le chef du gouvernement : il obtient le 2 décembre l'abdication de Ferdinand et fera dissoudre en mars 1849 l'Assemblée constituante. Les Hongrois capituleront un peu plus tard, en août 1849.

 

o   Dès le printemps 1848, le roi des Deux-Siciles commence à restaurer son autorité. De leur côté, les autrichiens mettent en déroute les troupes piémontaises et contraignent Charles-Albert à signer un armistice et réoccupent la Lombardie. Le mouvement révolutionnaire se radicalise et les républicains s'emparent du pouvoir à Venise, Florence et Rome. La République romaine sera proclamée en février 1849 avec à sa tête un triumvirat. Suite à l'intervention des français, la république romaine sera renversée et Pie IX restauré.

 

o   En Allemagne, c'est par la Prusse que la réaction débute dès novembre 1848. Berlin est en état de siège, la milice bourgeoise est désarmée et l'Assemblée dissoute. Néanmoins la réaction n'est pas complète puisque le roi accorde une constitution à ses sujets. Le parlement de Francfort est par ailleurs affaibli et trois problèmes le divisent : la nature du nouvel Etat (unitaire ou fédéral), son régime (républicain ou monarchique) et ses frontières (grande ou petite Allemagne). L'année 1849 décidera de son sort et mènera finalement à la reconstitution de la Confédération germanique sous présidence autrichienne.

 

 

En 1848 et 1849 un ensemble de mouvements libéraux et nationaux agitèrent la France, l'Europe centrale et l'Italie. Le "printemps des peuples", vite étouffé par la réaction, accéléra néanmoins le processus de formation de grands ensembles nationaux, comme l'Allemagne ou l'Italie. Les révolutions de 1848 furent précédées par la crise économique de 1846-1847, mais la question sociale ne joua un rôle vraiment important qu'en France. Ailleurs elles exprimèrent avant tout les aspirations libérales et nationales muselées depuis 1815 par l'ordre issu du Congrès de Vienne. Ce fut une période douloureuse et sanglante pour le peuple, et une période favorable aux bourgeois. Mais l'année 1848, parfois considérée comme une « révolution oubliée « marque avant tout les prémices d'une nouvelle ère politique et sociale. 

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