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la révolution islamique et le rejet du modèle occidental

Publié le 21/05/2026

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« La révolution islamique d’Iran et le rejet du modèle occidental Introduction La révolution islamique d’Iran de 1979 est un événement majeur du XX ᵉ siècle, qui marque un tournant dans l’histoire contemporaine du Moyen-Orient.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Iran est dirigé par le shah Mohammad Reza Pahlavi, un souverain autoritaire soutenu par les États-Unis.

Dans le contexte de la guerre froide, ce pays riche en pétrole devient un allié stratégique de l’Occident.

Le shah lance alors, à partir de 1963, un programme de réformes appelé « Révolution blanche », destiné à moderniser et occidentaliser le pays.

Ces transformations touchent l’économie, l’éducation, la condition des femmes et les modes de vie, et s’inspirent du modèle occidental fondé sur la laïcité, le capitalisme et le monde culturel européen et américain. Cependant, cette modernisation rapide et imposée par un régime autoritaire provoque de nombreuses tensions.

Les inégalités sociales continuent, la répression politique augmente et une grande partie de la population, comme le clergé chiite (Le clergé chiite est l’ensemble des religieux de l’islam chiite, chargés d’enseigner la religion, d’interpréter les textes sacrés et de guider les fidèles), rejette l’occidentalisation et il le considère comme contraire aux valeurs islamiques et à l’identité iranienne. On peut alors se demander comment la révolution islamique de 1979 marque-t-elle un rejet du modèle occidental en Iran. Modernisation et occidentalisation imposée Le Shah met en œuvre des réformes économiques et sociales significatives, telles que la réforme agraire (qui a pour but de redistribuer ou de déconcentrer des terres de culture, soit pour fournir des terres aux petits paysans et lutter ainsi contre la pauvreté rurale, soit pour favoriser les grosses exploitations dans une économie mondialisée), l'expansion du système éducatif et l'amélioration des droits des femmes.

Ces transformations sont perçues par une partie importante de la population comme une occidentalisation imposée qui menace les valeurs et traditions iraniennes.

De plus, ces réformes accentuent les inégalités sociales, bénéficiant davantage aux élites urbaines qu’aux populations rurales et aux classes moyennes. Ce modèle de modernisation génère aussi des conflits avec le clergé chiite et les groupes politiques de gauche, tous opposés à l'orientation politique du régime.

Le système judiciaire pré-révolutionnaire, influencé par des principes occidentaux, demeure cependant en partie ancré dans des traditions juridiques et culturelles locales, reflétant cette tension entre modernité et tradition. Opposition politique et religieuse Le régime du Shah est également caractérisé par une forte répression politique.

Le mécontentement grandissant s'incarne particulièrement dans la figure de l'ayatollah Khomeini, opposé à l'autoritarisme du Shah et à l'érosion de l'identité islamique du pays.

Khomeini dénonce notamment la dépendance de l’Iran vis-à-vis des États-Unis, dont le soutien au Shah s’inscrit dans le contexte de la Guerre froide, où l’Iran représente un allié stratégique contre l’Union soviétique.

Cette présence américaine, accompagnée de la dépendance économique et militaire vis-à-vis des Occidentaux, nourrit un sentiment nationaliste et anti-occidental croissant. L'ingérence occidentale : l'opération Ajax (1953) L'ingérence occidentale dans les affaires iraniennes, notamment américaine avec l’opération Ajax en 1953, contribue fortement à exacerber les tensions.

Cette opération menée par la CIA avait réinstallé le Shah après le renversement par le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, renforçant ainsi le caractère autoritaire du régime.

Cette intervention, étant comme une manipulation étrangère visant à contrôler les ressources pétrolières iraniennes, alimente profondément le ressentiment anti-occidental au sein de la société iranienne. Déroulement de la révolution La révolution islamique s’est déroulée en plusieurs étapes clés, menant progressivement à la chute du Shah et à l'instauration du régime islamique. Amplification des manifestations populaires À partir de 1978, l'Iran est secoué par d’importantes manifestations.

Ces protestations, initialement centrées sur la répression politique et les difficultés économiques, prennent rapidement une dimension religieuse sous l'influence croissante de Khomeini, alors en exil en France.

Celui-ci diffuse largement ses discours via des cassettes audio clandestines, dénonçant violemment le Shah et ses liens avec l'Occident, contribuant ainsi à la radicalisation de l’opposition. En 1978, une étincelle met le feu aux poudres.

Un article insultant Khomeini provoque des émeutes dans la ville de Qom.

La répression est brutale.

Le cycle des manifestations s’emballe.

Le 8 septembre 1978, lors du « Vendredi noir », l’armée tire sur les manifestants à Téhéran ce qui a fait plusieurs centaines de morts.. Retour de Khomeini et effondrement du régime Le 1er février 1979, Khomeini rentre triomphalement en Iran après quatorze ans d’exil.

Son retour galvanise l'opposition, entraînant un effondrement rapide du régime.

Le 11 février 1979, l'armée déclare sa neutralité, signant la fin effective du pouvoir du Shah.

L'arrivée de Khomeini marque la victoire définitive du mouvement islamiste, après des négociations complexes avec diverses factions politiques concurrentes (monarchistes, républicains laïcs, et mouvements de gauche). Conséquences de la révolution La révolution islamique entraîne des conséquences profondes sur le plan national, régional et mondial. Témoignages : Mohsen Sazegara Mohsen Sazegara est le fondateur des gardiens de la révolution (une milice de 180 000 membres qui était dévouée au Guide suprême Ali Khamenei.).

II fut un proche de l’ayatollah Khomeini.

En rupture de ban avec ses anciens compagnons d’armes, Mohsen Sazegara a depuis fui l’Iran.

Officiellement repenti, il est devenu un critique virulent de son pays, et condamne aujourd’hui la milice qu’il a créé: “J’ai créé un monstre dressé contre le peuple iranien” “ À l’époque, en 1979, cette milice était nécessaire pour défendre le pays.

Cette force a joué un rôle important.

Cependant, je suis profondément affligé de voir qu’une organisation, qui aurait pu être celle du peuple, pour le peuple et par le peuple, est aujourd’hui devenue un monstre qui s’oppose au peuple.

Cette force, avec son commandant en chef Ali Khamenei, a non seulement trahi le peuple et la patrie, mais aussi le sang de tous ceux qui ont été martyrisés…” Mo, ancien membre du Tudeh, le parti communiste iranien.

Un parti dont le nom est aujourd’hui tabou en Iran, et dont aucune mention n’est faite lors des cérémonies de commémoration de la révolution islamique.

Créé en 1941, le Tudeh fut l’un des plus importants partis communistes du Moyen-Orient.

Doté d’une grande influence dans les milieux intellectuels et ouvriers, allié de circonstance avec les islamistes au moment de la révolution, il fut à l’origine des premières manifestations qui firent tomber le chah, avant d’être progressivement évincé par la.... »

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