La République d'Italie
Publié le 12/05/2026
Extrait du document
«
La République d'Italie telle qu’on la connaît aujourd’hui, vit le jour le 2 juin 1946.
Aujourd’hui,
le pays est dirigé par le président de la République Sergio Mattarella, chef de l'État, et la
présidente du Conseil des ministres Giorgia Meloni, chef du gouvernement.
Cette dernière
est arrivée au pouvoir en octobre 2022 suite à la victoire de son parti d’extrême droite,
Fratelli d’Italia, et d’une coalition de partis de droite et d’extrême droite aux élections
législatives.
Depuis son arrivée au pouvoir, Meloni et son gouvernement mènent de
nombreuses réformes importantes qui suscitent tout autant de critiques, certains y voyant
même le début d’une dérive vers une démocratie illibérale.
L’objectif de notre étude sera de
comprendre dans quelle mesure la politique menée par le gouvernement italien actuel remet
en cause les principes fondamentaux de la démocratie.
Pour cela, nous avons à notre disposition deux documents qui révèlent la volonté de Giorgia
Meloni de transformer le fonctionnement institutionnel italien.
Le premier document de notre dossier est un extrait d’un article du journal Le Monde écrit
par Allan Kaval : “Giorgia Meloni veut métamorphoser la démocratie italienne”, mis en ligne
le 27 juin 2024.
Il nous détaille un projet de réforme constitutionnelle proposé par le parti de
Giorgia Meloni.
Celui-ci stipule que l’élection du président du Conseil des ministres se fera
au suffrage universel direct, en même temps que les élections législatives.
Le parti ayant
remporté le titre de chef du gouvernement se verra automatiquement octroyer la majorité
absolue au Parlement avec plus de la moitié des sièges.
Ce texte, approuvé en première lecture par le Sénat, pose de nombreux problèmes d’un
point de vue démocratique.
Tout d’abord, la “prime majoritaire” pourrait permettre à un parti
minoritaire, s'il gagne les élections du chef du gouvernement, d’obtenir d’office la majorité
absolue.
Ce système efface l’intention et la représentation réelle des électeurs.
De plus,
cette majorité automatique limiterait le champ d’action du Parlement et son vote de
confiance, de par la menace de la dissolution détenue par le président du Conseil.
Les
changements de majorité en cours de législature deviendraient ainsi quasi impossibles,
comme le souhaite Meloni.
Enfin, l'équilibre des pouvoirs entre chef de l'État et chef du
gouvernement serait perturbé, ce dernier possédant une grande partie des pouvoirs en plus
d’une majorité politique et d’un soutien populaire derrière lequel il peut se cacher.
Malgré la majorité au Parlement détenue par Giorgia Meloni, plusieurs étapes doivent
encore être franchies avant que cette réforme constitutionnelle ne soit validée.
Tout d’abord,
elle doit être soumise à un vote au Sénat et au Parlement, deux fois chacun, et obtenir les ⅔
des voix pour qu’elle soit adoptée sans risque de référendum : il y a donc les partis
d’opposition comme le Parti démocrate ou le Mouvement 5 étoiles qui peuvent se dresser
contre ce texte.
On peut aussi envisager un référendum constitutionnel, une voie tout aussi
risquée pour Fratelli d’Italia à cause des nombreuses variables sociétales pouvant influencer
le choix des électeurs (médias, syndicats, associations, intellectuels...).
En 2016, le
gouvernement de Matteo Renzi s’est vu refuser sa grande réforme de la Constitution
italienne et a par la suite démissionné.
Enfin, l’ultime rempart pouvant se dresser contre
cette réforme sont la justice et la Cour constitutionnelle.
Si jamais certains éléments du texte
promu par le parti de Giorgia Meloni remettent en cause “les principes suprêmes et
inaltérables” de la Constitution de 1948, il se verra censuré.
Le second document est un extrait d’un article du journal L’Express publié le 21 octobre
2024 et intitulé “Migrants : Comment Meloni contourne la justice pour sauver son accord
avec l’Albanie ?” On y apprend que fin 2023, le gouvernement italien signe un accord avec
l’Albanie afin de faire face à l’important flux migratoire provenant d’Afrique du Nord mais
aussi d’Asie.
La marine italienne s’occuperait de secourir les migrants dans les eaux
internationales pour ensuite les emmener dans des centres en Albanie afin d’y traiter leur
demande d’asile, un processus long de 5 ans.
L'objectif est de limiter le flux migratoire en
Italie et de garder les migrants loin du territoire.
La justice, plus précisément le tribunal de
Rome, s’y est d’abord opposée et a révoqué l’envoi de migrants....
»
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