Databac

Julien Green, Léviathan

Publié le 02/07/2020

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Julien Green, Léviathan. Ce document contient 2223 mots soit 4 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Littérature.

« M. et Mme Grosgeorge, un couple de bourgeois aisés, passent une soirée d'hiver dans leur salon. Au bout d'un assez long moment Mme Grosgeorge plia son journal et se mit à regarder les bûches qui se consumaient. Lorsque la dernière tomberait en morceaux, elle et son mari quitteraient le salon pour gagner leurs chambres. C'était le signal qu'ils attendaient l'un et l'autre; ainsi s'achevaient leurs soirées d'hivèr. Et, tout en considérent les flammes, elle s'abandonnait à mille réflexions. Dans cet intérieur à la fois comique et sinistre, où tout proclamait la petitesse d'une existence bourgeoise, le feu semblait un être pur et fort que l'on tenait en respect, comme une bête cernée au fond de sa tanière, avec des chenets, des pincettes et des tisonniers, instruments ridicules. Toujours prêt à se jeter hors de sa prison, à dévorer le tapis, les meubles, la maison détestée, il fallait le surveiller sans cesse, ne pas le laisser seul dans la pièce, refouler les tronçons brûlants qu'il envoyait quelquefois sur le marbre, parer ses étincelles meurtrières. Elle était comme ce feu furieux et impuissant au fond de l'âtre, agonisant devant des choses sans beauté et des lâches vigilants qu'il ne pourrait jamais atteindre. Brusquement M. Grosgeorge sortit de son demi-sommeil. — Hein 7 Quoi ? fit-il. Tu as dit quelque chose? — Non. Tu as dû rêver, dit-elle d'une voix sèche où perçait le mépris. Et elle ajouta :« Je vais monter dans un instant. » — Ah? Moi aussi. Je dors déjà. Donne-moi la pelle que je recouvre les bûches. Il prit la pelle de cuivre que sa femme lui tendait en silence et ramassant de la cendre la fit tomber d'une manière égale sur les flammes qui s'éteignirent. ...»

« 1 / 2 M.

et Mme Grosgeorge, un couple de bourgeois aisés, passent une soirée d'hiver dans leur salon.

Au bout d'un assez long moment Mme Grosgeorge plia son journal et se mit à regarder les bûches qui se consumaient.

Lorsque la dernière tombe­ rait en morceaux, elle et son mari quitteraient le salon pour gagner leurs chambres.

C'était le signal qu'ils attendaient l'un et l'autre; ainsi s'ache­ vaient leurs soirées d'hivèr.

Et, tout en consi dérent les flammes, elle s'abandonnait à mille réflexions.

Dans cet intérieur à la fois comique et sinistre, où tout proclamait la petitesse d'une existence bourgeoise, le feu semblait un être pur et fort que l'on tenait en respect, comme une bête cer­ née au fond de sa tanière, avec des chenets 1 , des pincettes et des tison­ niers, instrum ents ridicules.

Toujours prêt à se jeter hors de sa prison, à dévorer le tapis, les meubles, la maison détestée, il fallait le surveiller sans cesse, ne pas le laisser seul dans la pièce, refouler les tronçons brûlants qu'il envo�1AV quelquefois sur-le marbre, parer ses étincelles meurtrières.

Elle était comme ce feu furieux et impuissant au fond de l'âtre, agonisant devant des choses sans beauté et des lâches vigilants qu'il ne pourrait jamais atteindre.

Brusquement M.

Grosgeorge sortit de son demi-sommeil.

Hein 7 Quoi 7 fit-il.

Tu as dit quelque chose? Non.

Tu as dû rêver, dit-elle d'une voix sèche où perçait le mépris.

Et elle ajouta :« Je vais monter dans un instant.

» Ah? Moi aussi.

Je dors déjà.

Donne-moi la pelle que je recouvre les bûch es.

1 .'.Chenets : pièces de ·1a cheminée sur lesquelles on dispose les bûches. 2 / 2. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles