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« Il faudrait avoir le courage de jeter par dessus-bord cette sorte d'espoir qui n'est qu'ajournement, faux-fuyant en face du présent sous toutes ses formes, cette insidieuse attente des heures de loisirs et du week-end, pendant toute une vie, cet espoir de la prochaine fois, de l'au-delà. » Max Frish

Publié le 02/12/2021

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : « Il faudrait avoir le courage de jeter par dessus-bord cette sorte d'espoir qui n'est qu'ajournement, faux-fuyant en face du présent sous toutes ses formes, cette insidieuse attente des heures de loisirs et du week-end, pendant toute une vie, cet espoir de la prochaine fois, de l'au-delà. » Max Frish. Ce document contient 1 mots soit pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format PDF sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en: Echange.


 

Selon Max Frish, l’homme est continuellement dans l’attente d’une réjouissance future. Il fuit ses propres réalités pour vivre son présent plus facilement. Il fuit tellement qu’il en perd sa réelle notion. Pour lui, l’homme devrait avoir le courage de dépasser cette attente pour pouvoir jouir de l’instant présent. Il est vrai qu’il est dommage de n’en pas  profiter mais peut-on dire que l’on apprécierait mieux en se basant sur notre présent ou sur notre futur ? Est ce que vivre à travers ses espoirs apporte moins que vivre en jouissant du présent ? Est ce que l’espoir n’existe justement pas pour pouvoir apporter à l’homme une certaine assurance ?

 

Dans le passé, l’homme a dû accomplir des devoirs lui permettant d’acquérir ses besoins essentiels pour survivre. Aujourd’hui, l’humain doit toujours les réaliser mais il peut aussi se procurer des moments de loisirs. Ces moments deviennent alors un but à part-entière, desquels il en découle du bien-être. Sachant cela, il lui sera plus difficile d’accepter ses contraintes présentes. Un employé de bureau qui n’a pas de réels plaisirs dans son travail, se divertira l’esprit en pensant aux vacances ou week-end qu’il passera prochainement.  Il n’ apprécie pas spécialement son instant présent mais cet espoir de l’avenir lui apporte quand même une certaine satisfaction. Pourrait-il faire vraiment autrement ? Bien sûr, cet homme pourrait adopter une vision plus philosophique et positive de la vie, dans le sens où chacun ferait l’effort d’apporter un petit peu de légéreté et de sourire à travers chaque instant présent…

 

Dans un contexte plus grave, l’espoir permet aux hommes traversant des souffrances abominables de survivre. Un juif dans le contexte de l’Holocauste vivant dans un camp de concentration, a une maigre chance de s’en sortir vivant, mais ce maigre espoir va lui permettre de traverser son présent avec un peu plus d’indulgence, cet espoir va peut-être le sauver…

 

Mais dans un contexte un peu plus vivable, il est vrai que les hommes adoptant la philosophie de profiter de l’instant présent, s’exposeront moins aux risques de déceptions que les personnes prévoyantes, puisqu’ils ne placent pas leur bonheur dans le futur. Un jeune couple qui établit une relation de liberté et de lâcher-prise, refusant de tout prévoir, souffrira beaucoup moins lors de leur séparation qu’un couple ayant vécu une relation plus fusionnelle, et qui a placé beaucoup d’espoir dans leur amour. Mais évidemment, si quelqu’un adopte cette attitude dans son extrême, celui-ci sera logiquement plus individualiste et égocentrique que la plupart des gens, puisqu’il partirait du principe qu’il ne devrait pas (trop) s’attacher aux autres, de peur de créer d’éventuelles dépendances et ainsi devoir projeter une construction amicale ou autres dans le futur, qui pourrait amener certaines contraintes. Malheureusement, les connaissances qui entoureraient cette personne pourraient souffrir de cette fuite d’attachement…

 

Mais la fuite totale du présent peut être un jeu très malsain et conduire à une attitude de renfermement sur soi, et pourrait même provoquer la naissance de pathologies psychiques. On peut croire, comme le disent certains psychologes, que les personnes qui ont tendance à fuir leurs propres réalités sont de nature dépressive. Evidemment, bon nombre d’individus ont ce genre de réflexe et il est important de les mesurer. Mais une personne, dont son présent ne serait pas assez satisfaisant aurait vite tendance à vouloir créer un appui ou « inconsciemment « une dépendance dans laquelle il nourrirait son manque de divertissements et de plaisirs, comme la télévision, les jeux vidéos, les jeux de fortune,…ces petits jeux pourraient malheureusement vite lui coûter cher, dans tous les sens du therme. Aussi, il est inutile de dire que l’homme adoptant cette attitude passe à côté de beaucoup de choses dans sa vie.

 

On peut dire que la réflexion de vivre l’instant présent est très complexe. D’un côté, il est vrai que vivre légèrement et de façon insouciante est beaucoup plus facile à vivre, mais malheureusement la vie est toujours pleine d’obligations et de devoirs auxquels l’homme d’aujourd’hui n’a pas encore les moyens de renoncer.  A l’heure actuelle, on considère encore que les moments de loisirs doivent se payer cher et qu’on doit travailler à la sueur de notre front pour pouvoir les obtenir. Ainsi, je pense que si l’homme a tant d’espoir à travers ses moments de bien-être, c’est qu’il a naturellement besoin de moments de liberté, de décompression et d’autonomie, et qu’il est dans l’espoir de construire une société évoluant dans un sens où les moments de loisirs ne seront plus un luxe mais un droit.

 

                                                       Mariana Nanzer

   MPAI3B

 

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