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Guatemala

Publié le 02/12/2021

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1PRÉSENTATION

Guatemala, en espagnol Guatemala, pays d’Amérique centrale. Sa capitale est Guatemala.

Le Guatemala est limité à l’ouest et au nord par le Mexique, à l’est par le Belize et la mer des Caraïbes (golfe du Honduras), au sud-est par le Honduras et le Salvador, et au sud par l’océan Pacifique.

2MILIEU NATUREL
2.1Relief et hydrographie

Le Guatemala a une superficie totale de 108 889 km². Le territoire est traversé d’est en ouest par la Sierra Madre, chaîne montagneuse d’origine volcanique, dont le point culminant est le volcan Tajumulco (4 220 m). De ce fait, le pays présente un relief contrasté : les terres hautes du Centre s’opposent aux plaines côtières du versant Pacifique, ainsi qu’aux terres chaudes du Petén. Celui-ci est une vaste table calcaire granitique et schisteuse, située dans le prolongement du Yucatán. Recouvrant le tiers nord du pays, c’est une région de forêt tropicale très dense. La plupart des volcans du pays sont éteints, mais les tremblements de terre sont fréquents à proximité de la ceinture volcanique (plus de 20 000 victimes en 1976).

Les fleuves les plus importants du Guatemala sont le Motagua, l’Usumacinta, qui constitue une partie de la frontière avec le Mexique, le Chixoy et le Sarstún, formant, lui, une partie de la frontière avec le Belize. Les deux principaux lacs sont le lac d’Izabal, qui communique avec la mer des Caraïbes, et le grand lac Petén Itzá (98 km²), au centre de la région de Petén.

2.2Climat

Le climat du Guatemala présente des températures qui varient considérablement avec l’altitude. Au-dessus de 1 000 m, les jours sont tempérés et les nuits fraîches. La température moyenne annuelle va de 12 °C à 23 °C. Le climat des plaines côtières est plus tropical avec une température moyenne annuelle de 16 °C à 28 °C. La saison humide s’étale de mai à octobre. Dans le Nord, les pluies moyennes annuelles varient entre 1 525 et 2 540 mm. Guatemala, quant à elle, reçoit environ 1 600 mm de précipitations par an.

2.3Végétation et faune

La plupart des plantes typiques des zones tropicales se trouvent dans les terres basses du Guatemala. Dans les régions montagneuses, les forêts de chênes prédominent sur les versants les plus bas, cédant la place aux forêts de conifères au-dessus de 2 000 m d’altitude. Les orchidées et beaucoup d’autres variétés de fleurs poussent un peu partout dans le pays.

La faune comprend notamment des cerfs, des singes et des pécaris, surtout dans les terres basses. D’autres animaux sauvages (jaguar, tapir, puma) vivent en petit nombre, et des crocodiles peuplent quelques cours d’eau. Les oiseaux sont extrêmement nombreux. Le quetzal au plumage somptueux est l’oiseau symbole du Guatemala.

2.4Ressources naturelles

Le sol, généralement très fertile, est la principale ressource du Guatemala, pays essentiellement agricole. Néanmoins, on trouve des nappes de pétrole (exploitées depuis 1975) au Petén, ainsi que du nickel, du plomb, du zinc, du cuivre, de l’antimoine et du tungstène. Il existe enfin de petits gisements d’uranium et de mercure. La forêt, très dense, fournit du bois de valeur destiné à l’exportation et des produits consommés localement.

3POPULATION ET SOCIÉTÉ
3.1Caractéristiques démographiques

Le Guatemala est le pays le plus peuplé d’Amérique centrale, avec une population estimée, en 2008, à 13 millions d'habitants, soit une densité de 120 habitants au km2. La majorité des habitants est concentrée sur les hautes terres de l’Ouest et du Centre, les terres du Nord étant, elles, très peu peuplées. Environ 53 % de la population vit dans des zones rurales. Le taux de fécondité est élevé, avec 3,59 enfants par femme.

La société guatémaltèque est, depuis la conquête espagnole, divisée en deux groupes : d’une part, les ladinos, métis et descendants d’Espagnols, essentiellement urbains, constituant 59,4 % de la population du Guatemala (recensement de 2001) ; d’autre part, les Indiens (indigenas) d’origine maya, d’une extrême pauvreté, qui vivent principalement dans les hautes terres peu fertiles. Les inégalités sont criantes entre les deux communautés et une minorité de ladinos monopolise l’essentiel du pouvoir politique et économique. Le Guatemala occupe la dernière place parmi les pays d’Amérique central en matière de développement humain.

3.2Divisions administratives et villes principales

Le Guatemala est divisé en 22 départements, Alta Verapaz, Baja Verapaz, Chimaltenango, Chiquimula, El Progreso, Escuintla, Guatemala, Huehuetenango, Izabal, Jalapa, Jutiapa, Petén, Quetzaltenango, Quiché, Retalhuleu, Sacatepéquez, San Marcos, Santa Rosa, Sololá, Suchitepéquez, Totonicapán et Zacapa. La plus grande ville du pays est la capitale, Guatemala, et sa population (les Guatémaliens) atteignait 942 348 habitants en 2002.

Les autres villes les plus importantes sont : Quezaltenango (127 569 habitants), centre commercial et industriel, Puerto Barrios (81 078 habitants), principal port de la mer des Antilles, Mazatenango et Antigua.

3.3Langues et religions

La langue officielle est l’espagnol, mais l’on recense une vingtaine de langues indiennes (quiché, cakchiquel, gaifuna, etc.) largement utilisées. La moitié de la population est catholique tandis que les évangéliques constituent 40 % de la population. La montée du protestantisme s’est faite à partir des années 1950, avec l’appui notamment des États-Unis. Plus de 10 000 sectes protestantes, dont la plus importante d’entre elles, l’Église chrétienne du Verbe, recrutent largement dans les communautés indiennes, où les rituels mayas sont toutefois encore vivaces.

3.4Éducation

Le Guatemala a un taux d’alphabétisation de 71,9 % (2005) . L’enseignement y est, en principe, gratuit, mais le manque d’écoles publiques a donné naissance à de nombreuses écoles privées. L’enseignement primaire est obligatoire. L’université de San Carlos, implantée dès 1676 à Guatemala, est le principal centre d’enseignement supérieur. Une université privée, l’université Rafael Landívar s’est également établie dans la capitale en 1961. Le pays possède trois autres universités et des écoles de musique et d’art.

4INSTITUTIONS ET VIE POLITIQUE
4.1Organisation des pouvoirs

Le Guatemala est une république présidentielle régie par la Constitution de 1985. Marquant le retour des civils au pouvoir, elle est appliquée depuis 1986. Jusqu’au coup d’État militaire de 1982, le pays était régi par une Constitution en vigueur depuis 1966.

Le pouvoir exécutif est détenu par le président de la République élu au suffrage universel pour quatre ans. Non rééligible, il a la responsabilité du gouvernement (nomination et révocation des ministres et de certains fonctionnaires) et du commandement des forces armées. Le vice-président est élu en même temps que le président.

Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès de la République (unicaméral) dont les 158 membres sont élus pour quatre ans.

Les plus hautes cours de justice du pays sont la Cour suprême, qui nomme les juges de la Cour d’appel, du tribunal administratif et des tribunaux de première instance et la Cour constitutionnelle.

4.2Partis politiques

Les partis politiques ont été interdits après le coup d’État militaire de 1982, puis de nouveau légalisés en 1985. Les principaux partis sont l’Union nationale de l’espoir (UNE, centre droit), la Grande alliance nationale (Gana, droite), qui réunit plusieurs petits partis réformistes, le Parti patriote (PP, extrême droite), le Front républicain guatémaltèque (FRG, autoritaire), parti de l’ancien dictateur Efrain Rios Montt, et le Parti unioniste (PU). De nombreuses autres formations politiques existent telles que le Parti d’avancée nationale (PAN, conservateur) et l’Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque (UNRG), principale organisation de la guérilla.

4.3Défense nationale

Le service militaire, d’une durée de trente mois, est obligatoire. En 2004, le pays comptait une armée de terre de 27 000 hommes, une armée de l’air de 700 hommes et une marine de 1 500 hommes.

5ÉCONOMIE

L’économie du Guatemala pâtit de faiblesses structurelles, fondées sur une agriculture et une industrie à faible valeur ajoutée, ainsi que sur une criminalité qui entrave son développement. Le pays exporte principalement du café et des bananes, tandis que les transferts de fonds (les remesas) des travailleurs émigrés, essentiellement aux États-Unis, constituent une part non négligeable du PIB (10 % au milieu des années 2000). Malgré de bons résultats économiques à la fin des années 2000, le Guatemala continue de souffrir d’une pauvreté endémique qui touche la moitié de la population. En 2006, le produit intérieur brut (PIB) du Guatemala s’élevait à 35 milliards de dollars, soit 2 711,40 dollars par habitant.

5.1Agriculture

L’agriculture emploie 38,7 % de la population active et constitue 22,2 % du PIB (2006). Elle est duale, juxtaposant deux modes de production. Le café, la canne à sucre et la banane, produits dans de grandes exploitations de la côte Pacifique, sont destinés à l’exportation. À ces grandes exploitations, appelées latifundia s’opposent les petites propriétés qui se consacrent aux cultures vivrières peu productives (maïs, haricots, riz, blé) et à l’élevage.

La sylviculture est un important secteur de l’économie, les forêts du Guatemala produisant du bois d’ébénisterie, du baume, du chiclé (utilisé dans la fabrication du chewing-gum) et des huiles.

5.2Mines et industrie

Le secteur secondaire emploie 20 % de la population active et représente 19,1 % du PIB (2006). La production minière reste faible malgré l’exploitation de divers minerais (nickel, autour du lac Izabal, cuivre, antimoine, tungstène, plomb et zinc). L’extraction du pétrole a débuté en 1975 dans le nord du pays. L’industrie, qui emploie surtout des entreprises de taille moyenne, compte pour principaux secteurs d’activité l’agroalimentaire, le textile, le cuir et les peaux, la pharmacie et la chimie, le raffinage pétrolier et les appareils électriques. Concentrée sur les hautes terres, elle s’est fortement développée depuis les années 1960, mais souffre de l’instabilité politique. Les centrales thermiques produisent la moitié de l’électricité du pays.

5.3Échanges

L’unité monétaire du Guatemala est le quetzal, divisé en 100 centavos. Le commerce extérieur du pays a été stimulé après 1960 par la création du marché commun centre-américain (MCCA), dont le siège se trouve à Guatemala. En 2003, les importations représentaient 6,72 milliards de dollars et les exportations s’élevaient à 2,63 milliards de dollars. Les États-Unis sont de loin le premier partenaire commercial du Guatemala, devant les pays voisins d’Amérique centrale, le Salvador, le Honduras et le Mexique. Le Guatemala importe du pétrole brut, des produits agroalimentaires, du matériel de transport, des machines-outils et des matériaux de construction. Les exportations les plus importantes sont dominées par le café, la banane, le sucre, la viande, les produits pharmaceutiques et le textile.

Le relief rend les communications difficiles et, à l’exception de la route panaméricaine, le réseau routier est mal entretenu. Le pays est traversé d’ouest en est par une voie ferrée reliant les deux océans. Les principaux ports sont Puerto Barrios, San José, Santo Tomás de Castilla et Champerico. La compagnie aérienne guatémaltèque, Aviateca, dessert le réseau national et international.

6HISTOIRE
6.1L’époque maya

Les basses terres du Petén, dans le nord du pays, sont le foyer de la civilisation maya classique, dont l’apogée se situe entre le viie et le ixe siècle apr. J.-C. Les Mayas sont à l’origine de la diffusion de l’art, de l’architecture, de la céramique et de l’écriture guatémaltèques, et le site de Tikal abrite encore les ruines de 3 000 structures dont des temples pyramidaux, des places et de nombreux monuments. Entre 1250 et 1520 s’organisent les premiers États (Quiché, Cakchiquel), dont les guerres perpétuelles vont faciliter la colonisation espagnole.

6.2Colonisation et indépendance

C’est un lieutenant d’Hernán Cortés, Pedro de Alvarado, qui conquiert le pays, en 1524. Santiago de Guatemala, la première capitale, est fondée en 1527. En 1542, le pays forme la capitainerie générale du Guatemala, sous la dépendance du vice-roi du Mexique.

Le pays proclame son indépendance le 15 septembre 1821, pour être immédiatement intégré à l’empire mexicain d’Iturbide. Il regagne son autonomie en 1823 puis forme les Provinces-Unies d’Amérique centrale, constituées des actuels Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua et Costa Rica. La fédération se disloque en 1839 après une révolte menée par le Guatémaltèque Rafael Carrera, proclamé président à vie en 1854.

6.3Les premières dictatures

À la fin du xixe siècle, sous la présidence de Justo Rufino Barrios, le pays entre dans une phase d’expansion économique (développement de la culture du caféier et des infrastructures) qui s’accompagne d’une ouverture aux intérêts étrangers, poursuivie sous la présidence de Manuel Estrada Cabrera, le Monsieur le Président de Miguel Ángel Asturias. C’est à cette époque que l’entreprise américaine United Fruit Company constitue, sur la côte Pacifique, un véritable empire bananier qui en fait rapidement la première puissance économique du pays. La politique du général Jorge Ubico, président à partir de 1931 et fervent partisan de l’oligarchie foncière, se montre si répressive que celui-ci est renversé en 1944. Un civil, Juan José Arévalo, est élu président la même année. Il parvient à achever son mandat malgré vingt tentatives de putsch et, en 1948, un contentieux avec la Grande-Bretagne sur la frontière du Honduras-Britannique, futur Belize.

6.4L’interventionnisme nord-américain

Le colonel Jacobo Arbenz Gúzman, élu en 1951, poursuit la politique progressiste de son prédécesseur, en particulier une réforme agraire qui lèse un grand nombre d’intérêts nord-américains (une partie des terres incultes de l’United Fruit doit revenir à l’État). Bientôt les États-Unis accusent Gúzman de sympathies communistes, et son gouvernement est renversé en 1954 par une armée d’exilés politiques dirigée par le colonel Carlos Castillo Armas et appuyée par la CIA. Ce dernier est nommé, puis élu à la tête de l’État, la même année. Après son assassinat, en 1957, le général Ydígora Fuentes lui succède.

6.5Guérilla et coups d’État militaires

Au cours des années 1960, le pays entre dans une période de troubles politiques de plus en plus violents. La guérilla rurale pro-révolutionnaire (IAR, fondé par César Montés, et Mouvement du 13 novembre, fondé par Luis Turcio Lima et Yon Sosa, deux jeunes officiers formés à Panamá par les Américains) fait face à un pouvoir répressif détenu de fait par les militaires, et à des milices d’extrême-droite (Nouvelle Organisation anticommuniste, Main blanche) soutenues par l’armée.

Les assassinats politiques ponctuent les mandats du général Carlos Araña Osorio, élu président en 1970, puis, après 1974, du général Kjell Laugerud García. À la même époque, le pays est victime d’un cyclone dévastateur (1974) et d’un violent tremblement de terre (1976) qui laissent un million de Guatémaltèques sans abri. Une violence accrue marque la présidence du général Romeo Lucas García (1978-1982). La guerre civile a alors déjà fait des dizaines de milliers de victimes.

La victoire des sandinistes en 1979 au Nicaragua exacerbe la guérilla, et la répression s’accroît, touchant les Indiens et divers groupes d’opposants (syndicalistes, universitaires, journalistes, etc.). En janvier 1980, trente-neuf Indiens meurent dans l’incendie de l’ambassade d’Espagne, qu’ils occupaient pour réclamer une enquête sur les crimes commis contre leur communauté. Les « disparitions « deviennent une constante du terrorisme d’État. Face à cette situation, la population indienne réagit en rejoignant massivement la guérilla, ce qui n’avait pas été le cas dans les années 1960. Le 23 mars 1982, deux semaines après l’élection du général Aníbal Guevara à la présidence, un coup d’État militaire installe au pouvoir une junte de trois hommes dirigée par le général Efraín Ríos Montt. Dès juin, celui-ci assume seul la présidence. Les guérilleros ayant refusé son offre d’amnistie, les activités antiguérilla s’étendent dans la campagne, conduisant à des assassinats massifs d’indigènes et de paysans. Efraín Ríos Montt est renversé le 8 août 1983 par le général Oscar Mejía Victores.

6.6Le Guatemala depuis le retour des civils au pouvoir (1985)
6.6.1La restauration des institutions démocratiques

L’Assemblée constituante élue en 1984 élabore une nouvelle Constitution adoptée en 1985. L’élection présidentielle de décembre 1985 est remportée par le démocrate-chrétien Vinicio Cerezo Arévalo, neveu de l’ancien président José Arévalo, et premier président civil depuis vingt-trois ans. Celui-ci rétablit la liberté d’expression mais, le pouvoir de l’institution militaire et des milieux d’affaires se révélant inattaquable, il ne peut mettre fin à la guerre civile, au trafic de drogue, ni aux abus généralisés contre les droits de l’homme. Le pays connaît une nouvelle montée de violence et d’insécurité en 1986 et 1987 (séquestrations, assassinats) et les troubles sont à leur paroxysme lorsqu’en février 1991 est élu à la présidence du pays Jorge Serrano Elías, homme d’affaires de droite et protestant évangéliste. Celui-ci forme un gouvernement national et exhorte à la paix civile. Cependant, en mai 1993, sa décision de dissoudre le Parlement et la Cour suprême rencontre une vive opposition de la part de la classe politique et de l’armée, et Jorge Serrano Elías doit démissionner. Son successeur, Ramiro de León Carpío, désigné par l’Assemblée pour achever le mandat présidentiel, reprend en 1994 les négociations avec la guérilla, cette fois sous la direction des Nations unies.

En 1992, le prix Nobel de la paix est symboliquement décerné à Rigoberta Menchú, une jeune Indienne maya exilée au Mexique pour échapper à la persécution. Désormais porte-parole de la cause des Indiens, elle retourne alors vivre au Guatemala.

6.6.2La signature de l’accord de paix de 1996

En janvier 1996, le conservateur Alvaro Arzu est élu à la présidence du pays. Il purge le haut commandement de l’armée des officiers impliqués dans les exactions commises contre la population civile et parvient à signer le 29 décembre 1996 un accord de paix avec la guérilla de l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (UNRG). Mettant fin à trente-six ans d’une guerre civile qui a fait 200 000 morts et 40 000 disparus, et a contraint plus de 100 000 personnes à quitter le pays, cet accord prévoit la démobilisation des forces rebelles, la réduction des effectifs de l’armée et la reconnaissance des droits économiques, politiques et culturels de la majorité indienne.

La mise en œuvre des accords de paix est difficile, notamment en matière de désarmement des combattants. Si le Congrès approuve, en octobre 1998, des réformes constitutionnelles visant à réduire le pouvoir des militaires et à supprimer la discrimination à l’encontre de la majorité indigène, celles-ci sont rejetées à une très faible majorité (50,68 %) lors d’un référendum tenu en mai 1999. Lors des élections générales de 1999, le Front républicain guatémaltèque (FRG), parti de l’ancien dictateur Efrain Rios Montt, remporte la victoire tandis que Alfonso Portillo, soutenu également par le FRG, est élu à la présidence de la République. Sa popularité chute rapidement face à la persistance des difficultés économiques.

L’élection présidentielle de 2003 voit la victoire d’Oscar Berger, ancien maire conservateur de la capitale (1991-1998) de 57 ans. Le nouveau président prend ses fonctions en janvier 2004 sans disposer de majorité au Parlement. Se déclarant le « président de tous «, il doit faire face au défi de l’application des accords de paix de 1996, encore très partielle. Dans cette optique, le prix Nobel de la paix Rigoberta Menchú accepte de collaborer avec le gouvernement en tant qu’« ambassadrice de bonne volonté des accords de paix «.

6.6.3L’alternance politique sur fond de violence

À la guerre civile a succédé une explosion de la criminalité. Les groupes paramilitaires, qui n’ont pas été démantelés, se sont en effet reconvertis dans le trafic de drogue et le crime organisé, le Guatemala se situant notamment sur la route de la cocaïne entre l’Amérique du sud et les États-Unis. De très nombreux gangs juvéniles (maras) se distinguent également par leur violence, si bien que le Guatemala présente un taux d’homicides parmi les plus élevés au monde. Cette violence omniprésente entrave le développement économique et mine les processus démocratiques. En 2007, la campagne électorale, marquée par de nombreux assassinats, est la plus violente depuis le retour de la démocratie dans le pays. Le scrutin marque toutefois l’alternance politique, le social-démocrate Alvaro Colom, candidat pour la troisième fois, étant élu à la présidence de la République. Pour la première fois depuis le coup d’État de 1954, la gauche revient au pouvoir, toutes les élections depuis le retour des civils aux affaires ayant été remportées par des candidats conservateurs ou de centre-droite.

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