grand oral ses De quelle manière développer votre compétitivité, c'est-à-dire votre capacité à vendre vos produits sur les marchés étrangers mieux que vos concurrents ?
Publié le 23/06/2026
Extrait du document
«
GRAND ORAL SES :
Imaginez-vous à la tête d'un État, qui compte sur vous pour son développement à
l'international.
Imaginez-vous responsable de toute une population entière.
Comment
agir efficacement pour que votre pays soit le plus compétitif sur la scène internationale
? Comment vous imposer face aux plus grands, tels que les États-Unis ou encore la
Chine ? De quelle manière développer votre compétitivité, c'est-à-dire votre capacité à
vendre vos produits sur les marchés étrangers mieux que vos concurrents ?
Après mûre réflexion, vous décidez de ne pas miser uniquement sur la compétitivitéprix, c'est-à-dire la baisse des coûts de production pour exporter moins cher que vos
concurrents.
Vous choisissez plutôt de miser sur la compétitivité hors-prix : vous
différencier par la qualité, l'image de marque et la rareté de vos produits, et le désir des
consommateurs, soit dans les produits de luxe.
C'est précisément la stratégie qu'a
adoptée la France dans le secteur du luxe et de la mode un secteur qui représente
aujourd'hui 364 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024, confirmant la puissance
commerciale de cette spécialisation.
Nous nous demanderons donc comment la France a développé une compétitivité horsprix dans le luxe et la mode pour s'imposer sur les marchés internationaux.
I.
Du savoir-faire artisanal à une véritable industrie du luxe et de la mode
A.
Un héritage historique et culturel fondateur.
Tout d’abord, replongeons-nous sous l’Ancien Régime, à l’époque de Louis XIV.
Grand
amateur de luxe, il impose la mode du costume trois pièces et souhaite faire de la
France une référence en matière d’élégance.
Refusant de dépendre des importations
italiennes, il charge son ministre Colbert de développer une production nationale.
Colbert met alors en place des manufactures royales, comme celle de Saint-Gobain
pour les miroirs.
L’objectif est de reproduire les savoir-faire étrangers (verre de Venise,
porcelaine de Chine) afin de produire en France des biens de luxe, puis de les exporter.
Cela marque le début d’une spécialisation française dans le luxe.
Cependant, à cette époque, la production reste artisanale.
Les vêtements de
l’aristocratie sont réalisés sur mesure par des artisans spécialisés, répartis dans
différentes villes, comme la soie à Lyon ou la dentelle.
Il n’existe pas encore de grandes
maisons de luxe.
Ce modèle évolue au XIXe siècle, notamment sous Louis-Philippe.
Avec la montée de la
bourgeoisie, la demande en produits de luxe explose.
Les artisans ne travaillent plus
uniquement sur commande : ils commencent à créer leurs propres modèles
standardisés.
C’est ainsi que naissent les premières maisons de luxe, comme Hermès,
Cartier ou Louis Vuitton.
Pour les vêtements, un tournant majeur a lieu avec Charles Frederick Worth, qui fonde à
Paris la première maison de haute couture.
Il introduit les défilés de mode et le
mannequin vivant, posant les bases de la mode moderne.
B.
L’institutionnalisation du prestige : la haute couture comme label
Au XIXe siècle, avec le développement du luxe, la France ne se contente plus de
produire de beaux vêtements : elle cherche aussi à encadrer et à protéger ce secteur.
C’est dans ce contexte que la haute couture devient un label officiel, reconnu et très
contrôlé.
Depuis le décret de 1945, puis avec l’action de la Chambre syndicale de la haute
couture, ce titre est réservé à un nombre très limité de maisons.
Pour l’obtenir, il faut
respecter des critères précis : présenter un certain nombre de créations, disposer
d’ateliers à Paris, et employer des artisans qualifiés.
Cela fait de la haute couture une
forme de marque de distinction, presque une appellation d’élite.
On peut donc dire que la haute couture est à la fois un savoir-faire artisanal et un outil
de prestige.
Elle donne à Paris une place centrale dans la mode mondiale, car elle
associe tradition, excellence et innovation.
Elle crée aussi une barrière à l’entrée pour
les concurrents étrangers, ce qui renforce la domination française dans le luxe.
C.
Les fusions-acquisitions et la concentration du secteur.
À partir de la fin du XXe siècle, le luxe français entre dans une nouvelle phase avec la
montée des grands groupes naissant de fusions acquisitions.
Les plus emblématiques
sont Kering (1962) et LVMH, fondé en 1987 à la suite de la fusion entre Moët
Hennessy et Louis Vuitton.
Cette fusion marque le début d’une logique de concentration
du secteur.
L’idée est simple : racheter plusieurs maisons pour les réunir dans un même groupe,
afin de mutualiser les moyens, de renforcer la puissance économique et de limiter la
concurrence.
C’est exactement la stratégie de Bernard Arnault, qui veut faire de LVMH
un leader mondial du luxe.
Le groupe a ensuite acquis de nombreuses marques prestigieuses, comme Givenchy en
1988, Guerlain en 1994, ou encore Christian Dior dans le domaine de la couture et du
parfum.
Aujourd’hui, LVMH rassemble plus de 70 maisons françaises et fonctionne
dans cinq grands secteurs : vins et spiritueux, mode et maroquinerie, parfums et
cosmétiques, montres et joaillerie, et distribution sélective.
Cela permet ainsi de pouvoir être leader du marché du luxe, la France commence donc
peu à peu à....
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