Databac

Expliquer et discuter cette opinion de Pierre Loti en s'appuyant sur des exemples précis : « Les vrais poètes, dans le sens le plus libre et le plus général du mot, naissent avec deux ou trois chansons qu'il leur faut à tout prix chanter, mais qui sont toujours les mêmes : qu'importe, du reste, s'ils les chantent chaque fois avec tout leur coeur!... » (Baccalauréat.)

Publié le 20/12/2021

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Expliquer et discuter cette opinion de Pierre Loti en s'appuyant sur des exemples précis : « Les vrais poètes, dans le sens le plus libre et le plus général du mot, naissent avec deux ou trois chansons qu'il leur faut à tout prix chanter, mais qui sont toujours les mêmes : qu'importe, du reste, s'ils les chantent chaque fois avec tout leur coeur!... » (Baccalauréat.). Ce document contient 1394 mots soit 3 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format PDF sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en: Français / Littérature.


« Expliquer et discuter cette opinion de Pierre Loti en s'appuyant sur des exemples précis : « Les vrais poètes, dans le sens le plus libre et le plus général du mot, naissent avec deux ou trois chansons qu'il leur faut à tout prix chanter, mais qui sont toujours les mêmes : qu'importe, du reste, s'ils les chantent chaque fois avec tout leur coeur!...

» (Baccalauréat.) REMARQUES POUR UN PLAN 1.

Le texte de Loti est difficile à orienter parce que, tout en étant extrêmement naïf, il touche un des problèmes essentiels de la poésie.

Il faut donc, pour l'appréhender correctement, éliminer les naïvetés qui sont dues à une certaine maladresse de l'auteur dans le maniement de la langue critique et théorique et aussi à un désir assez manifeste de justifier la monotonie de son art personnel. 2.

Les naïvetés du texte : • une conception enfantine de l'inspiration (les poètes naissent avec deux ou trois chansons).

Sans doute Loti reprend ici le célèbre nascuntur poetae, mais il le fait sans aucune nuance et il a l'air d'admettre comme une évidence le caractère primitif et originel de l'inspiration; • une sentimentalité poétique bien superficielle et presque « fleur bleue ».

Loti ne se demande pas si l'essence de l'émotion poétique n'est pas plus pure et plus élaborée. Selon lui, le poète « chante avec tout son coeur » : c'est là une expression presque puérile, en tout cas Un lieu commun sans profondeur.

Ainsi l'affirmation est des plus superficielles et témoigne de l'incapacité de Loti à discuter le problème de critique qu'il évoque. 3.

Le texte a un peu l'accent d'un plaidoyer pro domo : son explication par l'auteur est plus que jamais de rigueur.

On pense invinciblement à ces quelques thèmes qui traversent, obsédants et un peu monotones, les romans de Loti : les « ailleurs », la mer, l'Islam, la nostalgie du passé, la mort, un pessimisme violent et peu nuancé.

Rien de tout cela ne vaut par la profondeur de l'analyse, mais plutôt par un envoûtement dû à l'impression que donnent ces refrains, de surgir par vagues lentes et profondes de l'âme, en quelque sorte hantée, de leur auteur. 4.

C'est par ces biais que ce jugement, un peu court de pensée, un peu naïf d'expression, rejoint un des problèmes fondamentaux de la création poétique.

Éliminant les naïvetés ou l'apologie personnelle, nous irons à l'essentiel : la poésie n'est-elle pas la remontée à la surface de la conscience et la mise en chanson de quelques obsessions très profondes que le poète porte en lui ? Ce problème est tout à fait précis et n'est plus du tout une naïveté sans consistance.

En effet le poète, et surtout le poète moderne, apparaît souvent comme une sorte de doux entêté qui ramène constamment de ses profondeurs quelques obsessions toujours identiques.

Ce n'est ni un technicien du vers comme le voulaient les classiques, ni un « poète penseur » comme le demandait Vigny, ni un « écho sonore » comme le concevait V.

Hugo, ni même un rêveur, car le rêveur se laisse solliciter par mille influences étrangères; c'est un homme qui a sa nécessité interne (« deux ou trois chansons qu'il lui faut à tout prix chanter »), et qui, pour ainsi dire, éclaterait s'il ne pouvait s'épancher. 5.

Historiquement cette conception n'a guère trouvé de défenseurs et de représentants avant Baudelaire et avant le Symbolisme.

Toutefois en prenant, comme le veut Loti, le mot « poète » dans son « sens le plus libre et le plus général », on peut constater que les grands écrivains de la vie intérieure et poétique répondent assez bien à sa définition. Rousseau et Chateaubriand notamment fournissent des exemples très intéressants; leurs thèmes les plus profonds sont peu nombreux, mais ils compensent par leur intensité obsédante ce qu'ils n'ont pas en richesse numérique; ainsi chez Rousseau l'exaltation par la solitude, chez Chateaubriand le décalage entre les désirs et la réalité sont sans cesse repris, analysés, nourris d'images (la Sylphide chez Chateaubriand incarne la femme qu'il. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles