Explication linéaire: « Jour gris », Les Vrilles de la vigne
Publié le 26/04/2026
Extrait du document
«
Explication linéaire 11 / 16.
Introduction.
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- le texte qui va être étudié est extrait de « Jour gris », un texte qui appartient au recueil Les Vrilles
de la vigne.Il fait revivre Missy, à qui la narratrice s’adresse.
Les premiers mots sont en effet
« Laisse-moi.
Je suis malade et méchante, comme la mer.
».
Dans ce texte, Colette se dit malade,
une maladie qui est une faiblesse physique, mais qui semble aussi liée à la nostalgie.
Elle écrit en effet : « Je regrette, aujourd’hui, quelqu’un qui me posséda avant tous, avant toi, avant
que je fusse une femme.
J’appartiens à un pays que j’ai quitté...
»
- Ainsi commence notre extrait, sur le thème élégiaque de la nostalgie.
Colette y reprend le thème
du pays natal, à la fois géographique et temporel, un lieu et une époque.
Le passé et le présent
semblent aller et venir comme l’océan, dans sa conscience.
- lecture expressive.
- problématique : nous verrons comment Colette mêle souvenir et poésie pour exprimer la
nostalgie profonde d’un pays à la fois réel et imaginaire.
Premier mouvement : la description de la forêt.
J’appartiens à un pays que j’ai quitté.
Tu ne peux empêcher qu’à cette heure s’y épanouisse
au soleil toute une chevelure embaumée de forêts.
Rien ne peut empêcher qu’à cette heure
l’herbe profonde y noie le pied des arbres, d’un vert délicieux et apaisant dont mon âme a
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soif…
- le texte s’ouvre sur une déclaration d’appartenance, sur l’expression d’une tension entre appartenir
et quitter, qui exprime aussi une souffrance, comme si Colette était en exil.
- on trouve ensuite la répétition d’une négation totale qui exprime l’impossibilité pour Missy
notamment de ramener complètement Colette dans le présent.
+ répétition d’empêcher, qui exprime
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la force de l’attraction vers ce pays.
- suit une description poétique de la nature + sens figuré de la « soif », puisque c’est son âme qui est
assoiffée.
Il s’agit d’un désir.
Odorat et toucher présents (embaumer / noie / soif).
= dimension
sensorielle.
Les points de suspension renforce la poésie du tableau, car ils suggèrent, ouvrent le
texte sur l’implicite.
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Viens, toi qui l’ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la
fraise et la rose ! Tu jurerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs, qu’un fruit mûrit on
ne sait où, - là-bas, ici, tout près, - un fruit insaisissable qu’on aspire en ouvrant les narines.
- invitation formulée avec le verbe à l’impératif présent + répétition.
Thème du secret avec le CC de
manière « tout bas ».
Évocation du parfum, un sens que Colette affectionne particulièrement.
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Ponctuation expressive, odeurs sucrées et délicieuses (fraise, rose) qui n’est pas réaliste, mais qui
évoquent l’enfance et l’amour.
- verbe au conditionnel présent « tu jurerais ».
Nous sommes dans l’imaginaire, l’irréel du présent.
Le Cc de temps indique le printemps, sous la forme d’une périphrase poétique.
Vague des
indications de lieu, car il s’agit d’un rêve éveillé, l’odeur est partout présente à la fois, et elle
n’émane pas d’un végétal en particulier.
- le fruit n’est pas identifié, il est dit « insaisissable », et se consomme par l’odorat...l’atmosphère du
texte est onirique.
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Tu jurerais, quand l’automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu’une pomme trop
mûre vient de choir, et tu la cherches et tu la flaires ici, là-bas, tout près…
- répétition de la même formule, de la même construction de la phrase, ce qui renforce la dimension
poétique de cette prose.
- Colette invite Missy à partager sa rêverie éveillée, en lui faisant sentir les odeurs évoquées, elle
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voudrait lui faire vivre l’expérience avec elle.
Mais l’expérience appartient au domaine du rêve, de
l’insaisissable, et le langage peine à formuler les sensations, le texte laisse place à la suggestion.
Deuxième mouvement : un paradis perdu.
[…] Écoute encore, donne tes mains dans les miennes : si tu suivais, dans mon pays, un petit
chemin que je connais, jaune et bordé de digitales d’un rose brûlant, tu croirais gravir le
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sentier enchanté qui mène hors de la vie…
- scène romantique, en tout cas de partage, de complicité, répétition de l’invitation.
Topos de la
promenade, comme chez Ronsard.
Colette utilise le langage pour essayer de faire revivre ses
souvenirs, de se replonger dans une atmosphère.
- dimension picturale : adjectifs qui précisent la description « petit » « jaune », « rose brûlant ».
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atmosphère bucolique, qui mène....
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