Databac

ETUDE LINEAIRE N°8 : « LE LOUP ET LE CHIEN » ŒUVRE INTEGRALE : FABLES (1678), JEAN DE LA FONTAINE [1621-1695]

Publié le 13/04/2026

Extrait du document

« ETUDE LINEAIRE N°8 : « LE LOUP ET LE CHIEN » ŒUVRE INTEGRALE : FABLES (1678), JEAN DE LA FONTAINE [1621-1695] INTRODUCTION • • AMORCE : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes.

», avait coutume d’affirmer Jean de La Fontaine, rappelant ainsi que ses fables, sous une apparente légèreté, sont d’abord des leçons de sagesse et de morale : les animaux deviennent le miroir des comportements humains, qu’il s’agit d’observer, de juger et de corriger. PRESENTATION DE LA FABLE : Publié en 1668 dans le premier recueil des Fables, « Le Loup et le Chien » illustre parfaitement l’art du fabuliste, qui allie plaisir du récit et portée morale.

À travers la rencontre entre un loup affamé et un chien bien nourri, le poète met en scène le choix entre la liberté et le confort, invitant ainsi le lecteur à réfléchir sur les formes modernes de la servitude volontaire. !! LECTURE DU TEXTE !! • • PROBLEMATIQUE : Dès lors, nous serons conduits à nous poser la question suivante : COMMENT LA FONTAINE MET-IL EN SCENE UNE RENCONTRE ENTRE DEUX PERSONNAGES OPPOSES POUR INVITER IMPLICITEMENT SON LECTEUR A MENER UNE REFLEXION PERSONNELLE ET EMANCIPATRICE SUR LA LIBERTE ? PLAN : Afin de mener à bien notre analyse, nous étudierons de manière linéaire les quatre mouvements successifs de notre passage : 1) V.1 à 4 (de « Un Loup … » jusqu’à « … fourvoyé par mégarde.

») : « UNE RENCONTRE INOPINEE » 2) V.5 à 12 (de « L’attaquer … » jusqu’à « ...

qu’il admire ») : « LA TACTIQUE DU LOUP » 3) V.13 à 31 (de « Il ne tiendra qu’à vous … » jusqu’à « … pleurer de tendresse.

») : « LE DIALOGUE ENTRE LE CHIEN ET LE LOUP » 4) V.32 à 41 (de « Chemin faisant … » jusqu’à « … court encore.

») : « LA CHUTE » I.

V.1 A 4 : « UNE RENCONTRE INOPINEE » 1.

Article indéfini puis pronom démonstratif (« un Loup » / « ce Loup ») : Ce glissement crée un effet de zoom qui attire l’attention du lecteur sur le protagoniste principal.

Le Loup passe du statut d’animal anonyme à celui de personnage individualisé, porteur d’une signification allégorique. 2.

Passage du pluriel au singulier (« les Chiens » ➔ « un Dogue ») : Cette transition réduit le collectif à l’individu et installe une rencontre symbolique entre deux figures opposées.

➔ Le Dogue représente la force domestiquée et protégée ; le Loup, la liberté sauvage et la marginalité. 3.

Majuscules aux noms des protagonistes : Elles signalent la dimension allégorique du récit : chaque animal incarne une valeur morale ou politique que le lecteur devra déchiffrer. 4.

Négation restrictive + Euphémisme : Cette tournure souligne la détresse physique du Loup et suggère son exclusion sociale.

Il est réduit à l’essentiel, symbole d’une liberté pauvre mais entière. 5.

//Antithèse\\ : Elle oppose directement le Loup affamé au Chien bien nourri.

➔ Cette opposition esquisse déjà la dualité centrale de la fable : liberté contre confort, indépendance contre servitude. 6.

Corrélatif « tant » : Il met en relation les deux animaux dans un rapport de causalité : si le Loup est maigre, c’est parce que les Chiens accomplissent trop bien leur rôle.

➔ Le déséquilibre social est ainsi introduit dès le début : le bien-être de l’un dépend de la misère de l’autre. 7.

Succession d’adjectifs mélioratifs pour décrire le Dogue : Les qualificatifs (« puissant », « beau », « poli ») valorisent le Chien et reflètent la séduction trompeuse du confort domestique.

Le comparatif « aussi puissant que beau », qui ne le compare qu’à lui-même, traduit une forme d’autosuffisance arrogante : le Loup, lui, est effacé. 8.

Valeur symbolique des animaux : Le Chien, loup domestiqué, représente l’homme soumis à l’ordre social ; le Loup, l’homme libre mais isolé.

La Fontaine transpose ici une critique de la hiérarchie sociale : celui qui garde la richesse d’autrui est nourri, celui qui vit en marge est affamé. 6.

Valeurs des temps : L’imparfait installe la description, tandis que le présent de narration rend la scène plus vive.

Le plus-que-parfait signale l’élément perturbateur : le Dogue s’est égaré.

En quatre vers, La Fontaine construit un incipit in media res, efficace et dramatique : la rencontre est à la fois fortuite et décisive. II.

V.5 A 12 : « LA TACTIQUE DU LOUP » 1.

{Discours indirect libre} : On accède directement aux pensées du Loup, dont les paroles sont rapportées sans verbe introducteur.

Ce procédé immerge le lecteur dans son raisonnement intérieur. 2.

Isotopie de la violence, qui dessine un cadre agonistique : Le Loup, animal sauvage par excellence, s’apprête d’abord à attaquer ; le passage de l’alexandrin à l’octosyllabe accélère le rythme et traduit la tension, l’instinct. 3.

Utilisation du subjonctif imparfait : L’action violente reste virtuelle : ce mode verbal met en évidence la rupture du schéma habituel du Loup ; la violence instinctive cède à la réflexion. 4. Jeu de rimes (« hardiment » / « humblement » + « compliment ») : Voilà trois mots qui se ressemblent du point de vue du son mais qui s’opposent complètement. 5.

Conjonctions de coordination : Elles structurent la logique du Loup : l’adversatif « mais » traduit le recul devant la force du Mâtin, et « donc » marque la conséquence : le recours à la parole.

Le Loup agit par instinct de survie : il substitue la diplomatie à la violence. 6.

Dimension allégorique des personnages : Les termes « Mâtin » et « Sire » renvoient au monde humain : l’affrontement devient presque celui de deux seigneurs, allégorie du rapport entre puissants et dominés. 7..... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles