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Étude linéaire n°2 – Les Fausses Confidences, Marivaux, 1737 – Acte II, scène 13 : le stratagème d’Araminte

Publié le 11/02/2024

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« Étude linéaire n°2 – Les Fausses Confidences, Marivaux, 1737 – Acte II, scène 13 : le stratagème d’Araminte Introduction : Les Fausses Confidences, écrit par Marivaux dramaturge majeur français du XVIIIe siècle, est une comédie en prose et en trois actes où Dorante, jeune bourgeois honnête mais ruiné, est engagé comme intendant par Araminte, qu’il aime en secret.

Le valet Dubois, qui retrouve son ancien maitre Dorante, orchestre leur union amoureuse par une série de fausses confidences.

Ces dernières se multiplient dans cette comédie ou chacun use de stratagèmes pour mettre à l’épreuve le cœur de l’autre ou sa sincérité pour obtenir la vérité grâce au mensonge.

Depuis la vraie fausse confidence de Dubois Araminte sait que Dorante est amoureux d’elle.

Mais, elle cherche à obtenir de ce dernier des aveux direct, sa confirmation.

Et si dans la scène précédente elle était à la merci de Dubois, ici par une inversion des rôles c’est elle qui manipule pour obtenir la vérité.

En effet, elle le met à l’épreuve en lui faisant croire qu’elle va épouser le compte Dorimont avec qui elle est en procès afin d’observer ses réactions.

C’est ce piège qui prend forme dans cet extrait auquel assiste le spectateur. Problématique et plan : Comment Araminte met-elle Dorante à l’épreuve endossant le rôle d’une maitresse autoritaire et cruelle ? en  Ier mouvement : de « Araminte – d’un air délibéré » jusqu’à « Dubois m’a trompé » : un stratagème cruel qui est aussi une véritable scène de comédie  IIème mouvement : de « Dubois m’a trompé » jusqu’à « je ne me trouve pas bien » : une cruelle mise à l’épreuve  IIIème mouvement : de « je ne me trouve pas bien » jusqu’à la fin : Araminte prise à son propre piège Informations extrait : Dans ce passage, c’est Araminte qui est maitresse du jeu : ses répliques sont beaucoup plus longues que celle de Dorante qui se contente le plus souvent de répondre de façon brève car il est dominé et décontenancé par la fausse confidence d’un éventuel mariage avec le compte.

A noter, la présence de stichomythies et de nombreuses didascalies qui rendent la scène vivante et comique.

Il s’agit également d’une scène ou la double énonciation théâtrale est très présente puisque les personnages parlent aux personnages. Mais leurs propos s’adressent en réalité au public qui est en avance sur Dorante grâce aux nombreux apartés.

C’est donc une scène de double énonciation et de mise en abyme, c’est-à-dire une scène de comédie dans une pièce de comédie. Premier mouvement :  Le passage commence par une didascalie scénique « Araminte d’un air délibéré » qui signifie qu’elle affecte d’être indifférente.  Il s’agit bien sûr d’un subterfuge, d’ailleurs, tout ce premier mouvement fait apparaitre un changement de ton d’Araminte qui se manifeste par une série d’impératif « ne vous embarrassez pas » ; « écrivez-le ».

Elle joue désormais le rôle d’une maitresse qui ordonne à son serviteur.

Dorante est troublé, ce que traduit sa courte réplique interrogative « et pour qui Madame ? ».  C’est alors qu’Araminte joue avec ses nerfs en faisant de lui le secrétaire d’un billet qu’elle veut écrire au Comte.

En l’incluant dans ses propres confidences, elle le cantonne dans un rôle de subalterne à son service en lui expliquant que sa lettre pour le compte « a pour but de le surprendre bien agréablement » car il est sorti extrêmement inquiet.  On souligne l’antithèse entre « agréablement » et « inquiet » en fait elle essaie de piquer sa jalousie.

Les apartés en parallèle des deux personnages montrent le plaisir qu’elle a à le déstabiliser et la panique qui s’installe chez Dorante, puisqu’il croit se découvrir un rival, panique qui s’exprime dans.... »

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