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Erasme

Publié le 09/12/2021

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« Erasme Erasme est un parfait exemple de l'humanisme de la Renaissance.

Il en a connu les contradictions (paganisme christianisme, tradition-liberté, etc.).

Il a réussi une synthèse qui est restée valable presque jusqu'à nos jours ; l'humanisme désireux de garder le maximumdes acquisitions de l'homme antique et de les amalgamer avec celles du moyen âge ; ensuite, avec les acquisitions des sciences et desvoyages, puis avec celles des métiers. La grandeur de cette entreprise n'a d'égale que sa fragilité.

Elle peut aussi bien aboutir un éclectisme sans valeur, pareil à celui decertains Alexandrins, qu'à cet équilibre souverain dont Goethe a fourni plus tard le modèle. Desiderius Erasmus était le nom grec et latin (le désiré très aimé) que lui donna sa mère, suivant une mode significative de cetteépoque où tout le monde voulait être Grec ou Latin.

Quel autre nom aurait-il pu avoir d'ailleurs ? Fils naturel, il ne pouvait s'appeler queGeert Geerts (Gérard fils de Gérard).

Une légende mal éclaircie veut que son père ait fréquenté sa mère en lui promettant le mariage,puis qu'il soit allé faire un voyage en Italie ; que recevant la fausse nouvelle de la mort de sa maîtresse, il se soit fait prêtre à Rome, etqu'à son retour il ait appris la naissance de l'enfant (Rotterdam 1467).

Cette origine ne pouvait pas nuire à Erasme au XVe sièclecomme elle lui aurait nui plus tard, dans une société bourgeoise.

Son grand ennemi, Scaliger, ne la lui reprochera pas dans les deuxharangues qu'il composa contre lui peut-être, il est vrai, par ignorance du fait. Un seul obstacle se présentait à Erasme : il ne pouvait pas faire partie du clergé séculier ; il n'en avait d'ailleurs aucune envie et auraitpréféré qu'il lui fût interdit, de surplus, d'entrer dans le clergé régulier.

Ce n'était pas l'avis de ses tuteurs, qui, après la mort de samère, le mirent à l'âge de quatorze ans chez les Frères de la vie commune, à Deventer, où il apprit à aimer Horace et Térence, maisqui le firent entrer ensuite dans un séminaire puis dans un couvent d'Augustins où il fit profession et pendant cinq ans se perfectionnadans la langue et la littérature latine, lisant les grands humanistes de l'époque comme Laurent Vella.

Il trouve dans l'archevêque deCambrai un protecteur et devient prêtre, avec une dispense, ce qui lui permet de sortir du couvent. A l'âge de vingt-neuf ans il vient à Paris, au collège de Montagu où il prend contact direct avec la scolastique, qui lui déplaît.

Deux ansaprès, grâce à un de ses élèves anglais, il va en Angleterre qu'il admire pour sa culture et où il fait la connaissance de Thomas Morus,Fisher, etc.

Sa vie errante et cosmopolite continue, avec pour principales étapes, Louvain où il étudie l'Ecriture, ajoutant une cultured'humaniste chrétien à celle de l'humaniste païen qu'il était surtout jusqu'alors ; en Italie, il est reçu docteur en théologie à Turin ; àRome, le Pape le relève de ses vœux et lui permet de vivre dans chaque pays suivant la coutume de ce pays.

Il vivait de sa plume, etsa réputation lui attirait des invitations et des récompenses.

C'est l'époque où les princes, les rois, les évêques et les papes sontfacilement des Mécènes.

Erasme est protégé en Angleterre par Henri VIII ; il professe le grec et la théologie à C ambridge ; Adrien VIlui offre le chapeau, qu'il refuse, il devient, à Bruxelles, conseiller du futur Charles-Quint. Ses livres se succèdent avec un succès croissant : les Adages en 1500 (très augmenté en 1508) ; les Apophtegmes en 1531, ces deuxrecueils composés de pensées empruntées aux Anciens ; l'Eloge de la folie, publié en 1509, eut un succès qui s'est continué jusqu'à nosjours ; cette satire est reprise et amplifiée dans les Colloques familiers (1518) dont il se vendit jusqu'à vingt-quatre mille exemplaires,chiffre jamais atteint à cette époque.

Comme il arrive souvent, ce sont ces écrits de circonstance, tout chauds des polémiques encours, qui ont survécu ; les ouvrages très sérieux d'érudition qui faisaient estimer leur auteur par les doctes et les lettrés de toutes lesnations ne sont jamais plus réédités.

Une troisième catégorie des œuvres d'Erasme intéresse encore quelque peu les philosophes et lescroyants : c'est celle qui concerne ses débats avec Luther.

Erasme, qui critique très vivement la corruption des moines et du clergé del'époque en général, prit position contre la Réforme et quitta même Bâle pour Fribourg-en-Brisgau lorsque la Réforme y triompha.

“Erasme est l'ennemi du Christ ? ” écrivit Luther.

C'est qu'Erasme ne concevait pas le christianisme sans l'Eglise, bien que sévère pourcelle-ci.

Il n'admet pas non plus que la toute-puissance de Dieu prive l'homme de son libre arbitre.

Il ne veut pas non plus couper lesponts entre l'antiquité et la religion.

Dans ce sens vont le De libero arbitrio (1525) et Hyperaspistès, écrit polémique contre lesprotestants.

Il put revenir à Bâle et il y mourut en 1536. Erasme apparut à ses contemporains un peu comme un Voltaire par ses attaques contre les abus de la société : l'érudition indigeste,les extorsions des ordres mendiants, la vénalité et la simonie, les prétentions des faux nobles, les mariages disproportionnés,l'allaitement par les nourrices, etc.

Dans son Eloge de la folie il va plus loin : il rattache tous les vices des hommes qu'il énumère à unepuissance démoniaque d'illusion qui, si le ton ne demeurait pas plaisant, ferait penser au Vouloir-Vivre de Schopenhauer ou au Malingénie de Descartes, parce qu'elle est le moteur universel du monde ; mais il y a une heureuse folie qui contrebalance la mauvaise etc'est la folie de la croix. Erasme demeura toujours dans une sorte d'Empire du Milieu qui lui attira les invectives de ceux des cicéroniens qui étaient de purshumanistes, de ceux des luthériens qui étaient de purs évangélistes, de ceux des catholiques qui étaient de purs traditionalistes ; et, enrevanche, les éloges de ceux qui parmi ces trois groupes n'avaient pas une conception moniste de l'homme. De tout ce qu'on a écrit sur lui, le jugement de Bayle paraît être le plus exact : “ Il a été, ce me semble, un de ces témoins de la Vérité qui soupiraient après la Réformation de l'Eglise, mais qui ne croyaient pas qu'ily fallût parvenir par l'érection d'une autre société qui s'appuyât d'abord sur des ligues et qui passât promptement a verbis ad verbera...” Bayle ajoute ceci qui est plus sujet à caution : “ Ainsi avec son Non amo veritatem seditiosam il demeura dans le bourbier et s'imagina faussement qu'il n'était que de se tenir au grosde l'arbre...

” Il n'est pas vrai qu'Erasme fût si grand pacifiste, qu'il eût préféré la paix à une vérité “ séditieuse ”.

Ce qui n'ôte rien à la vérité de laconclusion de Bayle : “ Il aimait la paix, et il en connaissait l'importance.

”. »

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