Du Côté de Chez Swann (M. Proust) - Résumé
Publié le 26/08/2026
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FICHE DE RÉVISION
Du côté de chez Swann
Marcel Proust — À la Recherche du Temps Perdu, Tome I
Résumé très détaillé · Scènes · Personnages · Thèmes
CPGE A/L · Lycée Militaire de Saint-Cyr · Préparation Concours ESM
PARTIE
TITRE
PAGES APPROX.
I
Combray I — Ouverture & la madeleine
1–50
II
Combray II — La vie à Combray
51–190
III
Un amour de Swann
191–375
IV
Noms de pays : le nom
376–427
Publication originale : 1913 (Grasset, à compte d'auteur) · Dédié à Monsieur Calmette
Introduction générale
Du côté de chez Swann est le premier tome d'À la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust.
Publié en
novembre 1913 à compte d'auteur chez Grasset après avoir été refusé par la NRF (notamment par André
Gide), il inaugure un cycle de sept volumes qui s'étendra jusqu'en 1927.
Le roman s'ouvre sur une méditation
philosophique et poétique sur le sommeil, la mémoire et le temps, pour déployer ensuite trois parties aux
tonalités très distinctes.
Le Narrateur (jamais explicitement nommé Marcel, sauf rares allusions internes) raconte en rétrospection
l'univers de son enfance à Combray, puis insère l'histoire d'amour de Swann pour Odette (récit à la troisième
personne, donc hétérodiégétique), et termine par une rêverie du jeune Marcel sur les noms de pays et ses
premières amours aux Champs-Élysées.
■ Distinction clé pour la dissertation : Combray et Noms de pays = narration homodiégétique (le narrateur est
personnage).
Un amour de Swann = narration hétérodiégétique (focalisation externe sur Swann).
PREMIÈRE PARTIE — COMBRAY I : Ouverture et mémoire
involontaire
1.
L'incipit et la méditation sur le sommeil
L'œuvre commence par la célèbre phrase : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure.
» Cette
ouverture, à l'imparfait de l'habitude, plonge immédiatement le lecteur dans un temps indéfini, un état entre
veille et sommeil.
Le narrateur adulte décrit ses nuits agitées : il s'éveille dans l'obscurité, ne sait plus où il est,
quel siècle il habite.
Sa conscience titube entre plusieurs chambres de son passé — la chambre de Combray,
celle de Balbec, de Paris, de Doncières — comme si le corps précédait la mémoire pour reconstruire l'espace.
Cette méditation liminaire pose les fondements philosophiques de toute la Recherche : le moi est multiple, le
temps n'est pas linéaire, et l'identité se reconstitue chaque matin après la dissolution du sommeil.
L'insistance
sur l'obscurité de la chambre et la désorientation est aussi une métaphore de la condition humaine : nous
sommes tous plongés dans l'obscurité du temps, cherchant un fil conducteur.
2.
La chambre de Combray et le drame du coucher
Le narrateur revient sur son enfance à Combray, petite ville de province (inspirée d'Illiers, dans
l'Eure-et-Loir).
L'événement central de ses soirées d'enfance est le {b('« drame du coucher »')} : le jeune Marcel
souffre de devoir monter se coucher sans avoir reçu le baiser de sa mère.
Lorsque des invités viennent dîner — notamment M.
Swann, le voisin bourgeois et fils d'agent de change
devenu ami de la famille —, la mère ne peut pas monter embrasser Marcel.
Ce rituel du baiser du soir prend
une dimension presque sacrée : c'est la seule tendresse qui apaise l'angoisse existentielle de l'enfant.
La
grand-mère aussi joue un rôle affectueux, mais c'est la mère qui cristallise tout l'amour et l'angoisse.
Un soir, désespéré, Marcel envoie un mot par Françoise (la cuisinière, personnage récurrent et pilier de la
maison) à sa mère pour la supplier de monter.
Le père, étonnamment, autorise la mère à rester toute la nuit
dans la chambre de l'enfant.
Cette nuit est vécue comme une victoire et une défaite simultanées : Marcel obtient
ce qu'il voulait, mais perçoit qu'il a brisé quelque chose, que sa nervosité pathologique a triomphé de la rigueur
éducative.
La mère, elle-même les larmes aux yeux, lui lit {i('François le Champi')} de George Sand.
■ Thème fondamental : l'amour maternel comme modèle de tous les amours à venir (amour possessif, besoin de
présence, jalousie de l'absence).
Bergotte sera lu plus tard mais François le Champi, lu cette nuit-là, reste associé
à cet épisode de la capitulation maternelle.
3.
La madeleine : la mémoire involontaire
Le narrateur adulte raconte que Combray, dans sa mémoire volontaire, n'était qu'un pan gris et terne, réduit
à l'escalier de la chambre et au drame du coucher.
Un hiver, sa mère lui propose du thé et lui offre une
madeleine trempée dans du thé (ou tilleul selon les versions).
En portant la madeleine à ses lèvres, il est saisi
d'une sensation extraordinaire de félicité, sans en comprendre d'abord la cause.
Il insiste, reprend une gorgée, une autre — la sensation est là, mais son origine reste mystérieuse.
Finalement, par un effort d'attention intérieure, il comprend : ce goût est celui de la madeleine que sa tante
Léonie lui donnait le dimanche matin à Combray, trempée dans son thé ou son tilleul.
Et soudain, {i('tout
Combray')} surgit de sa tasse de thé, comme les fleurs japonaises en papier qui se déploient dans l'eau.
« Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau
de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s'étirent, se
contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages
consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc
de M.
Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et
l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins,
de ma tasse de thé.
»
■ La madeleine est LE symbole de la mémoire involontaire proustienne (mémoire affective, sensorielle).
À
distinguer de la mémoire volontaire (intellect) qui ne ressuscite que des images mortes.
La mémoire involontaire,
déclenchée par une sensation, restitue le temps perdu dans toute son épaisseur vivante.
DEUXIÈME PARTIE — COMBRAY II : La vie à Combray
1.
La topographie de Combray et ses personnages
Combray s'organise autour de deux axes de promenades — les deux côtés qui structurent toute la
géographie affective du roman : le côté de chez Swann (vers Méséglise, par la plaine) et le côté de
Guermantes (vers la rivière la Vivonne et le château).
Ces deux directions représentent deux univers sociaux et
symboliques que le narrateur croit longtemps irréconciliables.
La maison familiale est peuplée de personnages hauts en couleur :
• La tante Léonie : veuve hypocondriaque qui ne quitte plus sa chambre ni son lit, partagée entre deux
fenêtres donnant sur la rue du Saint-Esprit et la place de l'Église.
Elle commente la vie du village avec
Eulalie (visiteuse dominicale pieuse) et Françoise.
Elle boit du thé ou du tilleul, mange des madeleines et
des biscottes.
Personnage comique mais aussi pathétique, elle est une figure du repli du monde.
• Françoise : cuisinière d'une fidélité absolue à la famille, mais avec un caractère fort et des préjugés bien
ancrés.
Elle représente la tradition paysanne, la France profonde et ses cruautés (elle peut être impitoyable
avec les faibles comme la fille de cuisine enceinte).
Elle prépare des repas mémorables (le bœuf en daube,
le poulet).
• Le grand-père : aime citer Saint-Simon et Mme de Sévigné ; il introduit le nom de Guermantes dans les
conversations et représente un attachement aux valeurs aristocratiques.
• La grand-mère : femme cultivée, aimant la nature et les belles lettres plutôt que les livres qui ont été écrits
pour les livres.
Elle fait de longues promenades même sous la pluie.
Son amour pour le narrateur est
profond et désintéressé.
• Le père : figure d'autorité mais aussi de caprice bienveillant.
C'est lui qui, contre toute attente, autorisera la
mère à rester toute la nuit chez le petit Marcel.
• L'oncle Adolphe : uncle excentrique qui reçoit des « dames en rose » dans son appartement de Paris
(une de ces dames sera identifiée plus tard comme Odette de Crécy).
Il sera brouillé avec la famille à cause
de cette fréquentation.
2.
L'église de Combray et le sens de l'art
L'église Saint-Hilaire de Combray est un lieu essentiel.
Le narrateur la décrit longuement : ses pierres
romanes, ses vitraux représentant la légende de Geneviève de Brabant (aux couleurs de saphir et d'améthyste),
les tapisseries de la chapelle Saint-Hilaire, le tombeau de Sigebert, le clocher qui domine le paysage.
L'église
est pour le jeune Marcel le premier contact avec l'art : il apprend que les belles choses ont une épaisseur
temporelle, qu'elles accumulent les siècles comme les pierres accumulent la mousse.
La vue des vitraux, des tapisseries médiévales et des pierres romanes ancre chez lui l'idée que l'art est une
forme de résurrection du temps — thème central de toute la Recherche.
Le personnage de Théodore, l'enfant
de chœur et fils d'épicier arrogant qui connaît l'église par cœur, illustre que la connaissance encyclopédique
n'est pas la vraie intelligence artistique.
3.
Les lectures et Bergotte
Le narrateur est un enfant avide de lecture.
Il lit dans le jardin, sur....
»
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