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Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir Que pensez-vous de cette formule ?

Publié le 16/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir Que pensez-vous de cette formule ? Ce document contient 1622 mots soit 4 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Philosophie.

« Analyse du sujet :Ø Il s'agit de s'interroger sur deux attitudes répondant à un problème (« solutions ») et de réfléchir sur leur implication : - Ces deux attitudes désignent deux positions totalisantes , (= à prétention universelle : tout est douteux ou tout est crédible) ; elles ne tolèrent aucune exception.

Autrement dit, elles sont assez radicales et intransigeantes. - Leur implications = dispensent de réfléchir.

En effet, l'une comme l'autre, de par leur radicalité, excluent la réflexion qui est une pratique interrogative, critique et qui invite à nuancer, distinguer, hiérarchiser lesdonnées d'un problèmes .

En un mot, la réflexion est une démarche qui admet la contradiction et ne sombre jamais dans l'extrémisme d'une position fermée et totalitaire. Ø Ensuite, il convient de remarquer que « douter de tout » et « tout croire » sont qualifiées de « solutions ».

elles répondent donc à un problème ou une difficulté.

Il faudra déterminer quel peut être ce problème (est-il d'ordreexistentiel, métaphysique, épistémologique, moral … ?).

Ce faisant, il se pourrait que si ces attitudes que sont le doute et la croyance soit plus efficace que la réflexion face à un problème donné (ce qui expliquent qu'elles soient des solutions).

Question à se poser : la réflexion peut-elle impuissante de sorte qu'il faille ou bien douter de tout ou tout croire ? Enjeu : donner sens à leur commodité, leur intérêt pratique. Ø Notons enfin que le sujet dit que ces solutions sont identiques (« également »), qu'elles ont des effets pratiques similaires.

Or, le doute et la croyance sont peut-être à différencier : doute consiste à suspendre son jugement,alors que la croyance consiste au contraire en une attitude propositionnelle, à juger sans réserve.

Là où le premiertient que la vérité ne va pas de soi et tend à lui refuser une existence fondée, l'autre l'admet comme évidente ettend à l'admettre immédiatement chaque fois qu'elle paraît.Ø Du coup, leur égalité porte sur l'idée de « tout », concerne l'absence de discernement ou de compromis.

Il conviendra donc d'abord de réfléchir sur ces pratiques en ce qu'elles ont de commun et dans leur opposition à laréflexion ; mais aussi, au sein même de cette opposition d'examiner en quoi elle diffèrent.

En effet, le douteuniversel est ce qui permet à Descartes de découvrir le premier principe de la connaissance (il est un outil de laréflexion) ; en revanche, la croyance totale est assez naïve et enfantine.Ø Enfin la notion de dispense : si j'ai une « dispense d'EPS », c'est que je suis supposé en droit , (ou dans l'absolu) assister aux séances de sport.

il faut se demander pourquoi nous aurions l'obligation de réfléchir ? et parconséquent, en quoi la doute et la croyance peuvent elles valoir d'exception à cette obligation ? Problématique : douter de tout ou tout croire sont deux attitudes où la réflexion est exclue.

Ainsi, parce que réfléchir exige rigueur, discernement, esprit critique … en tout cas, implique une pensée en mouvement, dynamique,douter de tout (scepticisme, suspension systématique de son jugement) et tout croire (soumission complète de sapensée à des autorités diverses) sont commodes en ce qu'elles sont confortables, sans risques.

Toutefois , il serait faux de penser que douter de tout et tout croire soient des positions essentiellement paresseuses : il s'agit d'undoute et d'une croyance portant sur tout, qui en cela, convoque une certaine tension de la volonté, une résolution.Il y a donc une part de choix qui est à considérer.

Mais en quoi cette décision peut-elle être nécessaire etpréférable à la réflexion ? Quelle est sa commodité ? Se dispenser d'un effort par lâcheté ou apporter ponctuellement et raisonnablement un repos indispensable, voire un soutien, à la réflexion ? S'agit-il d'unrelâchement permanent de la réflexion, excluant la pensée dans l'absolu , ou bien, un moment nécessaire, autorisé , une étape indispensable de la réflexion ? 1- DOUTER DE TOUT ET TOUT CROIRE , EN TANT QUE POSITIONS RADICALES , DISPENSENT EFFECTIVEMENT DE RÉFLÉCHIR . a) Problème : réflexion est difficile et pénible La pensée depuis Platon se définit traditionnellement comme activité de l'esprit et donc comme ce qui n'implique pas le corps.

Or le corps est le siège du plaisir.

C'est ainsi que la réflexion est d'abord renoncement aux jouissances physiques .

Comme l'enseigne Le Phédon , pour porter l'âme a sa puissance maximale, il convient de vivre comme si l'on était mort (= sans corps).

C'est en cela que l'on peut vouloir en être dispensé . b) Facilité du scepticisme Douter de tout renvoie à une attitude de type sceptique .

Mais bien avant de désigner une position théorique, elle renvoie surtout à un phénomène d'abstention du jugement.

Ce refus de se prononcer peut être expliqué par unecertaine indifférence dont le risque est probant.

Ainsi ce que la tradition philosophique nomme la situation de l'âne de Buridan : ne se décidant pas s'il veut boire ou manger, trouvant les deux membres de l'alternative égaux, ilmeurt.

Le scepticisme = prise de risque zéro et donc refus de s'engager .

Soit une conduite irresponsable prenant pour prétexte l'affirmation illusoire de son libre arbitre. Au contraire, la réflexion suppose qu'un bien peut être trouvé au sein de diverses possibilités ; elle est sélection approfondie du meilleur ou choix.

c) Paresse de la croyance Croire consiste à adhérer à une position sans l'avoir examiné.

En cela, elle renvoie à une attitude qui consiste à se soumettre à un argument d'autorité.

Elle est hétéronomie ou minorité.

(Voir Kant, Qu'est-ce que Les Lumières ? pour une analyse précise de la croyance comme phénomène de renoncement à user seul de son entendement).

Encela, elle évite d'examiner une question ou un problème par soi-même : elle s'en remet aux autres et ne nécessitéen cela aucun effort.

Transition :. »

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