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DM: l'art Bergson extrait de La pensée et le mouvant

Publié le 20/11/2022

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« Le texte de Bergson extrait de La pensée et le mouvant et qui date de 1938 a comme thème l’art et la perception.

L’art est une activité, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait, qui s'adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l'intellect.

On peut affirmer que l'art est le propre de l'humain ou de toute autre conscience et que cette activité n'a pas de fonction pratique définie.

Quelle est la finalité de l'art ? Vise-t-il seulement à exprimer un état émotionnel, une psychologie individuelle avec sa particularité et son arbitraire ? Avec cette question, Bergson nous invite à interroger l'essence de l'art et à affronter la question au niveau qui est celui du grand art.

Ce qui intéresse l’artiste c'est le réel tel qu'il s'offre à une liberté qui s'en empare et en interroge l'être.

A quoi vise donc l'activité artistique ? Il faut être attentif à la première phrase qui est la thèse de l’auteur : l’art viserait, c’est-à-dire aurait comme objectif, de nous montrer ce qui « dans la nature même et dans l’esprit des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience ».

Autrement dit, l’art serait un moyen à la fois de mieux percevoir le monde, la réalité extérieure et de mieux percevoir ce que nous ressentons. S’il en est ainsi c’est que la perception ordinaire laisse échapper quelque chose du réel, quelque chose du sensible.

On ne percevrait pas la globalité, ou plutôt on ne percevrait pas assez, comme si notre perception était faible, appauvrie, voire grossière.

Il y a un paradoxe car nous croyons spontanément que le monde perçu serait une image fidèle de la réalité.

Or Bergson semble soutenir qu’il y a plus à voir dans le monde que ce que nous en voyons et qu’on passerait ainsi à côté de la richesse sensible.

Le monde est en excès par rapport aux filtres qui nous le donnent. Ce texte est coupé en trois parties, de la ligne 1 à 8 qui montre que l’art est une révélation de ce qui est, de la ligne 8 à 18 qui traite de la perception puis de la ligne 18 jusqu’à la fin qui explique que l’artiste est un révélateur du réel. « Le poète et le romancier qui expriment un état d’âme ne le créent certes pas de toutes pièces ; ils ne seraient pas compris de nous si nous n’observions pas en nous, jusqu’à un certain point, ce qu’ils nous disent d’autrui.

».

On dit souvent que l’artiste s’exprime dans son œuvre, qu’il exprime ses émotions, ses craintes, ses doutes et qu’en ce sens l’œuvre est entièrement personnelle, privée.

Or Bergson nuance cette idée dans la mesure où nous prenons plaisir aux œuvres d’art.

Si l’œuvre d’art n’était qu’un point de vue sur le monde, point de vue de l’artiste, on ne pourrait pas entrer en communion avec les œuvres.

Or cela est faux, nous partageons les émotions exprimées avec l’artiste, nous les ressentons également.

C’est bien que, nous aussi, sommes capables de ressentir ce qu’il ressent ou ce qu’il fait ressentir à ses personnages. Bergson va développer cette idée : « Au fur et à mesure qu’ils nous parlent, des nuances d’émotion et de pensée nous apparaissent qui pouvaient être représentées en nous depuis longtemps mais qui demeuraient invisibles telle l’image photographique qui n’a pas encore été plongée dans le bain où elle se révélera.

».

Il s’agit ici des artistes (« ils nous parlent ») : en lisant un roman, nous sommes éveillés à des sentiments qui grâce au talent de l’artiste sont pleinement ressentis, clairement.

On passe du confus au clair.

La peinture élargit donc la faculté perceptive, elle nous fait voir ce que spontanément nous ne voyons pas dans la nature.

Et si la peinture élargit la faculté perceptive, la littérature enrichit, elle, la conscience de la vie intérieure.

Stendhal peint par exemple les émotions, les désirs, les espérances, les déceptions de ses personnages dans le Rouge et le Noir.

C’est parce que le romancier a su élever son expérience à l’universel qu’il nous émeut.

Son génie est de peindre un état de notre âme, si passager, si furtif pour certains qu’ils n’en soupçonnent même pas l’existence.

Comme le peintre, le poète essaie de capter la vie mouvante de l’âme, ses couleurs changeantes, ses ombres et ses clartés.

Bergson a recours à une image pour illustrer la fonction révélatrice de l’art.

Ce qui se passe dans l’art est comparable à ce qui se passe pour l’image photographique.

Le bain dans lequel on plonge la pellicule pour faire apparaître l’image ne crée pas cette dernière, il ne fait que la révéler mais sans la solution nécessaire à la fixation de l’image, celle-ci demeurerait invisible, tout comme l’art.

L’artiste n’invente pas la réalité qu’il donne à voir mais sans lui elle demeurerait invisible.

La question est maintenant de comprendre pourquoi il a ce pouvoir.

La suite du texte, à l’aide d’exemples (« Turner et Corot ») nous fait mieux comprendre ce que veut dire l’auteur ici.

Il faut, en effet, l’art de Turner pour dévoiler le paysage comme atmosphère.

Par exemple, on ne voit plus le brouillard après Wilde comme on le voyait avant. La peinture élargit donc la faculté perceptive, elle nous fait voir ce que spontanément nous ne voyons pas dans la nature. Nous pouvons remarquer que ce n'est pas seulement le monde extérieur que l'œuvre d'art nous réapprend à voir : c'est aussi notre monde intérieur.

En nous aussi il est des choses que nous cachons, dont nous ne prenons pas conscience, et l'art peut nous réapprendre à les percevoir.

C'est bien ce que nous indique Bergson : "Les grands peintres sont des hommes auxquels remonte.... »

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