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De quoi la créativité poétique de Rimbaud s’émancipe-t-elle ?

Publié le 09/04/2024

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« Sujet de la dissertation : De quoi la créativité poétique de Rimbaud s’émancipe-t-elle ? [Introduction] [Accroche et présentation de l'œuvre] Dans le deuxième poème des Cahiers de Douai, “Sensation”, Arthur Rimbaud annonce : « J’irai loin, bien loin, comme un bohémien ».

Cette promesse, exprimée à travers un futur à valeur annonciatrice, exprime bien l’intention d’émancipation du poète.

[Analyse du sujet] Pour atteindre cet objectif émancipatoire, Rimbaud développe une grande créativité poétique.

Les poèmes des Cahiers de Douai sont ceux d’un tout jeune homme de quinze ans qui gagne en maturité, donc qui s'émancipe des contraintes de l'âge de l'enfance.

C’est avec ses poèmes qu’il se libère et s’affranchit de l’autorité et de la domination qui pèse sur lui.

Ainsi la création poétique émanciperait le jeune Rimbaud.

Mais, la création poétique connaît elle-même une forme de libération sous la plume de Rimbaud.

Ce ne serait donc pas seulement la poésie qui libère le poète, mais surtout le poète qui libérerait la poésie. [Problématique] Nous pouvons nous demander si l’émancipation de Rimbaud est avant tout une rébellion contre l’ordre établi dans la société ou plutôt une libération de la poésie ? [Annonce de plan] Nous allons voir que Rimbaud, en adolescent révolté, s’émancipe de l’ordre établi dans la société.

Cependant, Rimbaud émancipe la poésie de ses codes et traditions littéraires et artistiques.

En fait, Rimbaud se détache des codes sociaux et littéraires par l’autodérision, par l’ironie et par un refus d’une adolescence banale. [Première partie] À travers ses poèmes, l'auteur des Cahiers de Douai fait la critique d’une société oppressante et cette satire est libératrice.

Le jeune poète s’engage par exemple contre le second empire qu’il juge autoritaire et liberticide.

En suivant l'exemple de Victor Hugo, il dresse un portrait ridicule et caricatural de l’empereur.

“L’éclatante victoire de Sarrebruck” est un de ces poèmes critique du pouvoir impérial, car il dénonce la propagande de Napoléon III.

La poésie renforce le pouvoir de la caricature, notamment par les sonorités et par la narration du poème.

Le cri lancé par un officier loyal à l’empereur donne lieu à un silence de la part des soldats : "Et : «Vive l’Empereur !! » – Son voisin reste coi…”.

Ce vers illustre le fait que les soldats ne soutiennent pas le pouvoir.

L’émancipation politique passe par l’humour et la désinvolture à l’égard de la figure du pouvoir. Rimbaud est aussi très critique à l'égard des discours religieux dominant.

Il fustige l'hypocrisie de l'église à la fois dans "Le Châtiment de Tartufe" et dans "Le Mal".

Dans ce sonnet, il décrit un Dieu riant alors que les soldats ("Pauvres morts !") sont tués au front et que cela endeuille les familles.

Ce Dieu, bercé par les chants religieux (il s'endort "dans le bercement des hosannah") suscite l'indignation du lecteur quand, au point du sonnet, il reçoit les dons des fidèles des mains des mères endeuillées.

Celles-ci, "pleurant sous leur vieux bonnet noir, / Lui donnent un soulié dans leur mouchoir".

Le mal, qui donne son titre au poème, ne se trouve pas seulement dans la politique guerrière menée par l'Empire, mais aussi dans la résignation de cette guerre dont profite bassement le pouvoir religieux. Plus largement, le style poétique de Rimbaud laisse une grande place à la satire, c'est-à-dire à la critique moqueuse.

Celle-ci se manifeste souvent par une affection prononcée pour le peuple et une désaffection des puissants. On en trouve une manifestation dans "Le Forgeron", quand le personnage montre au roi le peuple en disant "C’est la Crapule, / Sire.

Ça bave aux murs, ça roule, ça pullule …".

Cette provocation est une mise en scène par Rimbaud d'une parole révolutionnaire adressée directement au symbole de l'oppression qu'est le roi dans ce poème.

Le forgeron, en tant qu'artisan créateur, est quant à lui le symbole du poète, qui interpelle les grands et fait voir les petits.

Cette moquerie se tourne vers l'ordre social bourgeois dans lequel il a grandi à Charleville.

Dans "À la musique", il décrit la place d'une ville, où "Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs / Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses." et se moque tout à tour des "rentiers", du "notaire", des "épiciers retraités" et d'un bourgeois "à bedaine flamande" qui sont tous obsédés par leurs affaires, par leur argent.

Mais lui, "débraillé comme un étudiant", pense à l'amour : "et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres".

Son émancipation passe bien par une forme de détachement à l'égard du monde dans lequel il a grande et par l'attitude moqueuse qu'il déploie à l'encontre des mesquineries de ce monde. [Transition vers la deuxième partie] Cependant, même si l'émancipation de Rimbaud est celle d'un adolescent "déjà soulevé par une révolte de vie", comme le dit Jean-Luc Steinmetz dans l'article que ce dernier a écrit dans l'Encyclopédie Universalis, elle est aussi une révolte de nature littéraire. Animé d'une volonté de renouveau poétique, celui-ci s'émancipe des codes et des traditions littéraires et artistiques.

[Première sous-partie] Les Cahiers de Douai est un recueil qui parodie massivement l'héritage poétique proche ou lointain.

Il en livre même un détournement cocasse et satirique dans des poèmes comme "Vénus anadyomène".

Le titre du poème annonce le traitement d'un thème littéraire et pictural.... »

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