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Cours sur l'art

Publié le 08/06/2026

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« « à quoi reconnaît-on une oeuvre d’art ? » Cours du lundi : Analyse de la question : Le sujet pose le problème d’un critère de reconnaissance de l’oeuvre d’art. - Le « on » impersonnel dans la question va dans le sens de la recherche d’un critère objectif, c’est-à-dire d’un critère valable pour tout le monde, qui fait l’accord des esprits, de tous les sujets. Problème : nous ne sommes pas tous d’accord sur l’art.

Certains trouvent que l’urinoir posé sur un socle d’exposition par Marcel Duchamp en 1917 est de l’art, d’autres lui nient cette qualité. Certaines oeuvres d’art majeures, comme La Recherche du temps perdu de Proust, ne sont pas reconnues même par des critiques littéraires de renom, comme André Gide qui refuse de publier l’oeuvre dans la Nouvelle Revue Française.

Comment ces désaccords peuvent-ils être possibles s’il existe des critères objectifs pour reconnaître une oeuvre d’art ? - Il y a deux sens de la question: 1) à quoi reconnaît-on qu’un ouvrage est une oeuvre d’art par opposition à d’autres objets, par exemple les objets utiles? Est-ce grâce à la beauté ? Mais la beauté n’est-elle pas bien souvent relative ( selon les « goûts » de chacun )? Et un canapé peut être beau, fait par un designer.

Est-ce une oeuvre d’art au même titre qu’une statue de Rodin ou qu’un Rembrandt? Le premier sens de la question est de savoir comment distinguer l’oeuvre d’art des autres ouvrages arti ciels, produits par l’Homme. 2) à quoi « reconnaît-on », au sens où nous attribuons du mérite à quelque chose.

Par exemple, en français, on dit que certains métiers sont reconnus et d’autres non.

De même, il y a des oeuvres très reconnues, comme la Joconde de Leonard de Vinci, ou le David de Michel-Ange en sculpture, mais il y a aussi des oeuvres qui sont méconnues, qui ne jouissent pas du même prestige. Certaine oeuvres méconnues à leur époque deviennent très célèbres par la suite. Comment donc faire le partage entre des oeuvres qui méritent beaucoup de reconnaissance, et d’autres qui ne valent pas autant d’admiration ? Quel est le critère d’un chef-d’oeuvre ? fi Problème : Autrement dit la question suppose qu’on cherche un critère externe de démarcation entre l’oeuvre d’art et les autres objets techniques, mais aussi un critère interne aux oeuvres d’art entre le chef-d’oeuvre et l’oeuvre médiocre ou mineure.

Existet-il un critère objectif qui permette de mesurer sans erreur la qualité d’une oeuvre d’art? Soit ce critère est trop objectif ( critère technique ) et l’oeuvre d’art ne se distingue alors pas d’un objet technique, soit ce critère semble trop subjectif ( critère de la beauté ) et on sombre dans le relativisme en matière artistique. Le cours est en deux parties : nous verrons d’abord que la virtuosité technique semble un bon premier critère, mais problématique ( partie I ) puis nous essaierons de chercher un critère du chef-d’oeuvre dans sa beauté formelle, ce qui n’est pas sans limites non plus ( partie II ). La première partie est en fait un petit plan de dissertation sur l’art et la technique, et la seconde partie un petit plan sur l’art et la beauté, car ces notions sont souvent couplées dans les sujets de bac.

Cependant des questions peuvent aussi mettre en relation l’art et le devoir ( « L’artiste doit-il quelque chose à son public ? » ) ou l’art et la nature ( « L’art doit-il imiter la nature ? ») Nous ne pouvons pas tout faire. L’important sur l’art est de travailler quelques oeuvres, notamment des peintures, pour avoir des exemples.

Il faut absolument avoir des exemples précis dans un sujet sur l’art, et ne pas trop parler de la Joconde… I) L’art et la technique : un premier critère de reconnaissance de l’oeuvre d’art serait dans sa cause : la maîtrise technique de l’artiste. On reconnaît les oeuvres d’art à la virtuosité technique dont elles font preuve : le rapport de l’art à la technique.

Si l’artiste est celui qui ff ffi ffi dispose d’un talent, cela su t-il à ce qu’on reconnaisse son oeuvre comme une oeuvre d’art ? De manière générale, la technique désigne un savoir-faire permettant à l’aide d’outils ou de machines de produire des objets utiles.

La technique vise l’e cacité et le technicien suit des règles de fabrication.

Il s’agit de se demander si l’artiste n’est qu’un technicien comme un autre ou si au contraire son oeuvre relève d’autre chose que d’un savoir-faire. Le critère de la technicité semble pertinent car il permet de distinguer l’artiste de ceux qui n’ont pas de réelle maîtrise, de l’amateur du dimanche.

C’est un critère objectif car les esprits peuvent reconnaître une oeuvre d’art en s’accordant sur des règles objectives, décrites, transmissibles, conceptuelles.

Mais c’est un critère impertinent en même temps, car il ne permet pas de départager l’oeuvre d’art des ouvrages de l’artisanat.

Or, ces deux mots n’invitent-ils pas à penser une di érence ? En faisant de la technique l’unique critère de l’art on risque de ne pas avoir un concept assez précis de l’oeuvre d’art, on le distinguera par la technique mais pas de la technique. a) Il y a une proximité des concepts d’art et de technique, qui fait qu’on ne reconnaît d’abord dans l’art qu’une technique. Art et technique sont deux activités humaines visant à aboutir à une réalisation ( cad la production d’un objet dans le réel, en façonnant la matière à partir d’une idée dans l’esprit.

) Cf Etymologie de art = cela vient du latin ars, qui n’est rien d’autre que la traduction du grec techne.

Le mot art désigne donc toute production qui ne vient pas de la nature mais de l’habileté humaine.

Ainsi, les mots « ars » et « techne » signi ent aussi bien artisanat que création artistique: l’artiste et l’artisan sont confondus à l’origine. Aristote, dans Ethique à Nicomaque, distingue l’art de la nature ( qui a un principe interne de développement ) de la morale ( qui vise l’action juste ) et de la science ( qui est avant tout une activité rationnelle, alors que l’art mobilise le corps.

) Dans ces distinctions l’art désigne les productions des artisans et indi éremment celle des artistes. Exemple de la peinture hollandaise au seuil de la Renaissance : Les époux Arnol ni : Johannes Van Eyck ( 1434 ) fi ff fi fl Dans le re et, les époux ne se tiennent pas la main … fi Les époux Arnol ni Pour la première fois, un tableau est signé, geste d’artiste et non d’artisan L’artiste représente un couple de notables.

Il s’agit d’une commande, le but est de montrer le prestige des commanditaires.

Johanes Van Eyck remplit un cahier des charges.

Il manifeste l’importance du couple en recourant aux couleurs et à la symbolique convenue de son époque ( le vert est couleur d’espoir, le noir d’autorité ou de deuil, le rouge de pouvoir, le bleu marial de pureté etc ).

Le tableau est un condensé du commerce de son époque et montre la richesse mais aussi l’ouverture culturelle de ce couple. ( exemple : miroir vénitien, fourrure de Russie, dentelle des pays-bas, babouches andalousiennes et oranges d’Espagne.

) = On voit bien que ce tableau respecte des normes, des règles établies, des codes, c’est une commande : on voit bien que c’est un produit presque artisanal, et que Van Eyck est payé pour sa technique et sa virtuosité dans le respect des normes. fi fi fi ff fi Le rapprochement de l’artiste et de l’artisan s’incarne historiquement : - Jusqu’à la n du Moyen-âge, l’artiste est perçu comme exerçant un métier, il travaille sur commande, dans des corporations d’artisans.

Il doit s’inspirer d’un modèle, il crée dans l’anonymat, sans signer son oeuvre.

Ce n’est pas du tout dans les esprits qu’une oeuvre est originale, elle doit simplement être bien faite.

Jusqu’au XVIIIe siècle il doit respecter les codes de son époque ( ex : règle des trois unités dans le théâtre classique, les couleurs et les symboles en peinture.

Cf les époux Arnol ni.

De Van Eyck) L’artiste suit donc des règles établies.

C’est un métier servile et les aristocrates sont rarement des artistes ou alors sous pseudonymes.

Ni Molière ni Corneille ni Racine ne sont des aristocrates par exemples.

Shakespeare est issu des classes populaires de son temps. - On distingue aux Moyen-âge les arts mécaniques et les arts libéraux, mais les arts libéraux désignent les sciences, activités fondées sur un travail de la raison et ayant des applications ( grammaire, arithmétique…).

Les arts mécaniques désignent les techniques ( domaine de l’artisanat ) ET les créations artistiques, qui sont toutes les deux perçues comme serviles, car reposant sur un travail du corps.

( L’artiste, comme l’artisan, transforme une matière ; pensons par exemple au sculpteur, sa démarche suppose des e orts, y compris physiques.

) Ces activités sont orientées vers la production d’un objet particulier et n’auraient pas de valeur de connaissance..... »

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