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Commentaire composé - Le Rouge et le Noir, Stendhal : chapitre 35 du livre II

Publié le 17/05/2020

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« Commentaire composé - Le Rouge et le Noir, Stendhal : chapitre 35 du livre II En cinq ans, Julien, un provincial, du roman d'apprentissage de Stendhal, Le Rouge et le Noir, publié en 1830, a réussi à assouvir son désir de réussite sociale dans lasociété aristocratique Parisienne en devenant le lieutenant de hussards, en acquérant le nom de chevalier Julien de La Vernaye et en conquérant Mlle.

Mathilde de laMole.

Il se trouve au sommet de la gloire.

Mais c'est au moment où il voyait son ambition s'agrandir encore d'avantage qu'il est informé par Mathilde que M.

de laMole a reçu une lettre de Mme.

Rênal qui l'accuse sévèrement d'être un dangereux séducteur et qui aura pour conséquence l'annulation de tous ses projets : deréussite et de mariage.

Nous sommes au chapitre 35 du livre II, au moment de la chute de Julien qui en achevant de lire la lettre, s'en va précipitamment, d'unemanière inattendue à Verrières pour assassiner Mme de Rênal et ainsi se venger.Il s'agira de montrer comment l'auteur a construit la chute brutale de Julien et quels sont les enjeux de cette dernière.Nous verrons successivement : le héros se précipitant vers la défaite, la chute inévitable qui arrive progressivement en enfin la défaite très rapide et énigmatique. Tout d'abord, le principal sujet de l'extrait est l'héros qui se trouve sur le chemin de sa défaite.

Il entre en action tout de suite après la lecture de la lettre fatidique deMme.

de Rênal adressée à M.

de la Mole.

Le rythme de l'action est alors très soutenu.

On peut noter le vocabulaire du mouvement : « sauta » et « courut ».

Il n'y a pasde temps pour la réflexion, il s'agit d'agir au plus vite.

Julien, impulsif, ne donne aucune explication à Mathilde et est comme ensorcelé par une idée qui le met enmouvement et rien ne semble pouvoir le freiner.Julien devient alors comme un soldat en mission.

Il oublie tout autour de lui et en occurrence Mathilde qu'il laisse seule dans le fiacre : « Mathilde qu'il semblait avoiroubliée (…) ».

Émanent de lui alors la détermination et la froideur semblables à celles du soldat qui part au combat affronter l'ennemi.

Son état d'esprit coïncide avecl'énergie qu'il déploie.

Le seul endroit où il peut élaborer sa stratégie, son plan, c'est à l'intérieur de la chaise de poste mais la « route rapide » et sûrement le bruit deschevaux ne sont pas enclins à une réflexion claire ce qui peut nous laisser penser qu'il avait déjà en tête le déroulement de sa mission avant de partir pour Verrières.L'endroit en lui-même est très évocateur : l'endroit où vivait Julien autrefois et surtout où habite encore Mme de Rênal.

On peut alors imaginer qu'il souhaite sevenger sans plus attendre.Cependant, malgré sa froideur et sa démarche du soldat déterminé qui ne peut pas faire la marche arrière, devant la vue de Mme de Rênal dans l'église, après sonarrivé à Verrières, le fragilise et lui fait perdre tous ses moyens.

Le souvenir du passé, le lien affectif l'empêche d'accomplir son « devoir » : « La vue de cette femmequi l'avait tant aimée fit trembler Julien (…) ».

On peut noter que Julien ne dit pas « cette femme qu'il avait tant aimée ».

Il y a une ambigüité dans ses pensées lors dece moment.

En effet, on ne sait pas si son impuissance à appuyer sur la détente : « Je ne le puis, se disait-il à lui-même ; physiquement je ne le puis.

», vient de lacolère du constat que cette femme « qui l'a tant aimé » a pu écrire une telle lettre ou du souvenir des moments vécus et de l'impossibilité de lui nuire.

On ne sait pas sisa réaction physique, le tremblement, vient de la colère ou de l'amour qui n'est pas encore tout à fait éteint.

Pour enfin arriver à accomplir « son dessein » et se vengeril doit déshumaniser Mme de Rênal et il ne doit pas voir son visage et être pleinement conscient que c'est elle qu'il va tuer : « Mme de Rênal baissa la tête qui uninstant se trouva presque entièrement cachée par les plis de son châle.

Julien ne la reconnaissait plus aussi bien ; il tira sur elle un coup de pistolet (…) ».

On peutnoter l'accent mis sur le châle qui nous rappelle la scène du chapitre 6 du Livre I lors du premier contact de Julien et de Mme de Rênal, lorsque Julien osa baiser samain: « Comme il faisait très chaud, son bras était tout à fait nu sous son châle, et le mouvement de Julien en portant la main à ses lèvres, l'avait entièrementdécouvert.

» Le châle doit masquer les souvenirs pour que Julien puisse tirer le coup de pistolet. Cette chute brutale qui met fin aux ambitions du personnage arrive progressivement et semble inévitable.

En effet, on remarque que la chute de Julien est graduée etque chaque étape est annoncée sur le même principe.

D'abord « Julien était parti pour Verrières.

», ensuite «Il arriva à Verrières », « Julien eut beaucoup de peine àlui faire comprendre qu'il voulait une paire de pistolets.

» et « Julien entra dans l'église neuve de Verrières.

» On a successivement son départ, son arrivé, l'achat del'arme et entrée dans le lieu fatidique.

Les étapes se suivent très rapidement.

La chute de Julien tient finalement en une page ce qui contraste la longueur des étapesmenant vers sa réussite.

Le chemin très long de la réussite à produit un court moment de jouissance de cette nouvelle puissance et un instant aussi court de sa défaite.Les efforts des cinq années seront effondrés par les deux coups de pistolet puisque Julien sait qu'en tuant Mme de Rênal c'est lui-même qu'il condamne à mort.La mort à laquelle il se condamne semble inévitable et est mise en valeur par la manière de les narrer.

En effet, l'action de Julien est racontée avec sobriété sans leséléments épiques et sans beaucoup d'effets de dramatisation.

On peut noter des indices annonçant la chute qui arrive lorsque Julien arrive chez l'armurier de Verrièresil «l'accabla de compliments sur sa récente fortune.

C'était la nouvelle du pays.

» On comprend que tous ses efforts qui se trouvent récompensés, et lorsqu'il est enfinreconnu, tout cela va voler en éclats quelques instants plus tard.

Une fois les pistolets chargés on est en attente du moment crucial.

Plus rien ne l'arrête et sa missionressemble au « fatum », à la destiné, qui va le mener vers une fin fatale qui devait arriver.

On peut noter la sensation de la normalité et de la banalité dans les actionsde Julien rendues telles par l'objectivité du récit.

On n'est pas dans la tête de Julien, en ne fait que suivre ses actions.

On ne connaît pas ses sentiments seulement sonunique moment de faiblesse.

La chute est amenée progressivement et elle est d'autant plus fatale puisqu'elle est brutale.

Cette brutalité est marquée par la ponctuation,la phrase est saccadée par les points-virgules, la virgule et s'achève par un point final qui met fin au chapitre : « Julien ne la reconnaissait plus aussi bien ; il tira surelle un coup de pistolet et la manqua ; il tira un second coup, elle tomba.

» Les points-virgules annoncent un prolongement de l'action, la virgule l'arrivé du moment dela mort et le pont final, ce que Julien croit être la mort de Mme de Rênal.On peut rapprocher ces deux coups de pistolet de Julien aux « trois coups […] (qui) annonce(nt) le commencement immédiat de la messe.

» En effet, les trois coupsqui annoncent le début de la chute de Julien peuvent être mis en parallèle avec les trois coups qui annoncent et marquent la fin de sa chute : la sonnerie annonçantl'élévation et les deux coups de pistolet de Julien.

Ces marques sonores définissent l'endroit crucial de la chute du héros, le moment tragique. La défaite de Julien peut être qualifiée aussi d'énigmatique.

On peut s'interroger sur le choix qu'à fait Stendhal en créant cette chute.

En effet, Julien aurait pu trouverune solution pour s'en sortir de la situation dans laquelle il était, il aurait pu mentir et manipuler M.

de La Mole et Mathilde encore une fois.

La chute choisie parl'auteur ne va pas de soi.

Il ya donc plusieurs contradictions dans le personnage.

On peut se demander si Julien a contribué inconsciemment lui-même à sa chute.

Sondésir de vengeance et son orgueil l'ont dominé.

On peut aussi noter que Julien, un jeune homme intellectuel, cérébral est contrôlé par ses passions, ses émotions qui lebloquent physiquement et influent sur ses actions.

Stendhal ne choisit pas non plus la facilité dans le choix du récit de la chute qui n'est pas épique mais au contraireobjective.

L'action de Julien peut être considérée comme résultat d'un orgueil blessé, d'un caprice.

Il a autant du mal à « faire comprendre [à l'armurier] qu'il voulaitune paire de pistolets » qu'à faire comprendre aux lecteurs son choix puisque le lecteur est aussi exalté que l'armurier de la réussite de Julien.Cependant, on peut comprendre la logique de la chute et la justifier si l'on regarde le chapitre 5 du livre I qui est prémonitoire.

En effet, on peut noter des nombreusessimilitudes entre les deux descriptions.

Au début du roman donc, Julien entre dans l'église de Verrières, il a dix-neuf ans, il est seul et il voit le morceau de papier surlequel est écrit : « Détails de l'exécution et des derniers moments de Louis Jernel exécuté à Besançon, le … ».

On peut noter que ce passage peut renvoyer àl'exécution de Julien qui aura lieu après « l'assassinat » de Mme de Rênal.

De même, sur le papier Julien relève les premiers mots d'une ligne : « Le premier pas.

» enitalique qui peut faire échos au premier pas dans cette nouvelle vie dont il était le maître et le dernier pas serait celui de sa chute, quatre ans plus tard dans l'église deVerrières aussi.

On remarque que le prénom de cet homme exécuté est une anagramme de Julien Sorel.

Une autre similitude c'est la description: « Toutes les fenêtreshautes de l'édifice étaient voilées avec des rideaux cramoisis.

» et le « reflet des rideaux rouges qui couvraient les fenêtres » au début du roman qui avec la lumière lefont croire qu'il y a encore du sang sur le sol mais en réalité c'est de l'eau bénite.

Dans notre extrait ce sang pourrait être celui de Mme de Rênal qui mènera vers laperte du sien.

Julien évoque de même les armes : « - Serais-je un lâche ! se dit-il, aux armes ! ».

Encore un mot en italique qui est utilisé dans un sens métaphoriquemais qui évoque l' « assassinat » qui va avoir lieu.

La chute de Julien n'aura pourtant pas lieu dans la même église puisque il se trouve dans « l'église neuve deVerrières.

» ce qui accentue le temps passé et la chute qui vient après la réussite. Ainsi, l'ascension sociale de Julien se termine alors qu'il avait à peine jouit de ses nouveaux privilèges.

On a pu voir que la chute crée par Stendhal a un effet desurprise mais qui est justifié par l'effet d'échos de la présence de Julien dans l'église de Verrières au début de sa gloire et lors de sa chute.

Julien refuse d'êtrecondamné par la société, par M.

de la Mole et se condamne lui-même en défendant son honneur.

Même si Mme.

de Rênal n'est pas morte il sera condamné mais ilaurait tout de même acquiert la réussite souhaité.

C'est la société elle-même qui est un échec puisqu'elle a exécuté Julien.. »

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