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Burkina Faso ( 1985-1986)

Publié le 16/09/2020

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« Burkina Faso 1985-1986 Tout comme en 1984, quelques jours après la célébration du deuxième anniversaire de la "révolution démocratique populaire", le Conseil national de la révolution (CNR), présidé par le capitaine Thomas Sankara, a décidé de dissoudre le gouvernement.

Mais cette fois, l'équipe gouvernementale a été pratiquement reconduite.

Cependant, deux nouvelles structures (le Conseil d'administration ministériel et la Commission du peuple chargée du secteur ministériel) ont été créées, renforçant l'influence des Comités de défense de la révolution (CDR) auprès de chaque ministre. Les CDR, dirigés par le capitaine Pierre Ouédraogo, très lié au chef de l'État, sont désormais omniprésents dans la vie et l'administration du pays, et la position des militaires s'est encore sensiblement renforcée au sein du régime. En effet, depuis la mise à l'écart de la LIPAD-PAI (Ligue patriotique pour le développement-Parti africain pour l'indépendance) de tendance marxiste-léniniste, en août 1984, les forces civiles n'ont plus guère d'influence dans la direction du pays et les syndicats ont souvent dû s'effacer au profit des CDR créés dans les services.

La Confédération syndicale burkinabé (CSB), centrale la plus active qui avait soutenu le régime, semble être en sommeil, et son dirigeant, Soumane Touré, membre de la LIPAD-PAI, est détenu depuis janvier 1985.

De nombreux responsables de syndicats contestataires proches du PCRV (Parti clandestin marxiste-léniniste, pro-albanais) ont été arrêtés puis relâchés à plusieurs reprises en 1985 et 1986. Dans ce climat politique assez tendu, la guerre éclair qui a opposé le Burkina Faso au Mali à la fin du mois de décembre 1985, à propos d'un litige frontalier datant de l'indépendance, n'a pas suscité un élan national susceptible d'apaiser ces divisions.

Du reste, profitant d'un meeting de "réconciliation avec les frères maliens", le président Sankara, soucieux d'apaiser les tensions internes au pays, a annoncé des mesures de clémence en faveur de hauts dirigeants des régimes précédents, dont les ex-présidents Saye Zerbo et Jean-Baptiste Ouédraogo.

En février 1986, deux membres de la LIPAD-PAI, l'ancien ministre Adama Touré et son homonyme syndicaliste, emprisonnés en octobre 1984, ont été libérés.

Enfin, alors que les suspensions et licenciements de fonctionnaires "pour attitude contre-révolutionnaire" s'étaient multipliés de façon inquiétante, les autorités ont officiellement réintégré 250 des 2 000 enseignants licenciés pour fait de grève en mars 1984. Le CNR semble avoir péché en matière économique et sociale par un excès de pragmatisme et de précipitation qui a nui à sa crédibilité.

Certaines mesures comme la suppression des loyers ou la réforme de l'école ont été rapportées.

Le pays connaît une situation financière difficile: début mai 1986, le budget, sérieusement grevé par le service de la dette extérieure, n'était toujours pas clairement arrêté.

L'effort populaire d'investissement s'est traduit par une ponction de 5 à 12% sur les salaires, ce qui a accru le mécontentement de couches urbaines acquises au régime à ses débuts.

La marge de manoeuvre du CNR, qui entend toujours accorder la priorité à la paysannerie, s'est trouvée d'autant plus réduite.

Par le biais de campagnes massives de vaccination, la distribution de vivres dans les régions sahéliennes ou la participation à l'aménagement de la vallée du Sourou, les CDR, qui ont tenu en avril 1986 leur première conférence nationale, occupent le terrain, mais ils ne semblent plus. »

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