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André Malraux, PRÉFACE AUX LIAISONS DANGEREUSES, roman de Pierre Choderlos de Laclos

Publié le 15/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : André Malraux, PRÉFACE AUX LIAISONS DANGEREUSES, roman de Pierre Choderlos de Laclos Ce document contient 3798 mots soit 8 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Littérature.

« André Malraux, PRÉFACE AUX LIAISONS DANGEREUSES, roman de Pierre Choderlos de Laclos Dans cette préface désormais célèbre, André Malraux définit, en général, le personnage significatif comme un hérosqui se donne un but, met en oeuvre la volonté de le réaliser et systématise cette pratique.

Ici, il applique cettedéfinition à la marquise de Merteuil et au vicomte de Valmont, les deux protagonistes essentiels des Liaisonsdangereuses, roman épistolaire écrit par Laclos, officierd' artillerie.Préface aux Liaisons dangereusesLe personnage significatif tel qu'il naît chez Laclos n'est pas un ambitieux : encore que son domaine soit très prochede celui de l'ambition, puisqu'il est celui de l'action sur les êtres.

Ni la marquise ni Valmont n'ont envisagé le pouvoirpolitique comme moyen d'action : la société trop forte encore les contraint à l'hypocrisie, comme Julien, mais noncomme les héros de Balzac, nés plus tard.

Pourtant, comme on conçoit aisément une politique de Valmont, etcomme elle serait proche de celle de l'autre technicien du masque, Machiavel...

A moins qu'elle soit seulement celleque Laclos mit au service du duc d'Orléans...Les personnages significatifs de Laclos ont, pour agir sur le lecteur, une raison profonde : ils portent d'autant plus àl'imitation qu'eux-mêmes imitent leur propre personnage.

Fait nouveau en littérature : ils se conçoivent.

Et non pasune comédie.

Don Quichotte se conçoit en tant que Mambrin, mais il est fou ; Valmont se conçoit bien commeValmont.

Il projette devant lui une représentation de lui-même faite d'un ton particulier, de lucidité, de désinvoltureet de cynisme, très concrète pour le lecteur ; et les moyens qu'il emploie pour se conformer à cette image sontceux que Laclos suggère au lecteur pour ressembler à Valmont.

Cette fascination par son personnage est la seulepassion véritable du vicomte : elle n'est pas étrangère à sa rupture avec la marquise, et c'est elle qui lui feraaccomplir l'acte le plus important à ses yeux de tout le livre : l'envoi de la lettre insultante à Mme de Tourvel.Les deux personnages essentiels agissent donc avec d'autant plus de virulence qu'ils le font à deux degrés, sousleur image mythique et leur image vivante ; celle-ci devenant son modèle en action, confronté à la vie, incarné ;l'oeuvre d'art bénéficiant à la fois de la méthode nécessaire à cette image incarnée pour agir, etdu prestige permanent de l'image mythique.

Comme le destin de tous les personnages des Liaisons est, à des degrésdivers, gouvernés par ces deux-là, ils ont exactement une situation de démiurges ; ils sont descendus de l'Olympede l'intelligence pour tromper les mortels.

Les Liaisons, si on les résumait, seraient une mythologie.Laclos le sent si bien que, malgré la fin de son roman, malgré le vêtement de faits dont il ajuste si bien les héros, iln'attaque jamais ceux-ci dans leur élément mythique : leur prestige.

L'origine des Liaisons est, somme toute, unehumiliation de la marquise, puisque, si Gercourt ne l'avait pas quittée, il n'y aurait pas d 'intrigue.

Mais cet abandonest pour le lecteur de pure information.

De haine véritable (qui donnerait au roman une tout autre épaisseur, etd'ailleurs changerait son optique), de blessure d'orgueil semblable à la blessure d'amour de Mme de Tourvel, il n'estpas question.

Jamais Laclos n'a voulu Mme de Merteuil vaincue : la petite vérole, c 'est le dénouement postiche desromans de 1'hypocrisie, l'exempt de Tartuffe.

Si bien que, lui qui développe inépuisablement la honte ou la douleurde Mme de Tourvel, ne fera pas écrire une seule fois la marquise vaincue.

Qu'on parle d'elle : elle ne parlera plus.

I.

Questions 1.

Quelle interprétation globale Malraux donne-t-il des personnages de Laclos ? Qu'est-ce qui fait d'eux despersonnages hors du commun ?2.

Comment comprenez-vous l'expression « image mythique » employée par Malraux ?3.

Expliquez la progression de la démonstration logique en insistant sur ce qui relève de la stratégie de Laclos et surce qui se réfère à la tactique de ses personnages. II.

Travaux d'écriture 1.

Dans la prétendue préface des Liaisons dangereuses — en fait, Laclos a inventé cette présentation de toutespièces —, un rédacteur affirme avoir rassemblé les lettres des personnages et vouloir engager ses lecteurs àadopter une conduite morale pour ne pas connaître les tourments des correspondants du roman par lettres.

Ce butédifiant est-il crédible selon Malraux ? Et, éventuellement, si vous avez lu le roman, selon vous ? Vous produirez uneréponse cohérente et rédigée en une quarantaine de lignes.2.

Les personnages de Laclos sont des libertins.

Après avoir défini ce terme avec rigueur, vous montrerez, enquarante lignes environ, ce qui caractérise, pour Malraux, la démarche du libertin.3.

Quel est le rôle joué, selon Malraux, par l'orgueil dans la conduite amoureuse du vicomte de Valmont ? Appréciezla validité de ce type de comportement en vous référant à votre connaissance de la littérature et développez votrepoint de vue personnel (en une cinquantaine de lignes). CORRIGÉ Question 1 : Quelle interprétation globale Malraux donne-t-il des personnages de Laclos? Qu'est-ce qui faitd'eux des personnages hors du commun ?. »

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