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Anderson - L'imaginaire national

Publié le 28/06/2026

Extrait du document

« 1 Benedict ANDERSON, L’imaginaire national (1996) Introduction générale (hors texte) sur l’idée de nation et sa famille connexe ➢ Girardet, L’idée nationale en France 1870-1914 ➢ Cabanel, La Question nationale au XIXe siècle Nation : terme qui remonte au MA (« pré-nation » dans la période médiale mais le pouvoir est plus exercé au nom de la Providence et du roi plutot qu’au nom de la nation), dont l’étymologie signifie le lieu de naissance (rapport charnel).

Désigne un peuple qui a un sentiment d’appartenance commune : selon Antony SMITH, ce sentiment est fondé sur des caractéristiques communes (langue, coutume: le + évident au sens commun) ; selon Benedict ANDERSON, au contraire, sur des liens imaginaires et inventés par des élites politiques (nb : or, cette approche suppose que la nation n’est qu’une fiction, une « communauté imaginaire » alors que ses effets sont bien tangibles aujourd’hui : ds quelle mesure la nation n’est-elle qu’une convention sociale ?) ; Tendance globale à voir la nation comme un tout, principe explicatif suprême qui l’emporte sur l’individu ou toute autre considération. Nationalisme : terme qui fait que tardivement, progressivement et de façon idéologique son apparition : adjectif « nationalist » (1715), dictionnaire de Samuel Johnson (1773), dictionnaire de Pierre Larousse ds le dernier quart du XIXe, popularisé par un article de Barrès dans le Figaro en 1892. Il est alors moins péjoratif que chauvinisme (patriotisme fanatique et peu intellectualisé, + populaire?). Selon Ernest GELLNER, il s’agit une théorie de légitimité politique qui exige que les limites ethniques coïncident avec les limites politiques (souci prioritaire de défendre l’indépendance et d’affirmer la grandeur nationale, exaltation du sentiment national). Patriotisme : certains (Romain Gary ?) disent que le patriotisme est l’amour de soi quand le nationalisme est la haine des autres (un peu schématique).

C’est la Révolution frçse invente le patriotisme moderne : « Amour sacré de la patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs » Chauvisme : mot qui apparait dans les années 1840, dont le souvenir est ravivé par la propagande de Napoléon III (source de légitimité guerrière).

Désigne un patriotisme ou nationalisme exclusif et excessif, dénigrant systématiquement tout ce qui est étranger au profit d'une admiration inconditionnelle pour ce qui est national.

Le mot « chauvin » désignait un type de soldat enthousiasme cf.

La figure de Nicolas Chauvin, un volontaire (vétéran de Valmy et d’Austerlitz) d’origine paysanne (soldatlaboureur) qui s’était fait remarquer début XIXe par un patriotisme à tout crin et sa passion pour Napoléon (a reçu 17 blessures, ttes par devant…). cf.

MICHELET, Le Peuple, 1846, exaltant « cette vaste et profonde légion de paysans-propriétaires soldats, la plus forte base qu’aucune nation n’ait eue depuis l’Empire romain » : idéalisation car de nombreux paysans répugnent à mourir pour la France (nbses insoumissions, désertions, jusqu’en 1870), car ne connaissent que leur terroir (l’agrarisme de la IIIe République essaiera d’articuler grande et petite patrie). 2 Rapide historique en France : tendance politique, le nationalisme ø exclusivement une tendance de droite • Ancien Régime : unité nationale incarnée dans la figure royale : sentiment patriotique confondu avec l’amour du roi • 1789 : Révolution - deux conceptions de la nation : - la Nation soumise des sujets - la Nation souveraine des citoyens (pour les « patriotes ») : la nation est une unité de volontés fondée sur le contrat social : miracle de Valmy, où l’on crie « Vive la Nation ! ».

Essor aussi d’un discours de haine de l’ennemi intérieur, (avec les anciens privilégiés), comme extérieur (contre l’Europe des rois, mais pas leurs peuples, qu’il s’agit de libérer).

En 1789, être révolutionnaire et être patriote sont employés comme synonymes : le patriotisme est d’abord né à gauche. ‣ L’hymne national composé en 1792 est d’abord un chant de guerre : « Aux armes, citoyens ! » ‣ Chant du Départ (1794) : « La république nous appelle / Sachons vaincre ou sachons mourir / Un Fçais doit vivre pour elle / Pour elle un Fçais doit mourir ». • XIXe : la gauche invente la nation souveraine.

Mais : - si la plupart des rep (dc des hô de gauche) du XIXe furent patriotes (en référence à la Rev), ts ne furent pas nationalistes (cf ironie de Clemenceau, prt grd patriote, sur le sentiment de supériorité) - si de nbx nationalistes st républicains, certains, après 1880, ont contesté la République parlementaire comme régime décadent, corrompu (Déroulède, Barrès, Action frçse de Maurras). • An II et Empire : bcp de soldats vivent le sacrifice comme légitime, pourvu de sens (cause juste) • Mde J : reprend le drapeau tricolore, le journal Le National est plutôt à gauche • 1848 : Lamartine fait préférer le drapeau tricolore au drapeau rouge, justement parce qu’il rappelle la gloire de la Révolution française sans signifier une agression pour le reste de l’Europe. • 1870 : défaite rend le nationalisme + exclusif, + chauvin : on a vu ce qu’il en coûtait d’encourager l’unification allemande au titre du principe des nationalités.

Mais pour GIRARDET, le discours sur la Revanche fut surtout un mythe (un peu oublié à la Belle Epoque) : les autorités républicaines ne font pas grand chose concrètement pour récupérer les provinces perdues, et misent plutôt sur le dérivatif colonial.

C’est contre cela en partie que le nationalisme de droite réagit (mais peut-être ses objectifs en sont pas plus intérieurs - lutter contre la décadence - qu’extérieurs et militaires) • Fin de siècle : démocratisation, jeu du SU, scolarisation et service universel sont des facteurs de massification de l’idée patriotique qui selon certains ont favorisé le nationalisme • Boulangisme : GIRARDET considère que commence avec le boulangisme « nationalisme des nationalistes », qui considèrent que la république parlementaire trahit la patrie et qu’ils en sont les seuls dignes défenseurs : culte de la Revanche retourné contre les institutions en place. • Affaire Dreyfus : nationalisme glisse à droite : droite monarchiste + sensible à l’idée de France éternelle (vieil Etat-nation, le sentiment national existe dans certains milieux depuis le MA, comme le montrent les travaux de Colette BEAUNE sur Jeanne d’Arc). → En tout cas, le nationalisme a pu tenter des gens de droite comme de gauche (sauf évidemment les internationalistes) : il y a ici de nbx glissements de terrain. - Nationalisme fermé et nationalisme ouvert : A la suite de GIRARDET, WINOCK distingue : Nationalisme fermé, qui procède par exclusion des intrus et définit la nation en fonction de critères ethniques : héritier d’une vision contre-révolutionnaire, allemande de la nation. Thèmes et mythes nationalistes : haine de l’étranger, populisme (il faut créer un lien direct avec le peuple et le chef d’état, un homme fort), thème de la décadence (cause : la république), antiparlementarisme, défense de l’armée et de l’ordre moral (antidreyfusisme), recours à l’histoire dans la justification de leurs théories. 3 WINOCK, Nationalisme, antisémitisme et facisme en France, Paris, Seuil « Points histoire », 1990 Le mythe de Jeanne d’Arc Le mythe juif 1.

Terre et racines (paysanne, travail + effort, vie saine et naturelle, le peuple) 1.

Errance, la ville (nomade, spéculation + capitalisme, monde morbide, intellectuels) 2.

Patrie (unité nationale, servante de la royauté, contre les Anglais) 2.

Anti-France (agent de la décomposition, profiteur de la Révolution, Juifs-Anglais) 3.

Spiritualité (Ste catholique, surnaturel, virginité) 3.

Matérialisme (déicide, utilitarisme, prostitution) 4.

Race supérieure 4.

Race inférieure Dreyfusisme Antidreyfusisme Vérité Autorité Justice Ordre Raison Instinct / loi naturelle Universalisme Nationalisme exclusif Droits de l’homme Préservation sociale Individualisme Holisme Trois figures majeures du nationalisme fermé : • Paul Déroulède (1846-1914) : soldat et poète patriotique (écrit Les chants du Soldat en 1872), il entretient un discours très revanchard et veut mettre fin au régime parlementaire de la IIIe République (participe au coup d’Etat du 23 février 1899) • Maurice Barrès (1862-1923) : né en Lorraine, il déclare « le nationalisme règle l’univers » (Le Figaro, 4 juillet 1892).

Participe à la Ligue de la Patrie française (1898), anti-dreyfsarde et attachée à la République.

Connu pour la loi Barrès. Obsèques nationales. • Charles Maurras (1868-1952) : représentant du nationalisme intégral (littéraire et régional).

Pr lui, la décadence de la France tient à 3R : Réforme (protestants), Révolution et Romantisme.

Fonde en 1898 l’Action Française (condamnée en 1926 par le pape) et publie en 1900 une « Enquête sur la monarchie » : la solution aux pbs de la France tiendrait au retour de la monarchie en menant une campagne contre les « 4 Etats confédérés de l’Anti-France », que sont pour lui les Juifs, Protestants, Métèques et Francs-Maçons. - Nationalisme ouvert, plus tourné vers la mission civilisatrice de la France (et volontiers colonisateur) et croyant en l’intégration des éléments venus de l’extérieur (! personne n’est alors multiculturaliste : tout le monde ou presque croit que la civilisation occidentale est la plus évoluée, même Marx) Nationalisme des républicains : L on Gambetta (1838-1882), Lois Ferry (1881-1882), Giordano Bruno, Le Tour de France par deux enfants (1877), Ernest Lavisse, Histoire de France (1876) : « Tu dois.... »

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