Analyse Nana, ZOLA
Publié le 15/04/2026
Extrait du document
«
Texte 6 : Nana,Zola, 1880
À cette heure, Nana, très tourmentée, n'était guère à la rigolade.
Il lui fallait de
l’argent.
Quand la Tricon n'avait pas besoin d'elle, ce qui arrivait trop souvent, savait
où donner de son corps.
Alors, c'était avec Satin² des sorties enragées sur le pavé de
Paris, dans ce vice d'en bas qui rôde le long des ruelles boueuses, sous la clarté
trouble du gaz Nana retourna dans les bastringues de barrière, où elle avait fait sauter
ses premiers jupons sales; elle revit les coins noirs des boulevards extérieurs, les
bornes sur lesquelles des hommes, à quinze ans, l'embrassaient, lorsque son père la
cherchait pour lui enlever le derrière.
Toutes deux couraient, faisaient les bals et les
cafés d'un quartier, grimpant des escaliers humides de crachats et de bière renversée;
ou bien elles marchaient doucement, elles remontaient les rues, se plantaient debout,
contre les portes cochères.
Satin, qui avait débuté au quartier Latin, y conduisit Nana,
à Bullier et dans les brasseries du boulevard Saint-Michel.
Mais les vacances
arrivaient, le quartier sentait trop la dèche.
Et elles revenaient toujours aux grands
boulevards.
C'était encore là qu'elles avaient le plus de chance.
Des hauteurs de
Montmartre au plateau de l'Observatoire, elles battaient ainsi la S ville entière.
Soirées de pluie où les bottines s'éculaient, soirées chaudes qui collaient les corsages
sur la peau, longues factions, promenades sans fin, bousculades et querelles,
brutalités dernières d'un passant emmené dans quelque garni borgne et redescendant
les marches grasses avec des jurons.
Introduction
Dans cet extrait de Nana, Emile Zola nous plonge dans un moment de la vie de Nana, protagoniste
du roman, qui illustre les conditions de vie difficiles et le parcours chaotique d’une jeune femme en
quête d’argent et d’évasion à travers la prostitution et la vie nocturne parisienne.
Ce passage met en
lumière son quotidien fait de débauche, de misère et de violences urbaines.
1.
La recherche désespérée d'argent 1-3
Ce besoin d’argent est central dans la scène.
Le terme « tourmentée » évoque une souffrance
intérieure et une urgence, une pression qui la pousse à se tourner vers des pratiques dégradantes.
>nécéssité
• L'usage de l’adj « tourmentée » et de l’expression « il lui fallait de l’argent » met en lumière
l’urgence de la situation et la lourdeur du fardeau que porte Nana ; « fallait » : verbe
d’obligation+COI « de l’argent »
• « n’ guère » négation partielle
> attente
• imparfait d’habitude > très récurrent
• L'ellipse p.sub;circ de temps « Quand la Trison n'avait pas besoin d'elle » suggère
l’indépendance des hommes et le manque de constance de la situation de Nana, renvoyant à
l’instabilité de son quotidien.
• « Trop souvent » adverbe temps, appuyé par adv d’int « trop » montrant régularité
• périphrase, prostituer « donner de son corps »
• Adjectifs et adverbes (« très tourmentée », « guère à la rigolade ») marquent l'intensité de
son état psychologique.
• Ellipses et anaphores (« il lui fallait de l’argent ») créent un sentiment de répétition et
d'obsession autour de ce besoin.
2.
Le retour dans les bas-fonds de Paris 3-5
Axe 2 : La régression dans les bas-fonds de Paris Nana fait un retour dans des lieux sordides et
dégradants : « les bastringues de la barrière », où elle « avait fait sauter ses premiers jupons sales ».
L’évocation des « coins noirs des boulevards extérieurs » et des lieux de débauche montre que Nana
retourne à ses origines, à un milieu misérable et brutal.
Cette régression géographique et sociale
symbolise la boucle infernale dans laquelle elle se trouve piégée, incapable d’en sortir.
Procédé littéraire :
• Temporalité : - Alors : adv de conséquence
• Récurrence : -métaphore « sorties enragées »
-pluriels « des sorties » , « pleins de fois »
Lieux sinistres :
• « dans ce vice d’en bas » lieux sordides
• « le long des ruelles boueuses » adj péjoratifs
• « rode » un peu permissieux
• « sous la clarté trouble au gaz » oxymore
•
• La répétition des lieux « bastringues », « coins noirs », « boulevards extérieurs » accentue....
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