Analyse linéaire rêverie du nouvel an extrait des Vrilles de la vigne de Colette
Publié le 07/05/2026
Extrait du document
«
AL extrait de la fin de « Rêverie de nouvel an »
Les Vrilles de la vigne de Colette
Les Vrilles de la vigne est un recueil de plusieurs nouvelles de Colette publié en
1908.
Ce recueil rassemble de courtes nouvelles d’origine biographique dans
laquelle l’auteur exprime son goût pour la nature, ses rencontres amoureuses, sa
nostalgie de son enfance.
Quand elle écrit cette nouvelle elle vit depuis 16 ans à
Paris, divorcée et seule en compagnie de ses animaux La promenade nocturne
avec ses deux chiennes devient le prétexte à une rêverie qui transforme le
paysage urbain sous la neige en un objet poétique.
L’extrait étudié se situe à la
fin de la nouvelle.
De retour chez elle, cette promenade lui rappelle son enfance
qu’elle évoque avec nostalgie prenant conscience que les années ont passées.
Lecture expressive
Problématique : Comment Colette, à travers une évocation poétique du matin
d’hiver, exprime-t-elle une méditation intime sur le temps, l’enfance et le
vieillissement ?
Mouvements du texte :
Premier mouvement, L.1 à L.6 « vous rendre à moi !» : évocation poétique
de la ville propice au souvenir
Deuxième mouvement L.6 « c’est mon visage » à L.10 «je rêvais… » : le
miroir, image du double de Colette
Troisième mouvement L.10 « d’un pinceau ému » à 14 « et s’envole » :
souvenir éphémère de Colette enfant
Quatrième mouvement L.15 « L’eau sombre » à fin : L’acceptation du
vieillissement
Premier mouvement, L.1 à L.6 « de vous rendre à moi ! » : évocation
poétique de la ville propice au souvenir
Le texte débute par une description sensorielle et poétique de l’hiver.
L’accumulation de groupes nominaux « Matins d’hiver, lampe rouge dans la nuit,
air immobile… » plonge immédiatement le lecteur dans une atmosphère
hivernale et figée et sonne comme une véritable incantation.
L’opposition entre
lumière et obscurité est marquée par l’antithèse « lampe rouge dans la nuit »
amplifiée par l’oxymore « aube obscure », et met en place un véritable clairobscur créant une ambiance inquiétante.
La personnification des « sapins
accablés » et la métaphore du « fardeau de vos bras noirs » donnent une
impression de poids et de fatigue, accentuant l’effet de lourdeur causé par la
neige « étouffé de neige ».
Les termes « éventail » les « passereaux » et les
« jeux » apportent un peu de légèreté et de mouvement dans cet univers figé.
Mais cette légèreté est aussitôt contrebalancée par l’association à un terme
négatif « coup, effarés, inquiets » soulignant une certaine mélancolie de Colette.
Cependant la description s’achève sur une note plus féérique avec le champ
lexical de la luminosité « cristal, pailletée, irisée ».
L’expression « brume irisée
d’un jet d’eau », l’eau est souvent un symbole de renaissance pour Colette, suivit
de points de suspension met en place le passage aux souvenirs, comme si
Colette venait de franchir une porte, passant d’un monde à un autre.
L’apostrophe lyrique « Ô » et la forme exclamative soulignent la nostalgie de
l’auteur.
L’évocation des « hivers de mon enfance » met en place le motif du
souvenir et du temps qui passe.
La construction syntaxique de la phrase « une
journée d’hiver vient de vous rendre à moi », où le sujet du verbe est une
journée et Colette est l’objet du verbe, insiste sur le pouvoir évocateur du
moment présent qui fait ressurgir les souvenirs.
Deuxième mouvement L.6 « c’est mon visage » à L.10 «je rêvais… » : le
miroir, image du double de Colette
Le pronom démonstratif « C'est » introduit une affirmation forte, soulignant la
quête du passé.
L’opposition « mon visage d’autrefois » / « mon visage de femme » met en
exergue le contraste entre la jeunesse passée et la réalité du présent.
Cette
confrontation entre la Colette jeune et la Colette adulte est mise en place par le
miroir, symbole d’une invitation à une réflexion spirituelle sur soi-même.
L’anadiplose (reprise d’un mot » « femme, femme ; jeune jeunesse » l.7 met
l’accent sur la prise de conscience du vieillissement.
L’adverbe « bientôt »
associé au futur proche va quitter souligne la prise de conscience du temps qui
passe.
Le participe passé « Enchantée » traduit l’effet ensorcelant du souvenir,
qui a transporté la narratrice hors du temps.
La juxtaposition et le parallélisme de construction « d’avoir changé » et « d’avoir
vieilli » souligne son étonnement douloureux.
La temporalité floue « pendant que
je rêvais… » suggère que le vieillissement semble s’être produit à son insu,
comme un processus imperceptible et inéluctable.
Par le miroir la narratrice est confrontée à la fuite du temps.
Troisième mouvement L.10 « d’un pinceau ému » à 14 « et s’envole » :
souvenir éphémère de Colette enfant
La métaphore du « pinceau ému » et l’emploi du conditionnel présent met en....
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