analyse lineaire prevert
Publié le 28/01/2026
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«
Introduction
Jacques Prévert est un poète du XXᵉ siècle, associé au surréalisme, connu pour une poésie
accessible qui dénonce les injustices et les automatismes de la société moderne.
Publié en
1946 dans le recueil Paroles, le poème « Familiale » met en scène une famille ordinaire à
travers une succession de gestes quotidiens.
Derrière cette apparente banalité, Prévert propose
une critique ironique d’un mode de vie fondé sur la répétition et l’absence de communication.
👉 Problématique :
On peut se demander comment Jacques Prévert transforme une scène familiale banale en
une critique de la routine et de la déshumanisation sociale.
👉 Annonce de plan :
Nous verrons d’abord comment le poème présente une vie familiale mécanique et répétitive,
puis comment Prévert dénonce, à travers cette routine, l’aliénation des individus et
l’absence de relations humaines.
Analyse linéaire
1️⃣ Une scène familiale répétitive et mécanique (début du poème)
Dès le début du poème, Jacques Prévert présente une famille réduite à ses rôles sociaux : le
père, la mère et le fils.
Les personnages ne sont pas individualisés : ils n’ont ni prénom, ni
psychologie, ce qui leur donne une valeur générale et universelle.
Cette absence d’identité
souligne le caractère stéréotypé de la famille représentée.
Les vers reposent sur une structure syntaxique répétitive, construite autour de phrases
simples et juxtaposées.
Les mêmes verbes reviennent pour décrire les actions quotidiennes, ce
qui crée un rythme monotone.
Cette répétition traduit une vie réglée par l’habitude et la
routine, sans surprise ni émotion.
Prévert emploie un vocabulaire concret et ordinaire, proche du langage parlé.
Cette
simplicité apparente rend la scène réaliste, mais elle renforce surtout l’idée d’un quotidien
vide de sens.
Les gestes sont énumérés mécaniquement, comme s’il s’agissait d’un emploi du
temps ou d’un mode d’emploi.
On remarque également l’absence totale de dialogue entre les membres de la famille.
Ils sont
physiquement réunis, mais aucune communication réelle n’existe.
Cette absence de parole
est paradoxale dans un recueil intitulé Paroles et souligne la déshumanisation des relations
familiales.
Enfin, le ton neutre et descriptif du poème donne l’impression que le poète se contente
d’observer la scène.
En réalité, cette neutralité crée une distance ironique : en montrant la
répétition sans la commenter directement, Prévert pousse le lecteur à percevoir l’absurdité de
cette vie familiale automatisée.
👉 Bilan de la partie :
Le début du poème met en place une scène familiale ordinaire, mais marquée par la répétition,
l’absence de communication et la mécanisation des gestes, ce qui prépare la critique sociale
développée dans la suite du texte.
2️⃣ Le travail et l’école : une critique sociale implicite (milieu du poème)
Dans la suite du poème, Jacques Prévert montre comment chaque membre de la famille est
enfermé dans un rôle social précis.
Le père part au travail, la mère reste à la maison, et le fils
se rend à l’école.
Cette répartition stricte renvoie à une organisation traditionnelle de la
société, fondée sur la répétition et la hiérarchie.
Le travail du père est présenté sans détail ni valorisation.
Il n’est pas question de passion ou
d’épanouissement, mais simplement d’une obligation quotidienne.
Cette absence de précision
suggère un travail aliénant, qui réduit l’individu à une fonction économique.
Le père n’existe
qu’à travers ce qu’il fait, et non ce qu’il ressent.
La mère, quant à elle, est associée aux tâches domestiques.
Là encore, Prévert ne mentionne
aucune émotion : la mère accomplit ses gestes de manière automatique.
Le poète dénonce
ainsi la condition féminine dans une société où la femme est cantonnée à l’espace privé et à
un rôle invisible, mais indispensable au bon fonctionnement du système familial.
L’école, enfin, occupe une place centrale dans cette critique sociale.
Le fils y est envoyé pour
apprendre à obéir et à reproduire le même modèle que ses parents.
L’école n’est pas présentée
comme un lieu d’épanouissement, mais comme un outil de conditionnement social, qui
prépare l’enfant à intégrer plus tard le monde du travail.
La construction du poème repose toujours sur la répétition et la juxtaposition, ce qui
renforce l’idée d’un cycle sans fin.
Chaque journée ressemble à la....
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