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Analyse linéaire : Extrait de Ourika de Claire de Duras

Publié le 25/02/2026

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« Analyse linéaire : Extrait de Ourika de Claire de Duras Introduction Au début du XIXe siècle, après la Révolution française, le combat contre les injustices se poursuit et particulièrement la lutte contre l'esclavage.

Claire de Duras s'inscrit dans cette lutte avec son roman Ourika publié en 1824 qui raconte les affreuses expériences d’Ourika. C’est une sénégalaise qui n'est pas tombée dans l'esclavage et qui, au contraire, a été élevée par Mme la Maréchale de B.

Même si l'héroïne a su intégrer les us et coutumes de la France, la société n'est pas prête à lui accorder une place digne de ce nom.

Après le bal organisé en son honneur, les paroles de la marquise lors de sa conversation avec la mère d’Ourika montrent les aprioris de la société.

Ourika, qui écoute la conversation cachée derrière un paravent, est donc confronté à une prise de conscience difficile.

L'extrait que nous allons étudier se compose de cette conversation et des ressentis d’Ourika. Lecture expressive Problématique et Plan Nous nous demanderons comment la révélation de cet extrait fait d’Ourika une héroïne tragique.

Pour cela, nous verrons d'abord l'isolement social d’Ourika.

Puis, nous continuerons avec l’isolement conjugal d’Ourika.

Et enfin, nous terminerons avec l'échec de l’éducation dans une société fondée sur des inégalités. I. Isolement social d’Ourika La marquise est l’actrice principale de ce qui relève du coup de théâtre.

L’auteur dramatise la prise de conscience d’Ourika en empruntant des éléments des scènes de révélation au théâtre.

En outre, il y a une sorte de quiproquo car on croit Ourika absente.

Il y a l’intervention du paravent qui est l’objet symbolique souvent utilisé au théâtre qui permet de cacher mais aussi qui permet l’éclosion de la vérité.

De plus, le portrait de la marquise et la description des circonstances retardent le contenu de la discussion et ménagent un certain suspense.

Le recours au discours direct permet de dramatiser la scène.

Nous pouvons également remarquer que la marquise ne va pas par quatre chemins et qu’elle exprime la situation telle qu’elle est.

La marquise tient des propos valorisants à l'égard d’Ourika comme le montre les adjectifs « charmante », « naturelle ».

Cependant, à l'aide de la conjonction de coordination « mais », elle oppose tous ses propos à la dure réalité qui souligne tout le paradoxe de la vie d'Ourika.

Cela veut dire qu’Ourika a tout pour faire partie de ce monde dans lequel elle a grandi mais elle ne pourra pas être acceptée comme le témoigne la question « que deviendra-t-elle ? ».

De la sorte, la marquise conduit Mme de B à verbaliser ce qui restait dans le non-dit comme le montre la phrase « je vous l'avoue ».

Nous pouvons noter l’utilisation du pronom adverbial « en » qui chosifie et déshumanise Ourika et traduit bien le rôle divertissant qu’elle joue au sein de la famille malgré une sincère affection. L’interjection « Hélas » traduit bien l'impuissance de Mme la Maréchale de B face à la situation.

Nous pouvons noter l’importance de la locution « comme si » qui introduit une compar aison et exhibe l’effroyable paradoxe de la vie d’Ourika.

La phrase « cette pensée m'occupe souvent » révèle la conscience de la situation dans laquelle la bienfaitrice a placé sa fille adoptive.

L'utilisation du conditionnel « je ferais » met en avant le fait que cela ne peut advenir dans la réalité, c'est-à-dire qu’Ourika ne peut pas être heureuse.

L'absence d'alternative est montrée par la métaphore médicale « sans remède » qui sous-entend que la position d’Ourika n'est pas curable, d’ailleurs son médecin ne parviendra pas non plus à la soigner.

La phrase « je la vois seule, pour toujours seule dans la vie » tombe comme un couperet de la fatalité.

Les exclamations présentes dans cette phrase traduisent l'émotion de la maréchale.

L’utilisation du verbe « vois » fait de cet assertion une vérité et non une hypothèse.

L’adjectif « seul » visant Ourika est répété comme un clou cloué dans l'esprit d’Ourika qui ne parviendra pas à se libérer de ces paroles.

L'utilisation de l’adverbe « toujours » renforce le caractère inéluctable de l’assertion.

Ourika est ainsi condamné par sa mère et son amie à être malheureuse et seule toute sa vie, faute de place pour elle dans cette société.

Dans la phrase suivante, la narration est à la première personne du singulier comme le montre le pronom « moi ».

Cela conduit le lecteur à pénétrer dans l'intériorité d’Ourika.

C’est une première dans l’histoire de la littérature occidentale et c’est aussi un coup de force de l’autrice qui cherche ainsi à mieux sensibiliser le public.

Sa situation ne peut qu’apitoyer le lecteur moderne ou le public sensible à cette cause.

Elle vise à ouvrir les yeux du lecteur ce qui explique le jeu du regard qui traverse cet extrait.

La narratrice s'adresse également au lecteur par le biais du pronom personnel « vous » qui implique le lecteur dans l'histoire.

La comparaison avec « L'éclair » marque la fulgurance de la prise de conscience qui dramatise également le moment.

Le recours au terme dépréciatif « négresse » témoigne de ce qu’Ourika intériorise des aprioris racistes de ses contemporains et qu’elle.... »

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