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Aimé Césaire - Discours Sur Le Colonialisme: Correction du commentaire composé.

Publié le 17/05/2020

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« Après la Seconde Guerre Mondiale, l’idée de « droit des peuple à disposer d’eux-mêmes » fait son chemin et la décolonisation est en marche (par exemple, en 1947, l’Inde).

En 1950,moins d’un an après le début de la crise algérienne, le poète, dramaturge et homme politique martiniquais Aimé Césaire écrit alors le Discours sur le colonialisme.

Il est, avec d’autresétudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop) à l’origine du terme de« Négritude ».

Ce concept vise à rejeter le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, à dénoncer le racisme.

Construit contre l'idéologie colonialefrançaise de l'époque, le projet de la « Négritude» est au départ plus culturel que politique.

Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, àdestination de tous les opprimés de la planète.

Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Comment prend-il part au combat contre le colonialisme ? L’extrait étudié montre bien que le Discours sur le colonialisme est un réquisitoire anticolonialiste.

Nous verrons que le texte fonctionne selon une contre-argumentation méthodique, quiétablit un réquisitoire contre le colonialisme en même temps qu’un plaidoyer en faveur de la « négritude ». Il s’agit là d’un discours fortement ancré, où le présent d’énonciation dénonce une réalité quotidiennement et objectivement observée, comme le montrent les verbes de vision : « je vois bien »,répété, « je regarde et je vois », « je constate ».

L’auteur prend position personnellement et exprime son sentiment « ne me consolerons ».

La première personne récurrente, et parfoisde manière emphatique « moi, je », montre l’engagement du poète dans la lutte.

Les répétitions impriment au texte un rythme, elles semblent scander le discours.

En outre, A.

Césaireinclut le lecteur dans un pluriel : «parlons» et l’engage à prendre position par des questions rhétoriques susceptibles de l’impliquer : «Sécurité ? Culture ? Juridisme ? » Le ton de lacondamnation est par ailleurs ferme, les phrases sont, pour le reste, assertives, courtes et au présent.

De plus, le discours se veut lisible et clair : le thème est énoncé dans une première courte phrase : « mais parlons des colonisés » et le plan est souligné de manière assez évidente :violence, contact, culture, responsabilités, engagement personnel.

La pensée est soulignée et synthétisée par des formules qui sonnent comme des aphorismes : « On me parle decivilisation, je parle de prolétarisation et de mystification », « l’abus moderne sur l’antique injustice ; l’odieux racisme sur la vieille inégalité ».

Le présent de vérité générale a alorsremplacé le présent d’énonciation généralisant la condamnation du colonialisme.

« À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification ».

La thèse est clairement énoncée et mise en valeur par l’utilisation des italiques.

Le signe égal et leterme « équation » montrent que le résultat est logique, sans équivoque, comme une fatalité liée au procédé.

Avec la même volonté didactique, A.

Césaire prend soin d’illustrer sonpropos par des exemples qui peuvent être historiques, celui des indiens ou des incas, il y a alors analogie entre leurs situations passées et celles des pays colonisés.

D’autres exemplessont des situations concrètes, ainsi en est-il des chemins de fer et du Congo-Océan.

Le discours apparaît comme une contre-argumentation systématique, l’auteur reprend en effet tous les arguments des colonisateurs et s’attache à en montrer le caractère mensonger.

Celui-ci souligne en effet continuellement dans le texte le décalage existant entre ce qui est dit (« j’entends ») par opposition à ce qui est observé (« je vois »), ce qui est avancé par le colonialiste désigné parl’impersonnel « on » et la réalité vécue : aussi les expressions « on me parle », ou l’aspect familier « on me lance à la tête » soulignant une certaine violence du débat, ou encore « on setargue » qui dénonce à la fois le caractère mensonger et orgueilleux du propos qui est contraire à la vérité qu’observe et dont veut parler la première personne « il y a », « il n’y a de placeque », « à l’heure où j’écris », « moi je parle de », « pour ma part », « à mon tour ».

Le lien d’opposition est parfois implicite, parfois explicite (« mais », « en attendant »), quelquefois renforcé parle caractère nominale de la phrase (« aucun contact humain, mais des rapports de colonisation »), mais il est essentiel à la construction du texte.

La typographie montre d’emblée ladistance prise par le locuteur face à cette vision des choses.

Ainsi les points d’interrogation qui accompagnent les trois premiers arguments sèment le doute.

Les guillemets qui encadrent« réalisations » montrent bien que le terme appartient aux colonialistes et que le locuteur pend ses distances.

Le colonialisme repose en effet sur un mensonge, une mascarade: «parodie de la formation culturelle», « on se targue », « mystification » que le discours dénonce clairement. Il est donc clair que le texte est un réquisitoire contre le colonialisme.

Le texte est construit sur la confrontation entre les arguments traditionnels de la colonisation et les contre-arguments avancés par le locuteur.

Ainsi, Aimé Césaire reprend lesarguments de « sécurité », « culture », « juridisme », « contact humain », « progrès», « réalisations, « maladies guéries » et « niveau de vie élevé ».

Certains « progrès techniques » sontd’ailleurs évoqués comme par exemple « kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer », « la grande ligne ferroviaire africaine du « Congo-Océan » et «le port d’Abidjan », « les tonnages exportés ».

Le texte insiste sur l’antagonisme existant entre les deux partis : « face à face, colonisateurs etcolonisés », « entre colonisateur et colonisé, il n’y a pas de place ».

L’incompréhension est illustrée par la référence aux « interprètes nécessaires ».

Le décalage langagier est enfinsensible dans les réponses que fait le locuteur aux arguments colonialistes : quand on lui parle de « contact humain », le locuteur traduit « rapport de domination et de soumission »,quand on lui parle « progrès », il liste les « pertes », enfin et surtout quand on lui avance des données quantitatives et économiques, «statistiques et kilométrages », « tonnages », ilpense aux hommes : « hommes sacrifiés », « millions d’hommes », « l’homme colonisateur », « l’homme indigène », « ceux qui »… Afin de mettre en évidence les méfaits de la colonisation, l’auteur a recours à de longues énumérations qui mettent en évidence l’accumulation des problèmes.

L’étude des champslexicaux montrent que le texte dénonce d’abord la brutalité physique dont sont responsables les colons : « force », « brutalité », « cruauté », « sadisme », « heurt », « viol », « muflerie »,« rafle », « plus haut tas de cadavres de l’humanité ».

Elle s’accompagne d’une humiliation morale des peuples colonisés « mépris », « méfiance », « morgue », « intimidation »,« domination, soumission ».

La conséquence est l’anéantissement traduit par l’accumulation des participes passés: « vidées », « piétinées », « minées », « confisquées », « assassinées », « anéanties », « supprimées »,« sacrifiés », « arrachés », « détruites », « désorganisées », ce qui montre le chaos dans lequel la société colonisée a été projetée.

Cette idée est d’ailleurs préparée par l’assimilation del’homme à un objet : «l’homme colonisateur» est un « pion », une «chicotte», « l’homme indigène » est un « instrument ».

La colonisation déshumanise : « décérébrées ».

On sentégalement une forme d’ironie participant de la condamnation, dans des expressions comme « nécessaire à la bonne marche des affaires », « élevés au-dessus d’eux-mêmes ».

A l’opposé de ce colonialisme destructeur apparaît en creux un plaidoyer en faveur de la négritude.

Deux énumérations définissent ce que recouvre la « négritude », autrement ditla richesse africaine qu’il s’agit de protéger : on distingue la culture (danse, art), la religion (dieux), les modes de vie (habitudes) et la terre (répétée, Congo et Abidjan).

Certains termessont très valorisants : « magnificences » et « extraordinaires », voire « sagesse ».

Les indigènes sont présentés certes comme malheureux, mais aussi pleins de vie, nombreux,courageux et sages.

Les deux énumérations progressent vers un élargissement dans un crescendo très positif.

Ainsi les italiques mettent en valeur le mot « possibilités » qui est une ouverture illimitées.

On observe un même glissement dans la dernière phrase : leur vie, la vie, la sagesse. Toutefois la vision n’est pas manichéenne dans la mesure où l’auteur reconnait « l’importance de L’Europe dans la pensée humaine » et ne nie pas l’existence des tyrans locaux.

Ils’agit d’une accumulation où chacun a ses torts : « on en a superposés d’autres », « a entassé l’abus moderne sur l’antique injustice », mis en valeur avec un chiasme.

Les tirés « -trèsréels- et –très détestables-« créent une mise en parallèle très forte.

Césaire récuse enfin les accusations portées à son endroit : « ennemi de l’Europe », « prophète du retour aupassé ».

Il les liste puis les déments très clairement « je cherche vainement ».

Au moment où l’Europe fit face à une forte volonté d’indépendance de la part des pays colonisé, le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire apparaît comme une fortedénonciation des méfaits des colons et une véritable plaidoirie en faveur de la « négritude ».

Il s’inscrit pleinement dans la lignée des écrivains engagés qui se sont battus pour combattreles inégalités. On ne peut lire ce discours sans penser à celui de La Boétie sur la « servitude volontaire », le tyran n’est pas ici un individu soumettant un peuple, mais une nation oppressant unautre peuple, ou à Montesquieu qui dans « De l’esclavage », reprend, mais de manière ironique, les arguments des esclavagistes.. »

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