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PASSERAT Jean

PASSERAT Jean. Humaniste et poète français. Né à Troyes (Aube) le 18 octobre 1534; mort à Paris le 14 septembre 1602. Ayant commencé ses études dans sa ville natale, Jean Passerat les termina à Paris, au Collège de Reims; sitôt après il fit carrière dans l’enseignement et professa au Collège du Plessis, au Collège du Cardinal-Lemoine et au Collège de Boncourt. Afin de se perfectionner dans la matière qu’il enseignait déjà, il se plaça pendant quatre ans sous la férule de l’illustre Cujas dont il suivit les cours à Bourges. Rentré à Paris en 1569, Passerat fut précepteur du fils du président Henri de Mesmes et vécut pendant trente ans dans l’hôtel de Mesmes. Poète latin et français, il fit paraître quelques pièces : en 1559 un Adieu à Phœbus et aux Muses et une Ode à Bacchus, en 1562 un Hymne de la Paix, en 1564 un Chant d’allégresse. En 1572, Passerat fut nommé à la chaire d’éloquence au Collège des lecteurs royaux (Collège de France) que venait de quitter Ramus; il y commenta les œuvres de Plaute, Cicéron, Salluste, Catulle, Virgile, Properce, Tibulle et Ovide, en des leçons qui furent suivies et dont une partie fut publiée après sa mort sous le titre de Orationes et Praefationes (1606). Lors de la Ligue, il dut interrompre son cours, c’est alors qu’il participa à la composition de la Satire Ménippée. En 1597, une attaque de paralysie le fit renoncer à l’enseignement. S’il n’a publié de son vivant que peu de ses poèmes, outre les minces plaquettes que nous avons citées il avait fait imprimer, en 1597, les Kalendae Januariae, recueil d’épigrammes latines adressées chaque année à son protecteur le président de Mesmes; son œuvre poétique, publiée après sa mort par son neveu Jean de Rougevalet sous le titre Recueils des œuvres poétiques de Jean Passerat, lecteur et interprète du Roy (1606), abondante et variée, contient d’excellents morceaux tel La Métamorphose d’un homme en oiseau; elle est faible dans les poèmes amoureux qui manquent de sincérité. Passerat atteint à une certaine grandeur dans ses œuvres patriotiques ou religieuses et a laissé quelques satires qui sont des chefs-d’œuvre, telle La Femme et le procès sont deux choses semblables. Esprit délicat, fort érudit mais sans pédanterie, il y a dans son œuvre une mâle gaieté, une robuste fraîcheur qui valent bien la prétentieuse préciosité de certaines œuvres contemporaines.

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