PAPINI Giovanni
PAPINI Giovanni. Écrivain italien. Né le 9 janvier 1881 à Florence, où il mourut le 8 juillet 1956. Son père, modeste marchand de meubles du faubourg des Abbizi, était athée, et Giovanni a évoqué sa jeunesse malheureuse dans Un homme fini [1912] où se fait jour l’inquiétude religieuse. Dès l’enfance il fréquenta les bibliothèques publiques et révéla ses dons littéraires en rédigeant, avec son camarade Ettore Allodôli, de petits journaux manuscrits et des romans à la manière de Jules Verne et d’Edgar Poe. Après les classes élémentaires, il étudia dans une école technique, puis s’inscrivit dans une école normale, mais, promu instituteur, n’utilisa pas son diplôme, Papini était alors un jeune homme rangé, myope à l’extrême, pâle et chétif, mais possédant une connaissance précoce des nommes, et il ne faisait pas bon lui chercher querelle. Il n’avait que vingt-deux ans lorsque parut le premier numéro de son hebdomadaire Leonardo, qui dura deux ans et qui fut suivi par une « vraie » revue : La Voix [La Voce, fin 1908], dont il fut codirecteur avec son ami Prezzolini, et qui rassemblait l’élite des écrivains d’avant-garde. C’est également sous son impulsion que naquirent tour à tour les revues L’Ame [L'Anima, 1911], Lacerba (1913); puis il devint rédacteur en chef de la revue nationaliste florentine II Regno, fondée par Enrico Corradini. Enthousiaste partisan, en 1915, de l’intervention contre les empires centraux, bien que bouleversé par la conflagration mondiale, Papini sentit naître en lui un désir profond de certitude qui allait bientôt s’exprimer dans la célèbre Histoire du Christ [1921]. Cet ouvrage, traduit dans presque toutes les langues, lui valut une notoriété internationale indiscutable. La conversion de Papini au catholicisme eut un énorme retentissement, bien que ses précédents écrits aient déjà, sous le couvert de paradoxes frisant l’anarchie, laissé prévoir cette évolution. Papini, qui s’était révélé comme poète avec Cent Pages de poésie [1915] et Œuvre première [ 1917], entra, à partir de 1921, dans une période d’intense création. Citons notamment : le Dictionnaire de l’homme sauvage [1923], dont parut seulement le premier volume, Gog Saint Augustin [San’ Agostino, Dante vivant [1933], L’Homme Carducci [1935], Histoire de la littérature italienne [1937, inachevée], ouvrage solide quant à l’érudition, mais qui est d’un artiste plus que d’un critique. Nommé, sous la dictature fasciste, membre de l’Académie italienne, l’écrivain protégea maintes institutions culturelles. Il donna, en 1940, un recueil de prose, Figures humaines, puis, dans la période qui suivit la dernière guerre, parurent les Lettres du pape Célestin VI [1946], message de paix et de fraternité sous la fiction d’un pontificat imaginaire; la Vie de Michel Ange [1949] à laquelle il songeait depuis plusieurs années; le Livre noir [1951]; Le Diable, qui suscita tant de polémiques et fut censuré par le Saint-Siège pour avoir frôlé l’hérésie; Espion du monde [ 1955], recueil de pensées diverses. On lui doit également des essais et souvenirs : Passé lointain [1948] et La Galerie des bustes [1955]. Dans ses dernières années, Papini, atteint d’un mal terrible, n’en conserva pas moins ses facultés intellectuelles. Ce fut dans ces tristes conditions qu’il dicta à sa nièce, Anna Paszkowski, des impressions publiées sous le titre Eclats, dans le Corriere della sera. La pensée de Papini, dont l’œuvre fut traduite en toutes les langues, eut un retentissement mondial dans la première moitié du XXe siècle. Papini demeure l’un des plus grands prosateurs italiens. Un recueil posthume, paru en 1956, Le Bonheur d’un être malheureux , contient la suite de ses souvenirs, du début de 1955 jusqu’à sa mort.