OLLIVIER Emile
OLLIVIER Emile. Homme politique français. Né à Marseille le 2 juillet 1825, mort le 20 août 1913 à Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie). Il passa une partie de son adolescence avec son père Démosthène Ollivier, qui fut dans la suite banni de France pour avoir protesté contre le coup d’Etat de 1851. Avocat à Paris en 1848, le gouvernement provisoire le nomma commissaire du département des Bouches-du-Rhône et du Var, puis préfet à la suite de la répression de l’émeute socialiste. En 1849, il reprit sa place au barreau et se fit un nom en plaidant d’importants procès politiques. Élu député en 1875, Émile Ollivier fit partie, dans le groupe dit des « Cinq », de l’opposition républicaine contre le gouvernement de Napoléon III. Quelques reformes ayant été obtenues dans le sens libéral, jointes à sa répugnance pour la gauche républicaine, firent naître en lui l’espoir d’une transformation du régime impérial. C’est dans cet esprit qu’il intervint en 1866. Grâce à son action sur le « Tiers parti » lors du conflit survenu avec le Ministre d’Etat Rouher, dont il obtint la démission (fin 1869), Émile Ollivier, le 2 janvier 1870, fut nommé Premier ministre et garde des sceaux. A ce titre, il était chargé d’élaborer une constitution nouvelle avec l’appui du centre-droit et du centre-gauche. Ce changement avait permis à la vie politique de renaître et aux partis de se reconstituer, sans instaurer pour autant un véritable régime parlementaire, ni désarmer l’opposition républicaine de Gambetta et des autres « irréconciliables », ainsi que l’internationale socialiste. Le 8 mai 1870, la constitution fut ratifiée par un plébiscite largement favorable, mais le Premier ministre, entraîné par les événements, fut amené en juillet à endosser la responsabilité de la déclaration de guerre à la Prusse, et cette responsabilité, il l' aggrava encore en affirmant qu’il en acceptait le risque d’ « un cœur léger » : déclaration regrettable, même si l’on admet que, par ces mots, il voulut dire seulement « sans remords », sous prétexte que cette guerre était imposée à la France. Les premiers revers ayant eu pour conséquence une réaction des partisans de l’empire autoritaire, Ollivier, le 9 août 1870, fut contraint de démissionner. Après trois ans d’exil en Italie, il regagna la France et tenta sans succès de rentrer dans l’arène politique. Il mena dès lors, comme écrivain et journaliste, une existence des plus actives, publiant de nombreux articles et opuscules, consacrés le plus souvent à des problèmes politiques. On lui doit notamment : L’Eglise et l’Etat au concile du Vatican (1879), Le Pape est-il libre à Rome ? (1882), 1789 et 1889 (1889), Solutions politiques et sociales (1894) et l’intéressante série d’études, récits et souvenirs recueillis dans les dix-sept volumes de L’Empire libéral (1894-1901). Deux autres ouvrages : Démocratie et Liberté (1867) et Le 19 Janvier (1868) sont une relation des événements qui précédèrent son arrivée au pouvoir. Il avait été élu en 1870 membre de l’Académie Française.
OLLIVIER, Émile (Marseille, 1825-Saint-Gervais-les-Bains, 1913). Homme politique français. Chef du gouvernement en janvier 1870, il poursuivit la libéralisation politique du Second Empire mais assuma la responsabilité de la défaite de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Député de l'opposition républicaine au sein du Corps législatif, il se rallia à la politique impériale après l'orientation libérale du régime, et rompit avec les républicains. Après la démission de Rouher (1869), bonapartiste autoritaire, il fut chargé par Napoléon III de former un nouveau ministère (2 janvier 1870). Ministre de la Justice et Premier ministre, resté passif lors de la détérioration des relations avec la Prusse, il déclara, selon ses propres termes, «d'un coeur léger» la guerre à la Prusse et dut, après les premières défaites impériales, démissionner.