OEHLENSCHLAEGER Adam Gottlob
OEHLENSCHLAEGER Adam Gottlob. Poète et dramaturge danois. Né à Vesterbro, près de Copenhague, le 14 novembre 1779, mort à Copenhague le 20 janvier 1850. Il était le fils d’un régisseur de château de Frederiksberg, et son enfance se déroula dans le cadre majestueux et romantique du vieux château royal. Il venait d’atteindre sa douzième année lorsque son esprit éveillé attira l’attention d'Edvard Storm, professeur de philologie au collège supérieur « Prospérité », dont la protection lui permit enfin d’entreprendre des études sérieuses, assez vite interrompues, il est vrai, car la passion dramatique s’était emparée de l'adolescent, il voulait devenir acteur. En 1797, à l’âge de dix-huit ans, il monta pour la première fois sur la scène du théâtre royal. Mais il ne parvint pas à s Imposer au public, et, renonçant au théâtre, entreprit sans entrain des études de droit. Déjà il écrivait quelques vers, mais sa vocation littéraire ne se révéla définitivement qu’en 1802, avec la rencontre décisive de Henrik Steffens, jeune professeur récemment revenu d’un voyage en Allemagne, et qui faisait découvrir le romantisme de Goethe et de Schiller à ses élèves de l’Université de Copenhague. C’est à la suite d’une conversation avec Steffens, qui ne dura pas moins de seize heures, qu’Olhlenschlaeger écrivit sa première œuvre importante : Les Cornes d’or (1802). Sa destinée se révélait enfin à lui d’une manière nette : il allait rajeunir la littérature de son pays en créant un romantisme national, selon l’exemple des grands maîtres allemands. Dès lors, les œuvres d’Oehlenschlaeger vont se succéder rapidement : dans les années 1803-04, le poète compose une épopée de mythologie nordique, Voyage de Thor vers Jötunheim [Thors reise til Jötunheim], le « singspiel » L’Autel de Freja [Fréjus Alter], la description lyrique intitulée Voyages de Langeland, la Saga de Vaulundur, adaptation d’un vieux texte nordique, enfin son œuvre la plus célèbre, la transcription dramatique du conte d’Aladin ou la lampe merveilleuse (1804). Ces diverses productions furent réunies dans les deux volumes des Ecrits poétiques, qui parurent en 1805. La même année, Oehlenschlaeger entreprenait un long voyage d’apprentissage à travers l’Europe, et d’abord par l’Allemagne, où il rencontrait Fichte, Tieck, Gœthe : c’est à Weimar que le poète danois écrivit deux de ses meilleurs drames nordiques, Baldur le Bon et Hakon Jarl, que Gœthe songea un temps à faire représenter. Continuant sa route, Oehlenschlaeger arriva à Paris et y fit un séjour d’une année, au cours de laquelle il composa sa tragédie Palnatoke et ses Poèmes du Nord [1807] et entreprit son drame Axel et Valborg. Après avoir été l’hôte de Mme de Staël à Coppet, il descendit vers l’Italie, et les paysages d’art de la péninsule lui suggérèrent le thème de sa tragédie Le Corrège (1809), écrite d’abord en allemand, et dans laquelle il posait le problème de l’artiste aux prises avec les difficultés de la vie matérielle. Rentré dans sa patrie après cinq ans d’absence, il fit représenter avec un grand succès Axel et Valborg, se maria avec son amie de jeunesse, Christiane Heger, à laquelle il était fiancé depuis 1801, et, en cette même année 1810, reçut la chaire d’esthétique à l’Université de Copenhague. Professeur, il n’eut que peu de succès; mais sa gloire d’écrivain n’allait cesser de grandir, entretenue par de nombreuses publications : deux recueils de Poèmes (1811-13); des épopées et des cycles de ballades tels que : neige (1814), La Saga de Hroar, composée pendant un nouveau séjour à Paris en 1817, Les Dieux du Nord [1819], Hrolf Krake (1828), poème héroïque en douze chants, etc.; des œuvres dramatiques : Hagbarth et Signe [1815], Yrsa (1815), Eric et Abel [1820], Les Vaeirngs à Miklagaard [1827], La Reine Marguerite [Dronning Margareta, 1833], Dina (1842), etc. En 1829, lors d’un voyage en Suède, Oehlenschlaeger fut solennellement couronné à Lund le « roi des poètes du Nord », et son soixante-dixième anniversaire prit au Danemark l’allure d’une fête nationale. A sa mort, tous les spectacles de Copenhague furent suspendus et les réjouissances publiques interdites pendant une semaine. Pendant six mois la loge d'Oehlenschlaeger au Grand Théâtre resta vide, tendue de crêpe, et les splendides funérailles de l’écrivain, à la cathédrale de la ville, furent suivies par le prince héritier. Oehlenschlaeger est peu connu en France, où seules ont été traduites en français les pièces de théâtre Axel et Valborg, Le Corrège et Hakon Jarl.
♦ « Il possède un talent poétique indéniable. » Goethe. ♦ « Oehlenschlaeger : Une de ces « moitiés » qui se prennent pour des « entiers » et même un peu plus que cela. » Hebbel. # « [Il marqua] le point de départ de la vie spirituelle moderne au Danemark, et la pierre d angle de l’édifice élevé par la littérature danoise dans la première moitié du XIXe siècle. » Georg Brandès.