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OCTOBRE POLONAIS

  La révolte des ouvriers de Poznań contre l’augmentation des normes de travail, en juin 1956, est le prélude à un mouvement de déstalinisation (conseils ouvriers), dont le moment culminant se situe en octobre de la même année. Il a pour toile de fond le rapport Khrouchtchev au XXe congrès du PCUS (février 1956) et la montée du « révisionnisme » intellectuel (mouvement pour la démocratisation du socialisme) au sein du bloc soviétique (principalement en Pologne et en Hongrie). Le 19 octobre 1956, alors que se déroulent des manifestations de rue, au cours d’une réunion du Comité central du Parti ouvrier unifié polonais, la direction rappelle Wladisław Gomułka, dirigeant persécuté par les staliniens. Ce dernier, auréolé par son passé de communiste national, partisan d’une voie polonaise vers le socialisme, utilise d’abord, pour consolider son pouvoir, le soutien de la rue et des « révisionnistes ». W. Gomułka esquisse alors plusieurs gestes importants : désoviétisation de l’armée, décollectivisation, amélioration des relations avec l’Église - le cardinal Stefan Wyszyński (1901-1981) est remis en liberté. Les Soviétiques, tentés d’intervenir, s’en abstiennent pour au moins trois raisons : ils souhaitent éviter d’ouvrir un deuxième front d’hostilité, après l’intervention en Hongrie, ne pas avoir à affronter certaines unités de l’armée polonaise - qui, bien que commandée par les communistes, est restée patriotique -, et préfèrent voir la direction polonaise régler par elle-même la crise. Sur ce dernier point, ils ne se trompent pas. W. Gomułka rompt avec l’esprit d’Octobre dès 1957 (interdiction des médias et des clubs de discussion des « révisionnistes ») en instaurant un pouvoir personnel, très autoritaire.

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