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NOVGOROD 

Ville de Russie, au S.-E. de Saint-Pétersbourg, sur le Volkhov, à sa sortie du lac Ilmen. La seconde moitié du XIe s. fut remplie par les âpres luttes pour la suprématie entre les princes de Novgorod et ceux de Kiev. Centre des relations commerciales entre les terres russes et les pays de la Baltique et de la mer du Nord, Novgorod demeurait étroitement attachée aux peuples scandinaves. En Russie, sa puissance s'étendait vers l'O. jusqu'à la Dvina occidentale ; vers le N. sur la Carélie, les terres finnoises, et jusqu'à la mer Blanche ; vers l'E. jusqu'à l'Oural. Outre l'agriculture, base originelle de l'économie de la principauté, se sont développés la chasse, les pêcheries, l'apiculture, les salines, les pelleteries. Ainsi s'était créée, dès le début du XIIe s., une aristocratie de propriétaires fonciers et de grands commerçants qui affirma bientôt son indépendance à l'égard des princes. La révolte de 1136 permit d'établir une assemblée de notables urbains (vietché), contrôlée par les patriciens ; elle exerçait le pouvoir réel par l'intermédiaire de chefs élus, les tyssiatskis (chefs militaires) et les possadniks (chefs civils), sans lesquels les princes, bientôt eux-mêmes électifs, ne pouvaient prendre aucune décision importante. L'arbitre de toute la vie politique était l'évêque, élu par le vietché depuis 1156. Le développement économique et social de Novgorod avait provoqué dans la principauté de violentes tensions sociales, qui se manifestèrent au XIIIe s. par des soulèvements d'artisans et de paysans. De nombreux marchands étrangers s'étaient établis à Novgorod. Au milieu du XIIe s., les Suédois possédaient dans la ville l'église Saint-Olav, et les Allemands, à partir de 1184, l'église Saint-Pierre ; aux XIIIe/XIVe s., la Hanse monopolisa tout le commerce extérieur de la riche principauté. Vers la fin du XIIe s., Novgorod commença à être menacée par l'expansion germanique. Après la fondation de Riga, l'ordre des Porte-Glaive, solidement installé en Livonie, multiplia les incursions dans le territoire de Novgorod, où l'influence germanique ne cessait de grandir, malgré les victoires d'Alexandre Nevski sur les Suédois (bataille de la Neva, 1240) et sur les chevaliers Porte-Glaive livoniens (bataille sur la glace du lac Peïpous, 1242). À l'E., Novgorod sut défendre son indépendance contre les princes de Souzdal (victoire de la Lipitza, 1216), et la principauté eut la chance d'être épargnée par les invasions mongoles de Batou Khan, arrêté non loin de la ville de Novgorod par des inondations (1238). Au XVe s., Novgorod tenta de défendre son indépendance contre l'expansion de Moscou en signant, en 1471, un traité avec le grand-prince de Lituanie et le roi de Pologne Casimir IV, mais le petit peuple des villes et des campagnes se tournait vers Moscou contre l'aristocratie marchande. Par sa victoire sur la Chélon (1471), le grand-prince de Moscovie porta un coup fatal à Novgorod, définitivement annexée par Moscou en 1478. Au XVIe s., les velléités d'autonomie de Novgorod furent très violemment réprimées par Ivan le Terrible (massacres de 1570).

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