NIXON Richard (1913-1994)
Homme politique, président des États-Unis de 1969 à 1974.
Premier président des États-Unis à être natif de Californie, Richard Nixon est issu d’une famille quaker aux mœurs rigides, mais aux moyens restés limités. Pour ces raisons, il fréquente un collège local et sans renommée avant de pouvoir faire son droit à l’université Duke. Il travaille quelque temps comme avocat avant de s’engager dans la marine (1942-1946). Animé d’une grande ambition et d’un souci de revanche sociale, il se fait élire comme représentant républicain de Californie en 1946 et s’affirme vigoureusement anticommuniste. Son rôle dans la commission d’enquête sur l’espionnage communiste le fait connaître sur le plan national. Élu sénateur en 1950, il flirte avec le maccarthysme (la « chasse aux sorcières »), mais reste prudent. Il est choisi comme vice-président par Dwight D. Eisenhower, président de 1953 à 1961. À ce poste ingrat, il élargit sa connaissance du monde. Logiquement candidat républicain à la Présidence en 1960, il est battu de peu par John F. Kennedy, au charisme bien étudié. Il est également battu en 1962 en cherchant à devenir gouverneur de Californie, et ses échecs - qu’il reproche à la presse, laquelle l’accuse d’être un tricheur (« Tricky Dicky ») - semblent alors mettre un terme à sa carrière politique.
Ce politique-né parvient pourtant à s’imposer au sein d’un Parti républicain de plus en plus conservateur et il est choisi comme candidat en 1968 et élu (de justesse). Le nouveau président s’inscrit en réaction aux excès des années 1960, mais doit composer avec une majorité du Congrès restée démocrate. En dépit d’un discours vigoureux et de quelques mesures relatives à l’environnement, il doit, en catastrophe, mettre fin au système de convertibilité or-dollar et aux changes fixes (1971), alors que l’inflation s’emballe. La grande affaire de sa présidence est de mettre un terme à la guerre du Vietnam. Il pense pouvoir y arriver en faisant pression sur l’URSS et la Chine pour qu’elles contraignent le Vietnam du Nord à négocier. En dépit d’une politique d’ouverture spectaculaire à l’égard de Pékin (1972) et de Moscou, le conflit perdure alors que le président américain s’obstine à donner l’apparence de la victoire. Il faut attendre janvier 1973 pour que soient signés les accords de Paris. R. Nixon, assiégé par les opposants à la guerre, s’est entouré d’une garde secrète et rapprochée prête à toutes les basses besognes : les bureaux du Parti démocrate adverse, dans l’immeuble du Watergate, sont cambriolés lors de la campagne présidentielle de 1972. R. Nixon est facilement réélu, mais l’affaire du Watergate prend de l’ampleur en 1973 : le président apparaît comme responsable et les enquêtes menées par la justice et la presse le contraignent à la démission en août 1974. Il est le premier président à devoir le faire. Gerald R. Ford lui succède. Durant les vingt ans qui lui restent à vivre, R. Nixon parvient à redorer son image. Son bilan restera mitigé.
Nixon, Richard (Yerba Linda, Californie, 1913-New York 1994); président des États-Unis [1969-1974].
Personnalité fort complexe, talentueux et tortueux, ambitieux et instable, N. est le seul président de l’histoire des États-Unis à avoir été contraint à démissionner, juste avant d’être démis de ses fonctions, un des seuls aussi à avoir une politique étrangère à l’échelle du globe. Issu d’une famille modeste installée dans le sud de la Californie, N. devient avocat en 1937 après des études au collège de Whittier, la ville voisine, et à l’université Duke. Après la guerre, qu’il a faite comme officier de marine, N. entame en Californie sous les couleurs des républicains une ascension politique rapide, facilitée par son anticommunisme virulent et affiché, et son travail acharné : membre de la Chambre des représentants en 1946, sénateur en 1950, vice-président des États-Unis en 1952. Pendant huit ans, il seconde Eisenhower avec loyauté, mais échoue de justesse contre John F. Kennedy aux présidentielles de 1960, et se retire provisoirement de la vie politique après un échec en Californie en 1962. En 1968, il obtient l’investiture républicaine avant de s’imposer contre Hubert H. Humphrey. Réélu aisément en 1972, il doit démissionner à l’été 1974, à la suite des révélations sur son rôle dans l’affaire du Watergate. Ses deux mandats sont dominés par la politique extérieure (fin de la guerre du Vietnam, établissement des relations sino-américaines, négociations SALT avec l’Union soviétique, Proche-Orient). Après son départ forcé de la Maison-Blanche, N. a continué à jouer un rôle d’observateur et de commentateur de la vie politique américaine, publiant plusieurs ouvrages (dont ses Mémoires, Paris, 1978) où il cherche à réhabiliter son action.
NIXON, Richard Milhous (Yorba Linda, Californie, 1913-New York, 1994). Homme politique américain. Président républicain des États-Unis (1968-1974), il noua des relations avec la Chine populaire, prépara le désengagement américain au Viêt-nam mais dut démissionner après le scandale du Watergate. Issu d'une famille d'origine modeste, il réussit, grâce à une bourse, à devenir avocat en 1937, puis servit comme officier de marine lors du second conflit mondial. Élu représentant républicain de la Californie au Congrès (1947-1951), il manifesta des idées très conservatrices et se fit remarquer par son zèle anticommuniste à l'époque du maccarthysme, poursuivant les fonctionnaires suspects de sympathie pour l'URSS. Sénateur de la Californie en 1951, violemment antisoviétique, il devint vice-président du général Eisenhower (1953-1961), et dirigea en fait la politique américaine, apparaissant comme le dauphin d'Eisenhower malade. Il fut cependant battu une première fois de justesse à l'élection présidentielle de 1960, l'opinion, lassée de l'immobilisme de l'ère républicaine, lui préférant son adversaire démocrate J. F. Kennedy, puis une deuxième fois au siège de gouverneur de Californie ( 1962). Il se retira alors de la vie politique et devint avocat d'affaires à Wall Street. Servi par des circonstances plus favorables (division du Parti républicain, administration démocrate usée par la guerre du Viêt-nam), Nixon, candidat républicain aux élections présidentielles de 1968, devint l'homme du centre et de la réconciliation, développa une campagne sur les promesses d'une « nouvelle prospérité, sans inflation et sans guerre » et battit de justesse le démocrate Humphrey (avec 43,4 % des voix). Il assura, avec l'aide de Henry Kissinger, le désengagement américain au Viêt-nam, poursuivit à l'égard de l'URSS la politique de détente, activant les négociations sur la limitation des armements nucléaires, mais surtout normalisa les relations entre Pékin et Washington (doctrine Nixon). Les États-Unis se rapprochèrent de la République populaire, rapprochement concrétisé par le voyage de Nixon en Chine et sa rencontre avec Mao Zedong (1972). Ses succès furent plus contrastés sur le plan intérieur : difficultés à juguler l'inflation et à résoudre le difficile problème de la question raciale. Élu pour réduire les programmes de la « grande société » de Johnson, Nixon engagea cependant d'importantes dépenses sociales sous la pression d'un Congrès démocrate et mit fin à la convertibilité du dollar. Il fut réélu triomphalement à la présidence en novembre 1972. L'affaire du Watergate (1972), aboutissement d'une série d'actions illégales cautionnées par Nixon comme l'installation de micros dans le quartier général du Parti démocrate, l'immeuble Watergate, déclencha une grave crise constitutionnelle et détruisit en quelques mois la popularité du président qui démissionna en août 1974. Voir Carter (Jimmy), Ford (Gerald).