NENNI Pietro (1891-1980)
Homme politique italien.
Né en Romagne, issu d’un milieu paysan, Pietro Nenni est militant républicain avant la guerre. Son recours à l’action directe lui vaut deux séjours en prison (dont un avec Mussolini en 1911). Partisan de l’intervention dans la Première Guerre mondiale en 1914, il effectue un bref passage au fascisme, contribuant à créer l’une de ses organisations locales, le faisceau de Bologne, en 1919. Il adhère au PSI (Parti socialiste italien) en 1921 et dirige en 1922 l’édition milanaise de l’organe du parti, l’Avanti ! Sa lutte contre la dictature le contraint à l’exil en France en 1926. Au sein du PSI, sa volonté est de tracer une voie moyenne entre réformistes et révolutionnaires pour refaire l’unité : il y parvient en 1930 puis, devenu chef du nouveau parti, conclut en 1934 avec les communistes un pacte d’unité d’action antifasciste. Commissaire politique dans les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, il est écarté de la direction du PSI en 1939, arrêté par la Gestapo en 1943 et livré à l’Italie.
Libéré à la chute de Mussolini, il reprend en 1944 les rênes du PSI qu’il fait participer aux gouvernements antifascistes, devenant lui-même vice-président du Conseil en 1945-1946, puis ministre des Affaires étrangères jusqu’au début 1947. Il suit le PCI (Parti communiste italien) dans l’opposition, en mai 1947, défend l’unité d’action malgré son neutralisme, puis s’en éloigne en 1956 pour faire entrer le PSI dans une majorité de centre gauche avec la Démocratie chrétienne en 1962. Il est vice-président du Conseil d’Aldo Moro en 1963-1968, puis ministre des Affaires étrangères de Mario Rumor en 1968-1969. Cette expérience, décevante, entraîne sa quasi-retraite dans les années 1970.
Nenni, Pietro (Faenza 1891-Rome 1980); homme politique italien.
Né en Romagne, dans une famille paysanne, orphelin à cinq ans, militant républicain à dix-sept, emprisonné avec Mussolini pour son activité contre la guerre de Libye en 1911, interventionniste en 1914, et même fondateur du « faisceau » de Bologne en 1919, il rejoint les socialistes en 1921, dirige à Milan, en 1922, leur quotidien Avanti, dénonce la dictature, doit s’exiler en France en 1926. Attribuant les échecs du socialisme à ses divisions, il réussit en 1930 la fusion entre la majorité de son parti et les réformistes exclus en 1922. Chef du nouveau parti, il signe en 1934 un pacte d’unité d’action avec les communistes, et voudrait que toute l’internationale socialiste suive cet exemple. Commissaire politique en Espagne, il est écarté de la direction du PSI après le pacte germano-soviétique. Arrêté par Vichy en 1942, livré à l’Italie, libéré à la chute de Mussolini, il reprend la tête du socialisme italien. Vice-président du Conseil en 1945-1946 sous Ferrucchio Parri et Alcide De Gasperi, puis ministre des Affaires étrangères jusqu’à février 1947 et l’exclusion des communistes et des socialistes du pouvoir, il aligne son parti sur le PCI jusqu’en 1956. Il le rapproche alors de la démocratie chrétienne, pour accéder à la « salle des commandes » du gouvernement et impulser des réformes. Il est vice-président du Conseil d’Aldo Moro en 1963-1968, ministre des Affaires étrangères de Mario Rumor en 1968-1969, mais le bilan décevant de ce « centre gauche » entraîne sa quasi-retraite, même s’il est sénateur à vie en 1970, et président du Sénat en 1979.