NÉGRITUDE
NÉGRITUDE
Formulé pour la première fois en 1932 par le poète martiniquais Aimé Césaire (1913-), rejoint par le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le terme de « négritude » donna au panafricanisme militant ses armes d’affirmation culturelle. Toutefois, née dans un milieu parisien proche du surréalisme, elle demeura confinée au cercle des intellectuels noirs francophones jusqu’à son évolution sous une forme plus politique avec les indépendances africaines en 1960. Trop associée à ses concepteurs, elle disparut du vocabulaire lorsque ces derniers retournèrent « au pays natal », A. Césaire comme élu d’une Martinique partie intégrante du territoire français, et L. S. Senghor comme président du Sénégal indépendant. Aux États-Unis, la négritude s’exprima au cours de la lutte pour les droits civiques à travers le slogan « Black is beautiful », moins abstrait et plus à même d’entraîner les foules.
NEGRITUDE nom fém. — Ensemble des caractères propres à la culture des peuples de race noire. ÉTYM. : de nègre. Pour réagir contre le mépris dans lequel les Occidentaux tenaient souvent la race noire et sa culture, le terme de négritude fut forgé : à travers lui, dans les années 30, des poètes comme Léon-Gontran Damas, Aimé Césaire ou Léopold Sédar Senghor cherchaient à revendiquer et à proclamer la dignité, la spécificité et la grandeur du peuple noir. Par extension, le terme de négritude peut désigner le mouvement intellectuel et poétique qui naquit de cette prise de conscience et qui contribua de manière décisive aussi bien à la lutte des Noirs contre l’inégalité et l’injustice nées du racisme qu’au développement d’une poésie et d’une littérature francophone de haute qualité. Il faut citer ici tout particulièrement le superbe Cahier d’un retour au pays natal de Césaire. NÉGRO SPIRITUAL nom masc. Chant religieux des Noirs américains. ÉTYM. : de l’américain negro = « nègre » et spiritual = « chant spirituel ».