NECKER Jacques
NECKER Jacques. Financier et ministre français. Né à Genève d’une famille protestante originaire d’Allemagne, le 30 novembre 1732, mort à Coppet le 9 avril 1804. Il se consacre au commerce et réussit à faire une grande fortune. Nommé résident de Genève a la cour de France, il occupe, de 1764 à 1770, le poste de syndic de la Compagnie française des Indes. C’est là qu’il commence à montrer ses talents d’administrateur; divers opuscules, un Eloge de Colbert (1773) et un Essai sur la législation et le commerce des grains (1775) — où il attaque les théories de Turgot et des économistes réclamant une entière liberté d’exportation — affirment d’autre part sa renommée : en 1776,Necker est nommé directeur général des finances. Aussitôt il entre résolument dans la voie des réformes, diminue le nombre des trésoriers et des receveurs, supprime le droit de mainmorte, réalise des emprunts et reprend le projet des municipalités de Turgot en établissant des administrations provinciales. C’est aussi à cette époque qu'il crée une Caisse d’Escompte, origine de la Banque de France, et le Mont-de-Piété. Dans son Compte rendu au roi (1781), il va donner, avec un certain orgueil, les actes de son administration. Innovation remarquable dans la vie politique : pour la première fois on faisait directement connaître au public l’état financier du pays. Mais Necker, aux prises avec une cabale de courtisans animée par Maurepas, doit donner sa démission le 19 mai 1781. Pendant sa retraite, il écrivit un traité De l’importance des idées religieuses (1788) qui rejoint le courant moralisateur et sentimental, typique du règne de Louis XVI et représenté par Bernardin de Saint-Pierre et l’abbé Barthélemy. Il se révèle aussi, d’une manière assez inattendue, un humoriste, dans son Bonheur des sots qui connut un vif succès dans les salons des dernières années de l’Ancien Régime. Rappelé au gouvernement en 1788, Necker trouva une situation déplorable (le trésor royal était tombé à quatre cent mille francs) : ses mesures libérales — rappel du parlement exilé, secours donnés à la population au cours d’un rigoureux hiver — firent de lui, au moment de l’ouverture des Etats généraux, l’un des hommes les plus populaires. Mais Necker, esprit trop modéré, considérant que la crise en cours était uniquement financière, perdit rapidement le contrôle des événements. Détesté par la cour, ayant d’autre part mécontenté une importante fraction du Tiers Etat, il se vit assez vivement congédié par le roi et sommé de quitter la France le 11 juillet 1789. Ce coup de force déclencha l’agitation qui aboutit, trois jours plus tard, à la prise de la Bastille. Le 20 juillet, Necker fut rappelé et triomphalement accueilli à Paris; son nouveau ministère, mal soutenu par l’Assemblée, sapé par la cour, eut cependant peu d’autorité. Deux emprunts échouèrent. Une émission de huit cents millions d’assignats, décidée sans le consulter, donna à Necker l’occasion de démissionner, le 4 septembre 1790. II se retira alors dans sa terre de Coppet, près de Genève, et consacra ses dernières années à écrire des ouvrages de politique et de philosophie : Du pouvoir exécutif dans les grands Etats (1791), Cours de morale religieuse (1800), Dernières Vues de politique et de finances (1802). A côté de son rôle politique, fort discuté et critiqué, le père de Mme de Staël a aussi sa place dans l’histoire des idées : il inaugure ce libéralisme moraliste et protestant qui prendra de l’importance sous la Restauration avec des hommes comme Royer-Collard et Guizot.
Necker, Jacques (Genève 1732-Coppet, près de Genève, 1804) ; financier et homme politique genevois, ministre des Finances de Louis XVI.
Ce protestant, fils d’un professeur de droit public, venu à Paris dès l’âge de quinze ans, devient rapidement l’un des banquiers parisiens les plus riches et les plus influents, et la monarchie française recourt plusieurs fois à ses services. Mais cette profession ne le satisfait pas pleinement, et entre 1768 et 1772, il l’abandonne progressivement pour une activité d’homme de science et d’écrivain, tandis que le salon animé par sa femme continue d’attirer les gens d’esprit, parmi lesquels Grimm, Diderot, Marmontel, Buffon, d’Alembert, l’abbé Galiani... Ses premières publications sont remarquées parce qu’il y critique des idées chères aux physiocrates ainsi que les mesures de Turgot qui s’en inspiraient {Eloge de Colbert, 1773, Essai sur la législation et le commerce des grains, 1775). N. se prononce en faveur d’une intervention de l’Etat garantissant le bon fonctionnement de la vie économique (fixation du prix des grains, possibilité d’en interdire l’exportation) et assurant la protection des consommateurs face aux possédants. Il ne fait d’ailleurs pas mystère de ses ambitions politiques, lorgnant le ministère des Finances, d’autant qu’il a su, en sa qualité de ministre résident de sa ville natale à Paris (à partir de 1768) gagner la confiance de plusieurs ministres importants. Aussi parvient-il, bien que protestant, à se faire nommer directeur du Trésor royal (1776) et, un an plus tard, directeur général des Finances. Favorisé par la confiance dont il bénéficie auprès du public, sa politique d’emprunts est d’abord couronnée de succès, mais ne représente qu’un palliatif. Aussi reprend-il la politique d’économies de Turgot (réduction des pensions) et veut-il introduire plus de justice dans le régime fiscal. Il veut également mettre en place des assemblées provinciales pour associer les notables à l’administration locale : celles de Berry et de Haute-Guyenne voient effectivement le jour (1778-1779). Si, grâce à ses mesures financières, une brève période de détente règne entre 1777 et 1780, la cour et les Parlements s’effraient de ses projets qui risquent de ruiner leurs privilèges, et le critiquent violemment. Pour se justifier, il publie avec l’accord de Louis XVI en 1781 son célèbre Compte rendu au Roi, acte en soi révolutionnaire parce que du même coup, le principe du caractère strictement secret des finances publiques se trouve ébranlé. En y divulguant la liste des pensions versées aux courtisans, qui représentent plus du dixième du budget de l’État, et en réduisant fortement ces dernières, en supprimant les charges lucratives d’intendants de Finances, en réduisant le nombre des trésoriers, receveurs généraux et fermiers des impôts indirects, il signe sa perte car il lèse les intérêts des puissantes familles de l’aristocratie et des finances. Sous la pression des privilégiés, il doit remettre sa démission la même année, et se retire en Suisse. De là, il ne manque pas de critiquer très sévèrement la politique financière de ses successeurs, en particulier celle de Calonne. Comme il demeure très populaire en France où il rentre dès 1784, Louis XVI le rappelle en 1788. N. décide le roi à convoquer les États généraux et à doubler le nombre des députés du tiers état, parce qu’il se rend compte qu’il est nécessaire de faire des concessions. Mais ce faisant, il se met la cour à dos, tandis que T Assemblée nationale se méfie de lui, estimant qu’il ne va pas assez loin. Son renvoi le 11 juillet 1789 est l’une des raisons qui provoquent la prise de la Bastille. Aussitôt rappelé, il se montre indécis face à l’évolution ultérieure de la Révolution, et préfère partir après la décision prise par l’Assemblée nationale de confisquer les biens du clergé et d’émettre les assignats (1790). De sa retraite suisse de Coppet, il publie encore divers ouvrages justifiant son action et attaquant la Révolution et le Consulat (Du pouvoir exécutif dans les grands Etats, 1792 ; De la Révolution française, 1796 ; Dernières vues de politique et de finances, 1802). Ce réformateur honnête et pragmatique est le père de Germaine de Staël (1766-1817), femme de lettres connue notamment pour son rôle dans l’opposition à Napoléon Ier.
Bibliographie : J. Egret, Necker, ministre de Louis XVI, 1776-1790, 1975 ; H. Grange, Les Idées de Necker, 1974.
Financier et homme politique genevois. D'abord syndic à Paris de la Compagnie des Indes, il s'établit banquier en 1765. Ami de Diderot, Buffon, Grimm, d'Alembert, il se fit lui-même connaître par un Éloge de Colbert (1773) et un Essai sur le commerce des grains hostile à Turgot (v.). Directeur général des Finances en 1777, bien que protestant et étranger, il utilisa l'emprunt pour alléger le Trésor et, reprenant une idée de Turgot, créa des assemblées provinciales qui associaient les notables à l'administration des provinces, ce qui lui valut l'opposition des parlements (v.). En 1781, il publia son Compte rendu au roi, dans lequel il affirmait que le déficit était comblé et où il donnait la liste des pensions versées aux nobles. La cour s'employa à le déconsidérer aux yeux de Louis XVI ; Necker dut démissionner (mai 1781). Il garda cependant tout son crédit auprès du peuple et, devant les échecs de ses successeurs, le roi le rappela en août 1788. Il proposa alors la convocation des États généraux et le doublement du nombre des députés du tiers état ; il fut de nouveau renvoyé le 11 juill. 1789. Aussitôt rappelé après la prise de la Bastille, il se trouva complètement débordé, et donna sa démission définitive en sept. 1790.
NECKER, Jacques (Genève, 1732-Cop-pet, 1804). Financier et homme politique français. Grand admirateur de Colbert, opposé à la politique économique libérale de Turgot, il tenta sans succès de redresser les finances publiques. D'origine genevoise, venu à Paris en 1750, il y amassa une fortune confortable et fonda une banque en 1765. Marié à Suzanne Curchod dont le salon était fréquenté par Grimm, Buffon, d'Alembert, Diderot, Necker décida de se lancer dans la vie publique. Dès 1772, il se fit connaître par son Éloge de Colbert couronné par l'Académie, et son Essai sur la législation et le commerce des grains (1775), où il attaquait le « laisser faire » de Turgot. Bien que genevois et protestant, Necker fut nommé par Louis XVI directeur général du Trésor (1776), puis des Finances (1777). Soutenu par le public rassuré par sa réussite personnelle, Necker s'engagea à réduire l'énorme déficit ag gravé par la guerre d'Amérique. Pratiquant une politique d'économies et d'emprunts - avantageuse pour le particulier mais coûteuse pour l'État -, il publia aussi, plus par désir de plaire que pour rassurer le public, le fameux Compte rendu au roi (1781) où il faisait apparaître un excédent de recettes, passant sous silence les dépenses du budget extraordinaire mais aussi le montant des pensions payées aux courtisans, ce qui lui attira beaucoup d'ennemis. L'hostilité grandit encore lorsqu'il présenta son projet d'assemblées provinciales des trois ordres, chargées de la gestion fiscale et économique des provinces. Devant l'opposition des parlements et des intendants inquiets de ces nouveaux pouvoirs, Necker démissionna (1781), remplacé par Galonne. Rappelé par Louis XVI (25 août 1788) après l'échec de Loménie de Brienne, Necker approuva la convocation des États généraux et réussit à obtenir le doublement du Tiers pour les élections malgré l'opposition violente de l'assemblée des notables et du Parlement de Paris. Renvoyé par le roi le 11 juillet 1789, ce qui contribua à développer le mouvement révolutionnaire, Necker fut rappelé le 15 juillet après la prise de la Bastille et rentra à Paris sous les acclamations. Échouant à redresser la situation économique et financière, opposé au mouvement réformateur, il se retira des affaires publiques en septembre 1790 et s'installa en Suisse avec sa fille, Mme de Staël. Voir Révolution française.
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