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MUNICH (accords de)

Le nom de la capitale bavaroise et l’adjectif « munichois » sont devenus au xxe siècle symboles de la politique et de la diplomatie de capitulation face à l’agressivité de la dictature. La conférence de Munich s’ouvre le 29 septembre 1938 et les accords sont signés le 30 à 1 heure du matin. Sur l’invitation de l’Allemagne hitlérienne, les Premiers ministres du Royaume-Uni (Neville Chamberlain) et de la France (Édouard Daladier), ainsi que le chef de l’Italie fasciste (Benito Mussolini), donnent le « feu vert » aux revendications de Hitler : annexer dans les dix jours les territoires de Tchécoslovaquie, dont la population, habitant surtout dans la région des Sudètes, est de langue allemande à plus de 50 %. Cela représente près du tiers des pays tchèques. Cette zone est pourvue d’ouvrages fortifiés construits contre l’éventualité d’une attaque allemande. Les accords ne garantissent pas les nouvelles frontières du pays. Malgré une très forte mobilisation populaire, les hautes autorités tchécoslovaques, exclues des négociations, s’inclinent devant la décision de leurs alliés occidentaux. Le 1er octobre, les unités allemandes commencent à envahir la Tchécoslovaquie, suivies bientôt par celles de la Pologne et de la Hongrie. La politique d’appeasement (apaisement) des puissances occidentales a été totalement infirmée par la suite des événements : elle a en fait précipité le déclenchement de la guerre. Le « complexe munichois » a considérablement marqué le devenir de la Tchécoslovaquie et surtout la mentalité tchèque, où demeure l’interrogation « Aurions-nous dû nous défendre et combattre ? »

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