MPLA (Angola)
MPLA (Angola)
« MPLA é o povo », « Le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) est le peuple » : ce slogan résume la philosophie du parti-État en Angola. Que ce soit du temps de la lutte pour la libération nationale, dans la phase la plus doctrinairement marxiste après sa prise de pouvoir ou, converti à l’économie de marché et, avec bien plus de réticences, au multipartisme en 1990, le MPLA prétend incarner la population, s’y substitue. Il exclut tous les « fractionnistes », de Viriato da Cruz, en 1963 (exilé en Chine), à un autre de ses membres fondateurs, Mario de Andrade, engagé en 1974 dans la tendance d’opposition Révolte active, jusqu’à l’assassinat de José van Dunem et Nito Alves en décembre 1977, au premier congrès après l’indépendance. Grâce à la rente pétrolière qu’il confisque, et grâce à la guerre contre l’UNITA (Union nationale pour la libération totale de l’Angola) qui justifie les privations matérielles et politiques de la population, l’ex-parti des intellectuels, devenu nomenklatura au pouvoir, s’enrichit à mesure que le pays s’appauvrit. Après le « socialisme réel » et son partage inégal, le libéralisme de l’« économie informelle » lui permet de monnayer sur le marché noir ses rentes de situation. Réfractaire à la démocratie, le MPLA tente d’étouffer la société civile qui, à la fin des années 1990, s’affirme toutefois face à un appareil politico-militaire de plus en plus concentré autour du Futungo, le palais présidentiel qu’occupe depuis 1979 José Eduardo dos Santos (1942-).