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MOULIN Jean

Homme politique français. Entré dans l'administration, il fut le plus jeune sous-préfet de France en 1926 et, en 1937, le plus jeune préfet, lorsqu'il fut nommé à Chartres. Dans ce poste, il refusa, en juin 1940, de signer un document que lui présentaient les Allemands et qui accusait d'atrocités les troupes françaises de couleur. Mis en disponibilité par le gouvernement de Vichy, il gagna Londres à l'automne 1941, et le général de Gaulle le nomma délégué pour la zone non occupée, avec mission de réunir les divers mouvements de résistance sous l'autorité du comité de Londres. Ses efforts aboutirent à la formation du conseil national de la Résistance (mai 1943), dont il fut le premier président. À la suite d'une trahison, dont on ignore encore le responsable, il fut arrêté par la Gestapo à Caluire, le 21 juin 1943, et mourut pendant son transfert en Allemagne. Sa dépouille fut déposée au Panthéon en 1964.

Moulin, Jean (Béziers 1899-près de Metz 1943) ; administrateur et résistant français.

M. entame une brillante carrière d’administrateur territorial : plus jeune sous-préfet, puis plus jeune préfet de France (1937) à Chartres où il est encore en poste au début de la Seconde Guerre mondiale. Après la signature de l’armistice, il refuse d’approuver un document allemand mettant en cause les troupes de soldats sénégalais de l’armée française, ce qui provoque sa révocation par le gouvernement de Vichy (nov. 1940). Après de nombreux séjours en zone libre et un voyage à Londres (1941) où il rencontre longuement de Gaulle, M. est chargé par le chef de la France libre d’unifier la Résistance en zone non occupée. La mission « Rex » commence par le parachutage du «délégué» fédérateur (1er janv. 1942) en Provence. Durant l’année 1942, il rencontre tous les mouvements de résistants et tente de mettre au point une ligne minimale d’action commune en accord avec Londres. A partir de mai 1943, ce sera la tâche du Conseil national de la Résistance (CNR) qui réunit, sous sa présidence, les représentants de huit mouvements de résistance, des délégués syndicaux et politiques. Après l’arrestation du général Delestraint (9 juin 1943), M. est lui-même pris à Caluire (Rhône) le 21 juin par la Gestapo de Lyon dirigée par Barbie. Après de pénibles interrogatoires au cours desquels il est torturé par la Gestapo, il meurt près de Metz durant son transfert vers l’Allemagne. Lors d’un discours célèbre à l’occasion du transfert de ses cendres au Panthéon (1964), Malraux lui a rendu un pathétique hommage et il suscite encore de fréquents et passionnels débats sur les causes de son arrestation ou la nature politique de son action (accusé d’être un « sous-marin » du parti communiste). Mais il reste pour beaucoup le symbole de l’esprit et des difficultés de la Résistance française. Bibliographie : J. Moulin (dit Max), Premier combat. Journal posthume, 1965 ; H. Michel, Jean Moulin l’unificateur, 1964 ; D. Cordier, « J. Moulin et le CNR », in Journées d’étude sur le CNR, 1983.




MOULIN, Jean (Béziers, 1899-en déportation, 1943). Administrateur et résistant français. Préfet de Chartres (Eure-et-Loir) en 1940, il refusa de se plier aux exigences allemandes et se rallia au général de Gaulle à Londres, lequel le chargea d'unifier les mouvements de Résistance. Président du Conseil national de la Résistance en 1943, il rentra à Paris et, trahi, fut livré à la Gestapo à Caluire (Rhône). Après avoir supporté sans parler d'atroces tortures, il mourut au cours de son transfert en Allemagne. Il fut inhumé au Panthéon en 1964. Voir Malraux (André).

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